27.10.2009
Conférence sur "la crise", à Rennes.
Je serai demain mercredi à Rennes et je profite de ce séjour (trop) rapide pour tenir conférence sur le thème de « la crise », thème sur lequel je travaille depuis déjà quelques temps, non pour éternellement gémir, mais pour chercher des solutions et présenter des propositions qui puissent sortir « par le haut » de la situation présente, y compris au-delà de la seule économie. Voici ci-dessous le petit texte qui annonce, sur plusieurs sites monarchistes, ma conférence du 28 octobre :
Il n’est pas inutile de se rappeler que le terme même de crise est la traduction française du mot grec « krisis » qui signifie « séparation » : car c’est bien de cela dont il s’agit, une séparation entre un avant et un après, une forme de transition en somme entre deux situations, deux réalités, deux mondes.
Ainsi, nous assistons au « passage de témoin » de la puissance financière et économique, des pays du Nord (Etats-Unis, pays européens, principalement) à certaines nations d’Asie, en particulier l’Inde et la Chine, ce que soulignent quelques (rares) articles qui évitent de tomber dans le piège d’une lecture simpliste et seulement idéologique, pas toujours suffisante pour comprendre la situation présente : si crise du capitalisme il y a, cela ne signifie pas la fin de celui-ci mais son transfert dans de nouveaux espaces dominants, dans de nouvelles zones de réalisation et d’expansion. Le centre du monde se déplace vers l’Asie et, comme tout déracinement de ce que l’on a cru éternel et inexpugnable, cela se fait dans de grands craquements et dans la poussière soulevée par ces grands arbres qui s’abattent sur un sol devenu aride… L’argent est désormais ailleurs que dans nos pays qui, en caricaturant un peu, se contentent juste de consommer des produits fabriqués en Asie, serrant par là-même la corde autour du cou de nos économies.
La question posée dans « Le Monde 2 » dans son édition du samedi 4 octobre 2008 : « Au décours de cette crise, les actuels maîtres du monde seront-ils toujours ceux de demain ? » trouve ainsi sa réponse dans un autre article du « Monde » du même jour : « La crise renforcera l’Asie », article de l’économiste Jean-Raphaël Chaponniere qu’il conviendrait de découper et de conserver dans son portefeuille, non comme un talisman mais comme un avertissement, et qui confirme mes prévisions déjà anciennes.
Ainsi, est-il expliqué que « la crise financière, la plus grave depuis 1929, accélérera le glissement du centre du monde vers l’Asie », glissement commencé depuis les années 80-90 et freiné par la crise de 1997. « Cependant, tous les pays asiatiques ont tiré les leçons de la crise de 1997 et ont accumulé des réserves pour se protéger. Investis en bons du Trésor américain, elles ont permis aux Etats-Unis de maintenir des taux d’intérêt bas et aux ménages américains de s’endetter davantage. L’Asie a ainsi profité de la boulimie de consommation aux Etats-Unis. Ces excès ont conduit à la crise. (…)
Depuis l’été 2007, les Etats-Unis souffrent de la grippe des subprimes et, si les marchés asiatiques ont souffert, les économies réelles ont été épargnées. En 2009, elles seront bien sûr affectées par la récession qui s’annonce. Pour autant, elles connaîtront un rythme de croissance supérieur à celui des économies américaines, européennes et japonaises.
(…) L’attention portée aux échanges occulte l’essentiel : la croissance asiatique repose bien davantage sur la demande domestique. L’investissement et la consommation sont les principaux ressorts de ces pays. Ils ne seront affectés qu’à la marge par la crise. (…)
Les Etats et les ménages asiatiques qui en ont les moyens financiers continueront d’investir et de consommer. S’ils ont pâti de la crise financière, les fonds souverains asiatiques vont quant à eux probablement saisir cette opportunité pour acquérir des actifs aux Etats-Unis et en Europe.
(…) En accélérant le basculement vers l’Asie, la crise actuelle accouchera d’un monde multipolaire. ».
