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22/08/2016

Un royaliste face à l'élection présidentielle.

En cette fin du mois d’août, les candidatures à la prochaine élection présidentielle vérifient la fameuse citation du fondateur de la Cinquième République qui expliquait, avec un œil farceur et sur un ton amusé, que ce qui marquerait l’après-De Gaulle ce ne serait pas le vide mais bien plutôt le trop-plein ! Bon connaisseur des mœurs politiques et républicaines, il savait ne pas se tromper, et l’actuelle inflation du nombre des postulants à la magistrature suprême de l’Etat, une fois de plus, lui donne raison…

 

Mais s’il y a pléthore de candidats, le vide est pourtant là, non dans la quantité mais dans la qualité des discours. Une affiche royaliste de 1995 expliquait que la présidentielle était « le choc des partis, le vide des idées », et elle reste d’une cruelle actualité ! Bien sûr, il y a bien des propositions et des débats intéressants mais c’est bien plutôt sur les marges et dans les bouches des « petits candidats », moins pressés par l’obligation de gagner que par celle de se faire entendre, y compris par l’intelligence pour certains.

 

Tout royaliste que je sois, je me suis toujours passionné pour l’élection présidentielle, et cela depuis 1974, même si, cette année-là, je n’en comprenais pas encore tous les enjeux et toutes les arcanes. 1974, c’est d’ailleurs un de mes premiers souvenirs de royalisme quand, un dimanche de printemps, alors que nous nous rendions en autocar pour une compétition d’escrime, mes camarades de fleuret et moi avions aperçu, à la sortie de Rennes, des affiches fleurdelysées et retenu le nom d’un certain Renouvin (qui rimait avec Chauvin, me fit remarquer un ami, ce qui me permit ainsi de mémoriser ce nom qui m’était, à cette heure, inconnu), dont nous croyions alors naïvement qu’il postulait pour monter sur le trône, ce qui n’était évidemment pas le sens de cette candidature originale, ce que je ne compris que quelques années ensuite !

 

Ainsi, je n’ai rien perdu des multiples débats sur les propositions et programmes des uns et des autres, et cela depuis 1981, ce qui ne m’empêchait pas, néanmoins et quelles que soient mes sympathies pour l’un ou pour l’autre, de glisser, les jours d’élection au poste suprême, le même bulletin manuscrit, décoré par mes soins, sur lequel est inscrit un triomphal « Vive le Roi ! ».

 

Or, cet été, je n’éprouve plus cette sorte d’excitation qui me saisissait lorsque je me plongeais jadis dans les articles de presse ou les tribunes des candidats encore potentiels avant que d’être « réels ». C’est plutôt de la lassitude qui m’envahit, et il semble que je ne sois pas le seul à connaître cet étrange sentiment désabusé. Est-ce l’effet de la « vieillissure » ? Peut-être, mais j’en doute : à écouter les discussions dans les bistrots du matin, le comptoir du café étant « le parlement du peuple » comme le disait joliment le royaliste Honoré de Balzac, ce sentiment est général et partagé ! J’ai bien noté la référence louangeuse de Mme Duflot à l’encyclique « Laudato si » du pape François, la rencontre intéressante de M. Macron avec Philippe de Villiers et ses propos sur « les histoires de France », l’attachement de M. Montebourg aux « sources du gaullisme social », et tout cela ne me laisse pas indifférent, mais, pourtant, je crains que toutes ces idées brassées et lancées dans le feu de la bataille ne soient consumées par la terrible et froide mécanique des intérêts de partis et d’autres acteurs plus discrets et non moins puissants. Malheur de la République, peut-on soupirer, qui éteint toutes les ardeurs et n’entend que les envies, confirmées par le suffrage d’électeurs trop « prudents » (prudes, diraient certains, « politiquement parlant », bien sûr) et peu enclins, le plus souvent, à bouleverser, au-delà du premier tour, la scène institutionnelle…

 

Le spectacle de l’élection présidentielle n’est aujourd’hui qu’un simulacre coûteux, une sorte de « combat de chefs » qui n’en sont pas vraiment, en définitive : à bien le regarder, il me confirme, a contrario, dans mon royalisme institutionnel !

