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08/05/2011

L'eau, un souci politique.

 

A ce jour, près d’une vingtaine de départements ont pris des dispositions pour limiter l’usage de l’eau, autant pour les particuliers que pour les agriculteurs : la sécheresse frappe à nouveau la France et les éleveurs de l’Ardèche constatent avec effroi que le fourrage manque, ce qui les oblige à en acheter à un prix de plus en plus élevé, au risque de ruiner leur trésorerie. Pourtant, peu de médias évoquent cette question, alors même qu’ils pourraient aider à prévenir la prochaine pénurie d’eau par quelques reportages pédagogiques et conseils avisés à appliquer par les particuliers pour limiter la consommation d’eau dans les départements les plus touchés par cette nouvelle sécheresse.

 

Cela nous rappelle que l’eau est un bien précieux qui ne doit pas être gaspillé. Or, sa disponibilité immédiate dans nos sociétés (tourner un robinet, quoi de plus « naturel », nous semble-t-il…) a tendance à nous faire oublier qu’elle peut venir à manquer, y compris chez nous !

 

La problématique de l’eau est abordée au lycée en classe de Seconde, mais cela suffit-il ? Si l’on veut que notre société devienne plus raisonnable pour assurer un avenir sans trop de pénuries à nos enfants, sans doute faut-il que le Politique s’engage dans une réflexion et une stratégie à long terme pour éviter autant que faire se peut les gaspillages et mettre en place une véritable politique de récupération (aujourd’hui à peine ébauchée) et de juste répartition de l’eau entre les différents secteurs de la société.

 

Réglementer plus sévèrement, voire interdire, en France l’irrigation « par aspersion », aujourd’hui trop dépensière en eau, pourrait être envisagée mais nécessiterait aussi de promouvoir l’irrigation au « goutte-à-goutte » qui permet 30 à 50 % d’économies d’eau : cela permettrait de disposer d’une quantité d’eau suffisante pour pallier aux sécheresses passagères… Repenser la tarification de l’eau avec un système d’augmentation progressive des prix au mètre cube lorsqu’un certain niveau de consommation serait atteint par foyer (évidemment calculé selon le nombre de personnes de celui-ci) pourrait aussi permettre une meilleure responsabilisation des consommateurs sans pour autant les priver du nécessaire.

 

Si les pouvoirs publics se doivent d’agir en ce domaine, ce n’est pas seulement par souci écologique, c’est aussi par souci économique : la sécheresse a un coût que les agriculteurs ne seraient pas, en cas de pénurie forte, les seuls à supporter…

 

« Gouverner c’est prévoir », dit le dicton : prévoir, et prévenir ! Sur ce point, la Monarchie active, celle pour laquelle je milite, a un avantage certain sur la République : n’étant pas coincée entre deux élections, elle peut s’engager dans une « politique de l’eau » sur le long terme, et s’y tenir ! Car, si « l’eau » n’est pas un thème électoraliste, cela est, aujourd’hui plus qu’hier, une nécessité publique… et politique !

 

 

03/05/2011

Mariage princier, vu de France.

 

Le récent mariage royal anglais a été l’occasion, en France comme dans de nombreux pays, de nombreux reportages, émissions et articles sur la monarchie, sur l’idée royale et pas seulement sur les institutions royales du Royaume-Uni, et il me faudra sans doute prochainement en faire une revue de la presse pour en apprécier tous les aspects et les apports à la réflexion sur la monarchie elle-même.

 

Mais j’ai vécu cette journée plus à travers les autres que par mes propres yeux : ainsi, le matin, alors que je corrigeais des copies, la télé retentissait des premières notes de la fête royale et montrait des lieux symboliques de Londres, décorés de l’Union Jack, en attendant le début des festivités. Je regardais le comptoir et le spectacle en était drôle, et sûrement pas très républicain : plusieurs personnes y étaient accoudées, mais se tournaient au risque du torticolis vers l’écran, comme fascinés par ce qui n’étaient encore que les prémisses de la cérémonie. Il y avait là une femme d’une certaine corpulence, habillée d’une vieille robe à fleurs bien fatiguée et qui traînait avec elle de gros sacs en toile remplis de provisions ; un vieil habitué du comptoir qui n’en était pas à son premier « petit blanc » du matin ; un cadre quadragénaire, sérieux et déjà stressé par ce qui l’attendait sûrement au bureau ; un jeune dégingandé portant un blouson usé et qui avait un bulletin de jeux entre les doigts ; etc. Une sorte de résumé de la société, en somme… Tous n’avaient d’yeux que pour le spectacle londonien pourtant encore bien immobile ! Les mêmes qui d’ordinaire se plaignent (avec raison, d’ailleurs) des difficultés du moment, semblaient attendre que la fête commence pour se retourner complètement vers la télévision : une sorte de communion avec la fête anglaise

 

Cette scène était d’autant plus amusante que, de toutes les personnes qui passaient dans le café ou qui y travaillaient, je semblais, moi le vieux royaliste, le plus indifférent…

 

Arrivé au lycée, dans la salle des profs, le sujet de conversation sur lequel je tombe était, j’aurai dû m’en douter, le mariage… Un brin d’ironie, un zeste d’agacement chez certains collègues, les mêmes qui avoueront le lendemain que « la cérémonie était belle » et « la mariée jolie »… L’occasion tout de même d’évoquer l’avantage d’une monarchie qui nous donnerait « une famille à suivre » comme dans une sorte de feuilleton de génération en génération, « une famille à aimer » et dans laquelle tout le monde, à travers ses joies et ses malheurs, pourrait se reconnaître aussi : en somme, une famille qui humaniserait un peu le Pouvoir, en incarnant sa magistrature suprême et symbolique… Et les collègues de comparer avec l’actuel locataire de l’Elysée ! Comparaison qui n’était pas à l’avantage du président français…

 

Dans le couloir, une scène étonnante m’attendait : des élèves étaient penchés sur leurs téléphones portables et regardaient la cérémonie sur leurs petits écrans, comme de véritables midinettes. L’après-midi, c’est toute une classe de Première S qui me demandera de suspendre mon cours le temps de « la scène du balcon », en attendant de voir le « baiser princier » ! Etonnant, non ?