Comprendre ce transfert de richesses et de puissance économique, c’est en prévenir aussi les conséquences et en amortir le choc : le capitalisme libéral, s’il se retire de nos terres pour aller fleurir ailleurs, pourrait bien laisser la place à de nouvelles formes, traditionnelles ou inédites, d’économie et de société, mieux orientées vers le partage et la sobriété. Pour en finir, non pas avec l’Argent, mais avec son règne indécent et cruel…
Mais il faut aussi comprendre que la crise a plusieurs « têtes » et que la limiter à une simple question économique serait faire une erreur d’appréciation et, pire, de compréhension… Les différents aspects de la crise (doit-on dire « les crises » ? Il n’est pas impossible de le penser) nécessitent des réponses diverses, réalistes mais aussi imaginatives : les royalistes, sans prétendre à l’exhaustivité, en ont quelques unes à proposer !
13:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, économie, transfert de richesses, propositions, royaliste, krisis.
08.03.2009
Tête de liste royaliste aux élections européennes de juin.
En juin prochain se dérouleront les élections européennes pour désigner les députés au Parlement de Strasbourg et de Bruxelles, et ceci pour la législature 2009-2014. Les royalistes italiens ne seront pas les seuls à postuler pour cette assemblée et, comme en 2004, le mouvement français « Alliance Royale » présentera des listes sur toutes les circonscriptions de métropole, pour faire avancer l’idée d’ « une France royale au cœur de l’Europe », comme l’indiquent ses affiches et ses autocollants dont certains commencent à apparaître à Paris comme à Versailles et bien ailleurs aussi.
Par le passé, j’ai déjà porté les couleurs royalistes à des élections politiques, comme en 1988 et 1995 en Ille-et-Vilaine et en 2005 dans les Hauts-de-Seine, et, suite à la demande des dirigeants d’Alliance Royale, j’ai accepté d’être « tête de liste » de cette formation monarchiste pour la région « Ouest » (13 départements bretons, ligériens, charentais, etc.) pour le scrutin du 7 juin.
Ma candidature sous l’étiquette fleurdelysée Alliance Royale signifie-t-elle l’abandon de ma liberté de plume et de réflexion, celle-là même que j’exerce quotidiennement à travers mes diverses déclarations, discussions, interventions sur des forums de presse ou notes de ce blogue ? Bien sûr que non ! Il s’agit pour moi d’un autre moyen, et immédiatement efficace, dans le temps relativement court d’une campagne électorale, d’exprimer mon engagement et ma fidélité monarchistes, en leur donnant même une visibilité et, j’espère, une plus grande crédibilité aux yeux de nos contemporains.
L’idée est de conquérir les esprits, les intelligences et les cœurs plus encore que les voix : ce que nous semons par cette campagne électorale royaliste, et je parle pour les militants monarchistes engagés dans cette bataille des européennes, doit trouver à germer dans le paysage politique, par une présence plus marquée, plus habituelle et plus crédible, des royalistes, de leurs journaux, sites, mouvements ou personnalités, dans leur diversité et leurs différences, et, par delà, dans leur volonté de faire advenir la nécessaire Monarchie française.
Certains me chicaneront sur tel ou tel aspect du programme européen de l’Alliance Royale, aspect qui ne me ressemblerait pas ou serait même peu compatible avec ce que j’ai toujours dit et écrit, en particulier sur ce blogue personnel dont j’assume toutes les notes rédigées : je ne méconnais pas ces quelques différences d’appréciation et de positions, parfois importantes, mais elles ne me semblent pas pour autant décisives, et je n’y trouve pas un motif suffisant pour me défausser de mes devoirs de militant politique royaliste. Le plus important, pour moi, est de brandir au-dessus des urnes le drapeau royal, d’en faire l’étendard des espérances françaises et de bien le tenir dans les tempêtes qui s’annoncent.
Cela a toujours été ma ligne de conduite dans les différentes campagnes électorales que j’ai mené, et je m’y tiens et m’y tiendrai encore demain… Maintenant, au travail : mener cette liste Alliance Royale (ce que je considère à la fois comme un honneur et une charge utile) ne doit pas être un simple titre, c’est aussi le devoir de parler, d’écrire, de débattre, de chercher à convaincre, en somme de « royaliser le pays », à toutes les échelles possibles…
04.03.2009
Ecole de la République...