 

Aussi, plutôt que de m’intéresser aux petits jeux des primaires de la Droite et de la Gauche (je parle des avants-premier tour, bien sûr…), c’est à réfléchir sur ce que pourrait être et faire une Monarchie active aujourd’hui que je vais passer les prochains mois, sans oublier d’écouter les bruits alentours mais sans leur accorder une importance qu’ils ne méritent pas vraiment…

 

En somme, mener une campagne royaliste au cœur de la présidentielle !

 

 

 

 

 

22/02/2012

Signatures... ou pas !

La question des signatures des maires pour les candidats à l'élection présidentielle agite le « Landerneau » politique et agace les consommateurs du café dans lequel j'écris cette note : « Pendant ce temps-là, ils nous enfument et ne parlent pas de la crise », dit l'un, tandis que l'autre hausse les épaules en entendant le débat sur ce thème retransmis à la télévision.

 

Sans doute ce système des 500 signatures obligatoires peut-il apparaître absurde ou injuste : l'un des premiers, sinon le premier à l'avoir dénoncé est un... royaliste, dès la présidentielle de 1981. Bertrand Renouvin, qui avait été candidat à celle de 1974 et avais acquis alors une visibilité et une notoriété au service du mouvement royaliste, a été ainsi empêché de se présenter en 1981, malgré le fait qu'il représentait un courant d'idées qui trouvait ses origines dans les monarchistes constitutionnels de 1789 (les « monarchiens », courant sur lequel l'historiographie française est peu loquace), voire parmi les « politiques » du XVIe siècle.

 

Sans doute, donc, serait-il utile pour le débat politique que cette règle des 500 soit « édulcorée », voire supprimée, mais il est vrai que ce n'est pas, aujourd'hui, le sujet le plus vital pour la France... Cette affaire est juste révélatrice des difficultés et des blocages de ce système républicain qui a tendance à « se reproduire lui-même », et qui a du mal à accepter certaines contestations, aussi légales (et parfois tout-à-fait contestables elles-mêmes...) soient-elles, y compris sur le plan électoral. Il faut bien dire aussi que l'élection présidentielle est « la reine des élections » et qu'elle mobilise toutes les énergies des partis et toutes les espérances possibles, au regard du pouvoir qu'est celui du président de la République, véritable « monarque élu » et non « figurant politique » comme tant de Républiques voisines (dont l'Allemagne).

 

Mais j'aimerai que l'on parle plus des programmes ou des propositions des courants politiques, y compris de ceux qui n'ont pas de candidat à la course à l'Elysée, et que la politique ne se résume pas, ne se limite pas à des querelles de chiffonniers, comme je l'ai déjà écrit sur ce blogue.

 

D'ailleurs, à la question que l'on me pose régulièrement sur mes intentions de vote, je rappelle que je suis royaliste, militant d'une cause qui ne se réduit pas à un carré de papier glissé dans une urne tous les 5 ans, et que cela me permet d'écouter tous les candidats et au-delà de ceux-ci, sans exclusive et sans compromission. Mais j'essaye aussi de travailler à creuser quelques pistes de réflexion et de proposition sans attendre que cela soit une solution édictée par un parti quelconque...

 

J'ai évoqué le thème de « l'émigration » il y a quelques jours ; je prépare quelques notes futures sur l'agriculture, l'enseignement, l'environnement, etc. Je n'oublie pas tout ce qui concerne « la crise », bien sûr ! D'ici deux mois, toutes ces petites notes formeront une plate-forme de propositions, évidemment non exhaustives, dont chacune pourra faire l'objet, me semble-t-il, de discussions et d'approfondissements. Cette petite plate-forme d'un « royaliste modéré mais pas modérément royaliste » pourra alors être envoyée aux candidats qui auront le fameux sésame des signatures... et aux autres !