 

« Le charme séculaire de la monarchie », disait Jaurès…

 

02/05/2011

Tentation frontiste et réaction syndicale.

 

Le quotidien économique « Les échos » du lundi 2 mai titre sur la tentation « frontiste » qui semble atteindre le monde ouvrier aujourd’hui en France, au grand dam des syndicats qui cherchent la parade après l’entrée en lice de plusieurs de leurs membres sous l’étiquette Front National aux dernières élections cantonales. Il est vrai que de récents sondages placent le vote « Marine Le Pen » en tête des intentions ouvrières, avec des scores dépassant les 35 % dans cette catégorie de la population active forte d’environ 6 millions de travailleurs, tandis que les partis « traditionnels » obtiennent des scores beaucoup plus faibles, en particulier à travers leurs candidats potentiels, MM. Sarkozy et Strauss-Kahn, crédités chacun de moins de 20 % des suffrages ouvriers potentiels.

 

Cette situation pose quelques questions et impose quelques constats (et inversement) : d’abord, comment se fait-il que les syndicats soient si faibles au regard de la situation actuelle et si peu considérés, semble-t-il, aux yeux de nos concitoyens ? Certes, dans l’histoire politique française, le syndicalisme n’a jamais eu la force qu’il peut avoir outre-Rhin ou dans les pays scandinaves, et les syndicats peinent aujourd’hui à rassembler un peu moins de 10 % des salariés français de l’industrie.

 

Mais il y a surtout l’impression dominante dans la population ouvrière de l’inefficacité du combat syndical face aux risques de la mondialisation et aux enjeux de la construction européenne, face aux injustices sociales criantes et à l’arrogance des puissances financières ou actionnariales, face à l’arasement des acquis sociaux et à la pression des concurrences « libérées » par les phénomènes conjoints évoqués plus haut de la mondialisation et d’une construction européenne qui se fait sur le seul mode d’un libéralisme pas exactement régulé et de moins en moins limité…

 

Cette impuissance syndicale, marquée par la défaite des manifestants de l’automne dernier, dont certaines des raisons n’étaient pas infondées, laisse le champ libre à un « retour du politique » dans la question sociale : ainsi, se disent certains (d’ailleurs fort nombreux), puisque la contestation sociale par le moyen syndical, cela ne fonctionne pas, tentons le moyen politique ! Le raisonnement n’est d’ailleurs pas, jusque là, faux : c’est par le politique que peut être formalisée la justice sociale, par le vote et l’application de lois défendant les intérêts du monde du travail. C’est le politique qui doit préserver l’harmonie sociale et garantir un véritable et équitable équilibre entre les différentes fonctions et catégories (classes ?) sociales. C’est le politique, donc, qui doit s’imposer à l’économique, ce qui n’est visiblement plus le cas aujourd’hui dans notre pays…

 

Ce « retour du politique », cette demande d’une « alternative » à la toute-puissance de ceux qui « font » l’économie ou, plutôt, qui imposent leur modèle économique au détriment du social, se font au profit d’un parti populiste qui n’est pas pris au sérieux sur ses propositions économiques mêmes mais apparaît comme le moyen de « faire peur » aux puissances d’Argent, de délégitimer l’action des gouvernements qui se sont succédé (et se succèdent) en oubliant la cause des ouvriers, au nom d’une « compétitivité » si peu sociale…

 

Je me méfie des populismes (même si je n’en méconnais pas forcément les raisons, bonnes ou mauvaises) et je suis bien certain que « le leurre Le Pen » est d’une grande utilité pour un Système qui va jouer les parangons de vertu et la comédie de « l’antifascisme », déjà jouée entre les deux tours de la présidentielle de 2002, cela pour se refaire une virginité et faire ensuite avaler ses potions de plus en plus amères et de plus en plus libérales… Je crains que, d’ailleurs, les syndicats obnubilés par le Front national perdent leurs forces en vain contre ce parti qui, pourtant, n’a aucune chance d’accéder seul au Pouvoir et que, du coup, ils soient bien moins vaillants ensuite pour s’opposer aux prochaines régressions sociales qui se profilent déjà à travers le « Pacte pour l’euro » concocté par M. Sarkozy et Mme Merkel en mars dernier.

 

Les stratégies syndicales des mois prochains, si elles veulent être efficaces et retrouver une certaine crédibilité près des travailleurs, doivent réfléchir sur les grands thèmes de la mondialisation et de la construction européenne, et proposer des alternatives fiables, réfléchies, constructives, voire fondatrices : il faudra bien, alors, poser la question d’un certain protectionnisme (qui peut se déployer à plusieurs échelles sans être figé dans un seul espace) ou, du moins, d’un néo-colbertisme d’Etat qui permettrait aux instances du politique de rappeler et d’appliquer la formule du général de Gaulle : « La politique de la France ne se fait pas à la Corbeille ». La politique, c’est aussi la politique sociale…