Je suis en train de revoir le cours que je dois faire demain jeudi sur les années 1880, celles de la consolidation de la République en France et du déclin des monarchistes, dépassés par la concurrence agressive des agents électoraux du régime, qu’ils soient instituteurs ou notables républicains. Il est intéressant de constater comment l’école a été instrumentalisée par Ferry pour républicaniser le pays, et la fameuse phrase de Camille Sée sur l’enseignement secondaire public des jeunes filles, destiné, selon lui, à « fournir des compagnes républicaines aux hommes républicains », est à cet égard révélatrice de l’enjeu scolaire.
Ainsi, il y a quelques années, certains collègues rennais me reprochaient de ne pas être « bon républicain » et, même, firent campagne (en vain…) pour que je ne sois pas titularisé dans l’enseignement public, considérant que je n’y avais pas ma place et que je représentais un « danger moral » pour les élèves auxquels j’enseignais l’histoire. Il est vrai que, vendant la presse monarchiste dans les rues de la capitale bretonne et connu comme le « loup blanc » pour cet engagement politique, cela ne pouvait que choquer ceux pour qui l’école publique devait rester la chasse gardée de la République et de ses partisans… Pas de place, donc, pour un royaliste dans « l’école de la République » !
Malgré cet état d’esprit partagé alors par quelques profs du lycée Anne-de-Bretagne, je n’ai pas totalement désespéré de l’école, motivé par ma passion profonde pour l’histoire et son enseignement : mais l’attitude de ces quelques collègues était facilement compréhensible au regard même des intentions premières des promoteurs de « l’école gratuite, laïque et obligatoire », confirmées par le propos du député républicain Camille Sée…
23:36 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : école, république, royaliste, républicanisation.
16.02.2009
Royaliste, encore ? Toujours !
Dimanche midi, j’étais à Paris pour participer au banquet des Volontaires et Camelots du Roi, organisé par le Groupe d’Action Royaliste qui, depuis quelques mois, s’occupe de diffuser les idées monarchistes par le biais de publications de tracts, d’affiches, mais aussi de brochures, de sites sur la Toile, d’un Service audiovisuel (chargé de diffuser des vidéos monarchistes), etc. Nous étions environ une quarantaine, de 16 à 91 ans, et toutes les générations étaient représentées : mais l’espérance était la même, « la Monarchie, pour la France et au plus tôt ! ».
Bien sûr, ne nous leurrons pas, la Monarchie n’est pas faite, et elle apparaît même fort lointaine : cela n’enlève rien à sa nécessité et à l’urgence de sa possibilité. La grande difficulté (entre autres) est de la crédibiliser aux yeux de nos concitoyens et de montrer en quoi, à défaut d’être une solution miraculeuse, elle peut résoudre utilement et sur le long terme la question des institutions, non pas à travers des institutions rigides mais par la constitution d’un cadre institutionnel qui peut accepter en son sein plusieurs formules politiques.
Etre royaliste, aujourd’hui en République, au-delà même de la proposition d’une instauration monarchique, c’est aussi avancer des idées politiques, sociales, environnementales… C’est, en reprenant une formule maurrassienne ancienne, assurer une sorte de « régence du nationalisme » ou, plus simplement, une « régence du politique » dans le cadre des débats et des institutions actuellement existantes.
Je ne termine pas toutes mes notes et commentaires par un « vive le roi » sonore et majuscule, mais c’est mon royalisme qui anime ma participation aux débats de notre société, avec la volonté de servir (et non de « se servir »…). Certains s’en étonnent et me disent, d’ailleurs souvent fort amicalement, que je serai plus efficace si je renonçais à « mon » royalisme et adhérais à un « grand » parti de gouvernement. D’ailleurs, ne trouve-t-on pas des royalistes dans les partis de droite comme de gauche, y compris, parfois, dans des instances de direction locales ?
Mais, personnellement, je pense qu’il faut bien qu’il reste quelqu’un (et quelques uns, heureusement) pour évoquer, bannière déployée et fièrement fleurdelysée, la « proposition monarchique », indépendamment des grandes structures partisanes et en pleine liberté d’esprit. Pas toujours facile, je l’avoue… L’espérance est une vertu difficile ; la Monarchie aussi…
31.12.2008
Rappel de vocabulaire, encore une fois...