 

Puisque je vous dis que je suis en campagne présidentielle... à ma manière !

 

 

 

 

01/01/2010

Espérance, malgré les menaces.

La nouvelle année qui s’ouvre est toujours l’occasion de présenter ses vœux et ses espérances, pour ses amis et soi-même, et, d’une année à l’autre, il me semble qu’elles varient assez peu : la paix fait, par exemple, partie de ce que l’on espère en cette soirée de la Saint-Sylvestre lorsque les bouchons de champagne (ou de cidre…) sautent au plafond avec ce petit bruit d’explosion sympathique ! La paix… C’est une espérance fragile qui mérite d’être préservée, et je ne cesse, d’année en année, d’en clamer l’importance, au moment même où la guerre redevient une obsession, une angoisse et, parfois, une réalité que nos concitoyens contemporains cherchent à ignorer pour se rassurer à bon compte.

 

La paix… Ce bien si précieux n’est-il pas aujourd’hui menacé par le « lâche soulagement » de nos démocraties qui s’imaginent qu’il suffit de l’évoquer pour la faire vivre et perdurer ? Bertrand Renouvin, dans un récent numéro de « Royaliste », trouve, à la suite du journaliste Jean-Dominique Merchet (dont il faut absolument lire le dernier ouvrage, court et précis : « Défense européenne, la grande illusion »), les mots justes pour définir la situation des pays européens face à l’histoire qui n’est jamais finie et continue d’agiter le monde (tant que l’homme sera l’homme…) : « Aujourd’hui les oligarques européens  rejettent l’Europe puissance. Jean-Dominique Merchet montre que leur véritable rêve, c’est une grande Helvétie, pacifiste et prospère comme la Suisse. (…) Bien des dirigeants et des penseurs allemands voudraient sortir de l’histoire et la plupart des oligarques européens voudraient faire de l’Europe un grand marché intégré dans l’ensemble atlantique.

 

« C’est une illusion dangereuse. Jean-Dominique Merchet rappelle que l’histoire continue, comme toujours tragique. La guerre est une menace, à laquelle l’Union européenne ne peut ni ne veut faire face. C’est pourquoi elle s’en remet à l’Otan (aux Américains) pour sa sécurité : protection illusoire en cas de crise majeure car à l’âge nucléaire une nation, aussi puissante soit-elle, ne met pas en jeu son existence pour défendre des alliés. Conclusion : renforçons l’Armée française, modernisons notre armement nucléaire pour garantir, dans tous les cas, notre liberté. »

 

Notre liberté… C’est là l’autre grande espérance que nos vœux de nouvelle année mettent en avant, dans cette société où la Consommation se veut de plus en plus la seule finalité et l’Argent la seule valeur ! Liberté d’exister, de penser et de parler, de faire, de prier éventuellement. Liberté plurielle, non pas illimitée et envahissante mais vivante et active, profondément humaine…

 

L’espérance c’est le désespoir surmonté, disait Bernanos, ce royaliste fidèle qui connaissait le prix (parfois élevé et douloureux) de la paix et de la liberté… Il savait que ces biens précieux, plus précieux que toutes les mines d’or du Pérou, doivent être gardés, non pas surveillés mais protégés (ce qui n’a pas le même sens), et qu’ils ne doivent pas être abandonnés « aux autres » quand il ne tient qu’à nous de les faire vivre, quotidiennement, habituellement, forcément !

 

Espérance, donc, pour cette nouvelle année qui s’ouvre sous le regard, au-delà du temps, du roi Henri IV qui est le « patron » de l’année 2010 en France… Un exemple à méditer, non pour le simple plaisir de la commémoration mais pour les nécessités de l’action politique et géopolitique dans ce monde de menaces multiformes qu’il serait vain et illusoire de négliger…

 

Espérance, forte espérance, celle qui n’empêche ni la colère ni la joie…