22.07.2008
Les socialistes piégés par la révision constitutionnelle.
Ce qui est certain, c’est que les pressions diverses et les manœuvres politiciennes pour obtenir la majorité des trois cinquièmes au Congrès de Versailles rappellent plus les us et coutumes des IIIe et IVe Républiques que ceux de la Ve : ainsi, ce sont des accords partisans, ou des « compromis » (certains les évoquent comme des « compromissions »…), qui ont permis l’adoption de cette révision. Mais il est vrai que les socialistes sont les principales victimes de celle-ci, pour des raisons politiques comme stratégiques : d’abord, les socialistes ont bien mauvaise grâce à ne pas reconnaître dans les principales dispositions de cette réforme des principes qu’ils n’ont cessé de prôner et de vanter depuis l’établissement de la Constitution de 1958 : il suffit, pour s’en convaincre, de relire « le coup d’Etat permanent » d’un certain François Mitterrand publié en 1964, ou les discours et écrits d’un radical souvent revendiqué par le PS, Pierre Mendès-France. Aussi, l’attitude d’un Jack Lang, au-delà de ses ambitions personnelles, est-elle parfaitement logique, même si elle me semble une illusion de sa part quant à un éventuel « renouveau parlementaire ».
Les socialistes sont aussi piégés et défaits parce que, dans cette affaire, le président Sarkozy leur a coupé l’herbe sous le pied et les a placé en porte-à-faux de la sacro-sainte Opinion publique (cf les sondages parus ces jours derniers, qui révèlent apparemment un état d’esprit « démocratique et réformateur » prononcé des Français, alors que, par prudence, le président a tout de même évité de faire passer sa révision par la voie référendaire…), et, en somme, se pose en « vrai réformateur » qui « tient les promesses, même celles des autres » (certains reconnaîtront le clin d’œil historique et ironique, sans plus, de ma part…). D’autre part, en se voulant, pour des raisons qui n’étaient pas les meilleures, les opposants farouches à cette réforme, ils ont dramatisé l’enjeu et ont, du coup, assuré la victoire morale et politique de M. Sarkozy, qui peut se targuer d’avoir remporté les quelques voix qui manquaient, comme l’avait fait la République en 1875 : M. Sarkozy sait, en bon tacticien, qu’il faut des alliés et des compromis pour remporter des victoires qui lui ouvrent désormais d’autres voies et vont favoriser « l’élan réformateur », mais d’abord celui de son principat, ou l’accélérer.
Ainsi, alors qu’ils tiennent 22 régions françaises sur 24 (depuis 2004) et la plupart des grandes villes du pays (depuis 2001), les socialistes semblent incapables de peser sur les réformes et sur le cours des événements, et ils semblent, en définitive, bien s’accommoder d’une sorte de « Yalta des pouvoirs » entre l’UMP et eux-mêmes. En fait, du coup, les citoyens se détournent de plus en plus d’un jeu politique et démocratique qui se fait sans eux, loin d’eux, et qui se conjugue aussi avec les oukases de l’Europe de Bruxelles et les tracasseries administratives ; sans oublier l’impression d’impuissance devant les délocalisations et les jeux de la Bourse, comme devant les scandales du type Tapie (entre autres…)… Cette fracture, dont j’entends les éclats et craquements au comptoir des cafés (« le parlement du peuple », disait Balzac), est inquiétante mais, à ce jour, impolitique : ce que l’on peut appeler, à la suite de Maurras, « le pays réel », en veut au « pays légal » qui l’oublie (sauf aux jours d’élections), mais ce ne sont que des rumeurs et des grondements… Les tempêtes sont pour plus tard, elles n’en seront que plus violentes : ne seront-elles que dévastatrices ?
14:13 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, constitution, république, socialistes.
18.07.2008
Le scandale Tapie.
En tout cas, cette affaire va coûter, selon les journalistes, entre 40 et 50 euros à chaque contribuable français, tout cela pour sauver de la « misère » (sic !) un Bernard Tapie qui, au final, gardera plusieurs millions d’euros. Les soutiens sarkozystes à l’ancien ministre mitterrandien ont beaucoup œuvré pour ce résultat, au moment même où les mêmes demandent aux Français de se serrer la ceinture et parlent de réduire les dépenses publiques. François Bayrou, avec raison, souligne que les 285 millions payés par l’Etat (sans compter les intérêts, ce qui devrait monter la somme à 400 millions d’euros) aux liquidateurs du groupe Tapie représentent « la totalité de tous les salaires annuels des 15.000 postes d’enseignants qui vont être supprimés l’an prochain » ou « l’effacement du déficit de l’hôpital public en France »…
Et M. Bayrou de clamer sa colère solitaire dans une République qui ne l’entend déjà plus !
En tout cas, cette affaire, ce scandale, mérite d’être dénoncé, encore et toujours, et disqualifie un Etat qui ne sait plus faire régner la justice et, ainsi, se discrédite aux yeux de l’opinion publique et, en particulier, aux yeux de ceux à qui il demande de faire des sacrifices pour faire diminuer la trop lourde dette publique. Contre un tel scandale, une telle injustice couverte par les plus hautes instances de la République, « même les pierres hurleraient » !
Et après, on voudrait que je sois républicain, bien sage et modéré, à croire à la République et à ses principes moraux ! En fait, la République, depuis Danton (le Tapie de l’époque…), n’a guère changé : c’est toujours « grands principes et petite vertu »… Je préfère, tout compte fait, un Louis XIV qui fait enfermer l’homme le plus riche de France, et confisque ses biens au bénéfice de l’Etat : aujourd’hui, c’est au contraire la revanche de Fouquet consacrée, d’ailleurs (clin d’œil de l’Histoire ?), le soir de l’élection présidentielle au… Fouquet’s !