Dans la presse française, de nombreux titres et articles évoquent le "monarque" que serait Sarkozy et dans les commentaires des forums politiques, certains socialistes se disent "royalistes". Donc, rappel de définitions : le monarque se dit, en France, du roi de France, aujourd'hui absent pour cause de république. Préférons le terme de "monocrate" pour signifier M. Sarkozy, cela sera plus juste...
Un royaliste est un partisan du roi et de la monarchie héréditaire et successible, incarnée par la Famille de France, représentée aujourd’hui par le comte de Paris et le prince Jean, duc de Vendôme.
Il est vrai que madame Royal est née dans une famille royaliste (cf archives politiques du mouvement Action Française de Nancy), mais ses partisans sont-ils, eux, attachés à la royauté ? Certains, oui, mais pas tous, loin de là.
Donc, préférons le terme de "royaliens" ou de "ségolistes" pour qualifier ceux qui soutiennent la présidente de la région Poitou-Charentes, éternelle candidate à la présidence de la république française, cinquième du nom...
Perso, je suis royaliste tendance historique, comme cela se sait déjà, me semble-t-il !
11:39 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : royal, royaliste, partisan, monarque, sarkozy, monocrate.
26.11.2008
République bipartisane.
J’ai carrément débranché de l’actualité pendant quelques jours, corrections de copies obligent… Ainsi, j’ouvre ce soir tous les journaux qui se sont accumulés depuis samedi dernier et, sans plaisir particulier, je lis le récit de l’affrontement Aubry-Royal dont j’ai déjà parlé ici. Sans plaisir car, sans avoir d’accointance avec les socialistes, je trouve que leur discrédit, qu’ils ont savamment valorisé ces jours derniers, déséquilibre un jeu politique qui, aujourd’hui, semble totalement être aux mains d’un Pouvoir sarkozyste dans lequel je ne peux me reconnaître.
Bien sûr, je peux rappeler, avec encore plus de force que d’ordinaire et de bonnes chances d’être écouté, ma défiance à l’égard des jeux politiciens et démocratiques, et mon souhait de voir l’Etat et en particulier sa magistrature suprême échapper aux luttes de factions qui l’affaiblissent. Dénoncer ces manipulations et ses fraudes (même pas honteuses aux yeux de certains qui se persuadent que la fin justifie les moyens…), toutes ces manœuvres qui discréditent le politique au risque de laisser le citoyen, l’ouvrier, le fonctionnaire… seuls face aux puissances économiques, au moment même où la crise permet aux grands groupes de liquider des milliers d’emplois sur notre territoire.
Bien sûr, je peux tirer sur cette ambulance qui s’appelle parti socialiste, et je ne m’en prive pas, aujourd’hui comme hier ! Mais je m’inquiète de l’absence d’un contrepoids politique au parti du Pouvoir actuel, conscient que les forces de droite et de gauche qui s’agitent sur les marges des deux grands partis de gouvernement et de notables ne sont pas suffisantes pour peser dans le jeu parlementaire, dont on mesure d’ailleurs ici tous les risques.
C’est aussi tout le danger d’un bipartisme plus ou moins assumé par notre société et qui s’avère, en définitive, un piège pour les citoyens, sommés de « voter utile » et de choisir entre les deux « grands », sous peine de ne pas être considéré et légitimé…
Qu’on se rassure : je n’ai pas l’intention de rentrer, même au nom de l’efficacité stratégique, dans l’une de ses grandes machines électorales qui se refilent, sous le nom d’alternance, le Pouvoir. Si je suis monarchiste, ce n’est pas pour rallier l’un de ces partis qui font, non du service public, mais de la conquête électorale et des places leur fonds de commerce. Mais, à défaut que, pour l’heure, le mouvement royaliste français (quand je dis royaliste, je pense « partisan du roi » et non pas de Madame Royal, bien sûr…) soit en mesure de peser sur les événements, il faut souhaiter que le Pouvoir sarkozyste ne soit pas seul à occuper le terrain politique et que les socialistes, aussi lointains de mes idées que possible, soient en mesure de contrecarrer les mesures les plus oublieuses du Bien commun que le gouvernement Fillon met aujourd’hui à son agenda, telles que la fin du repos dominical ou l’extension des grandes surfaces sur notre territoire…
Décidément, cette République, dans son système bipartisan, est vraiment une « machine à mal faire »… En fait, ce ne sont pas les partis qu’il faut dissoudre, mais c’est ce système qu’il faut ravaler au rang le plus bas, pour redonner du lustre au politique, avec ou sans socialistes : le jour venu, le souverain roi devra savoir utiliser toutes les compétences, au-delà des étiquettes, et sans vains préjugés… Ce jour-là, les partis ne seront plus autre chose que ce qu’ils doivent être : des lieux de débats, de propositions, de représentation, mais pas, en tant que tels (et je les distingue alors de leurs membres), de gouvernement !
23:52 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : socialistes, royal, royaliste, république, partis, sarkozy.
21.11.2007
Ma fidélité.
J’ai commencé cette semaine à mettre de l’ordre dans mes affaires, même si cela risque de prendre quelque temps au regard des cartons de documents, des journaux et des livres qui se sont entassés depuis plus de trois ans dans mon studio pourtant de respectables dimensions… Mais ce dernier ouiquende a été largement occupé à discuter avec mes amis monarchistes, par le biais du téléphone et de la Toile, de l’avenir du royalisme en France et de sa stratégie politique : le fait que je sois un « électron libre du royalisme » me permet de m’exprimer, parfois un peu vivement, mais toujours librement et sans oublier l’objectif institutionnel à atteindre, c’est-à-dire la Monarchie politique. Les débats entre royalistes sont, comme dans tous les mouvements ou mouvances politiques, parfois fort rudes, et les susceptibilités sont soumises à rude épreuve. Mais ils ne sont pas inutiles, à partir du moment où l’on n’oublie pas ses devoirs politiques : ma fidélité à cette Cause royale que j’essaye de servir de mon mieux depuis près de 30 ans reste indéfectible, même si cet engagement politique m’a coûté parfois fort cher…
Il y a des raisons fortes à cette fidélité : je pense qu’il n’est pas possible de se passer d’un cadre communautaire historique tel que la nation française, cadre qui ne doit pas être un carcan mais le « marchepied » vers l’universel ; qu’il est nécessaire de lui assurer une présence forte face aux grands ensembles « impériaux » que sont les Etats-Unis, la Chine ou la Russie ; qu’il faut assurer la continuité de sa politique et de son Etat par la liberté de sa magistrature suprême, assurée par la seule chose qui ne s’achète pas (pas encore, diraient certains pessimistes…) : la naissance. La Famille de France, dont on pourra toujours dire pis que pendre à défaut de vouloir comprendre ses raisons, est cette famille qui, par delà les vicissitudes et les échecs, voire les fautes, est celle qui symbolise l’espérance royale en notre pays et, malgré mon impatience et mes remontrances, la seule que je reconnaisse, au regard de l’histoire et de la légitimité.
Se contenter de cette profession de foi royaliste serait totalement inutile si elle ne s’accompagnait pas d’un engagement quotidien : « Qu’as-tu fait aujourd’hui pour le Roi ? », interrogeait Bernanos. Je crois qu’il n’y a pas un jour, depuis 1980, où j’ai négligé cette formule, y compris lorsque je me suis retrouvé (rarement, d’ailleurs) à l’étranger, à Vienne par exemple, cette capitale du vieil empire des Habsbourg que j’affectionne particulièrement.
Travailler pour le Roi et la France, d’autant plus pour la France que le Roi est aujourd’hui « en réserve », d’autant plus pour le Roi qu’il serait la meilleure incarnation symbolique et politique de la France, c’est aussi vivre en son temps sans oublier ce qui fait son épaisseur ; c’est comprendre le monde et ne pas se contenter de le voir en spectateur ; c’est chercher et proposer ; c’est agir sur tous les terrains qui mettent en cause l’avenir du pays, de l’Etat, mais aussi des personnes et de leurs familles. Qu’on ne s’attende pas de ma part à une quelconque nostalgie politique qui ferait de l’Ancien Régime un « âge d’or » totalement mythique ou à un éternel soupir du genre « c’était mieux avant »… Les regrets sont vains s’ils ne sont que l’excuse de la passivité et de l’abandon. Ce blog http://jpchauvin.typepad.fr/ , que j’essaye de tenir vaille que vaille depuis plus de deux ans, a ainsi abordé de nombreux sujets, non seulement pour « me plaindre de ce qui ne va pas » mais pour proposer des pistes de réflexion et d’action. J’ai parfois eu la tentation de ne plus l’alimenter, de lui préférer « la discussion au café », tellement plus immédiate, mais cela aurait été l’abandon d’un poste qui peut, je m’en suis rendu compte dès le départ de cette expérience éditoriale, être un (modeste) point de repère pour qui veut connaître quelques opinions monarchistes et les réactions d’un « électron libre du royalisme »… J’espère ainsi (toujours modestement mais sûrement) être utile à la Cause qui est le principe moteur et acteur de ma vie. Pour ne pas mourir royaliste, mais pour, un jour, vivre en Monarchie…
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12.11.2007
Pierre Pujo, royaliste (1929-2007).
C’est ce samedi midi que j’ai reçu le message téléphonique m’annonçant la mort de Pierre Pujo, « l’éternel directeur » de L’Action Française : une page de l’histoire du royalisme venait, dans la nuit, de se tourner, et cette triste nouvelle faisait remonter à la surface bien des souvenirs, ceux de mes 27 ans de militantisme, de discussions et de débats acharnés, d’engueulades parfois et de désaccords certains, mais aussi d’espérances et de bons moments au sein de la « famille d’Action Française » : Pierre Pujo, s’il agaçait parfois, avait au moins cette qualité d’être fidèle à ses engagements, pour la France (et son outre-mer) et pour le Roi, et de n’en avoir pas varié, malgré les ingratitudes et les vicissitudes…
Je l’avais lu pour la première fois, perché sur mon vélo, dans une rue de Saint-Lunaire, en la fin du mois de juillet 1980, et c’était un article sur Mayotte, cette île de l’Océan indien qui avait, contre le « sens de l’Histoire », voulu rester française, envers et contre tout. Dans les années 80, certains se moqueront de cet acharnement à défendre la « France du grand large » dont il gardait tant de souvenirs dans son bureau de la rue Croix-des-petits-champs. Et pourtant ! Son amour pour la France était un amour complet et ne se limitait pas à l’hexagone ; il avait fait sienne la maxime de Jacques Bainville : « La France est un composé », ce qui lui valait les railleries des ethno-nationalistes, souvent européistes, qu’il a toujours combattu au nom d’un nationalisme qui refusait le racisme.
J’ai encore dans l’oreille les derniers échanges que nous avions eu, il y a quelques semaines, autour du souverainisme que j’avais, selon lui, tendance à sous-estimer : c’était un vendredi soir et je le vis partir des locaux de cette Action Française pour laquelle il avait donné depuis tant d’années toutes ses énergies, parfois de façon maladroite mais toujours sincère, sans penser un instant que je ne le reverrai plus vivant.
Cet après-midi, les yeux de mes vieux amis, de mes compagnons d’espérance monarchique, étaient rougis par l’émotion : Michel, Nicole, Les frères Castelluccio,… ils étaient là, dans ces bureaux du journal, d’ « Aspects » comme nous disions jadis. La relève aussi était là, discutant gravement et rédigeant les communiqués pour la presse. Etrange ambiance, tandis que les téléphones ne cessaient de sonner…
J’avais cherché en vain dans les kiosques du Quartier latin un numéro de « L’Action Française » à acheter : je voulais reproduire ce geste fait tous les jeudis de mes années de terminale, et déployer, comme une bravade ou comme une bannière, ce journal qui avait accompagné ma jeunesse. Mais j’en saisissais un exemplaire en partant des locaux de la rue Croix-des-petits-champs et arpentais les rues du Quartier avec ce trophée en main, à la grande surprise de quelques badauds pour qui le titre n’était sûrement pas inconnu… C’est à la terrasse du « Danton », ce café qui me tient lieu de QG quand je suis à Paris, que je relisais les derniers éditos de Pierre Pujo, comme un dernier hommage à ce vieux combattant de la Cause royale au cœur de ce Paris intellectuel et bruyant.
Mais la vraie fidélité à sa mémoire, c’est d’abord de ne pas cesser de clamer la nécessité de la France et des institutions susceptibles de la pérenniser. C’est une fidélité critique mais vive, en espérant, non pas seulement mourir royaliste, mais vivre, demain ou après-demain, en Monarchie, comme l’aurait souhaité Pierre.
00:12 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Pujo, royaliste, Action Française