17:38 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : scandale, tapie, république, bayrou, état.
14.07.2008
Le 14 juillet : les paradoxes d'une célébration.
La Fête de la Fédération a fait le monde moderne. En mettant en contact sympathique des populations jusqu’alors étrangères les unes aux autres, de races, d’origines différentes, distinctes par les mœurs, par le langage, par les lois ; en les groupant dans une grande manifestation pacifique, en leur apprenant en un mot à se connaître et à s’aimer, la Fête de la Fédération a fondé, sur des bases indestructibles, l’unité de la patrie ».
Quelques décennies après, l’historien monarchiste Pierre Gaxotte (1895-1982) répliquait, à sa façon, à ce discours par un texte ironique, publié dans l’été 1939, quelques jours avant le début de la Seconde guerre mondiale : « Le 14 juillet est devenu la fête de l’unité française. Devenu, ou plutôt redevenu. Historiquement et légalement en effet, notre 14 juillet ne commémore pas la délivrance des faux-monnayeurs et des satyres qui étaient emprisonnés à la Bastille, mais bien la fête de la Fédération qui eut lieu, en 1790, au Champ-de-Mars.
(…) Quoique agrégé d’Histoire, M. Daladier avait, par prudence, recouru à la science de M. le Directeur des Archives nationales (…). Je ne m’explique pas comment, à eux deux, ils ont pu commettre, dans leur reconstitution, deux énormes oublis.
1° La fête de la Fédération consista d’abord en une messe solennelle chantée par un évêque. Cette année, pas de messe. 2° Pour la présider, il y avait un roi, circonstance importante et nécessaire. Un roi, monsieur le président, un vrai roi à fleurs de lys, avec sa femme, son fils, sa fille et sa sœur. Puisque vous vouliez que votre fête révolutionnaire et commémorative de l’unité française fût exacte, il fallait y mettre le roi. Il fallait rétablir la monarchie. Sinon, ce n’est plus de l’histoire, c’est du roman ». Il est vrai que les deux « 14 juillet » se sont déroulés quelques années avant la République, en un temps où cette idée même apparaissait incongrue en France, et que, au grand dam de nos républicains, les deux se sont faits aux cris de… « vive le roi », y compris pour mieux, dans celui de 1789, violer la loi…
Car, malgré les accents lyriques du député Achard, le 14 juillet 1789 ne fut pas vraiment glorieux et il n’y a pas de quoi s’en vanter. Il est d’ailleurs amusant de constater que nos officiels de la République célèbrent une émeute dont ils se seraient effrayés à l’automne 2005… Comment, ainsi, dénoncer les désordres des banlieues quand on glorifie un épisode d’une violence aveugle et, à l’origine, si peu politique ? Je viens d’acquérir un livre fort intéressant intitulé « Les secrets de la Bastille tirés de ses archives » et écrit par l’historien Frantz Funck-Brentano dans les années 30, et qui remet un peu les choses au point : après le pillage des dépôts d’armes des Invalides (28.000 fusils et 24 canons), l’émeute se déplaça vers la Bastille pour y aller chercher la poudre qui s’y trouvait, et pas vraiment pour aller libérer les prisonniers qui y étaient enfermés (au nombre de … 7… : connaissez-vous beaucoup de prison aujourd’hui qui n’accueille que ce petit nombre de personnes ?). Funck-Brentano écrit : « Il faut bien distinguer les deux éléments dont se composa la foule qui se porta sur la Bastille. D’une part une horde de gens sans aveu, ceux que les documents contemporains ne cessent d’appeler « les brigands » et, d’autre part, les citoyens honnêtes – ils formaient certainement la minorité – qui désiraient des armes pour la constitution de la garde bourgeoise. La seule cause qui poussa cette bande sur la Bastille fut le désir de se procurer des armes. (…) Il n’était pas question de liberté, ni de tyrannie, de délivrer des prisonniers, ni de protester contre l’autorité royale. La prise de la Bastille se fit aux cris de : Vive le Roi ! tout comme, depuis plusieurs mois en province, se faisaient les pillages de grains ».
Je passe sur les différents épisodes de la journée relatés dans cet excellent petit bouquin. Mais il n’est pas inintéressant d’évoquer un élément souvent oublié dans les manuels d’Histoire (trop anecdotique, sans doute) qui montre un « autre » aspect de ce 14 juillet 1789 : « Une jolie jeune fille, Mademoiselle de Monsigny, fille du capitaine de la compagnie d’invalides de la Bastille, avait été rencontrée dans la cour des casernes. Quelques forcenés s’imaginèrent que c’était Mademoiselle de Launey (M. de Launey, ou Launay, était le gouverneur de la Bastille). Ils la traînèrent sur le bord des fossés, et, par gestes, firent comprendre à la garnison qu’ils allaient la brûler vive si la place ne se rendait. Ils avaient renversé la malheureuse enfant, évanouie, sur une paillasse, à laquelle, déjà, ils avaient mis le feu. M. de Monsigny voit le spectacle du haut des tours, il veut se précipiter vers son enfant et est tué par deux coups de feu. (…) Un soldat, Aubin Bonnemère, s’interposa avec courage et parvint à sauver la malheureuse enfant ».
La Bastille se rendit sans vraiment combattre et le gouverneur, malgré les promesses, fut massacré et sa tête fichée au bout d’une pique : c’était la première à tomber, la première d’une liste fort longue…
Ce livre donne d’autres indications intéressantes et qui rompent avec « l’histoire sainte » de la prise de la Bastille : en particulier les textes relatant l’événement dus à Saint-Just et à Marat, révolutionnaires insoupçonnables de tendresse pour l’Ancien Régime et qui offrent quelques surprises à leur lecture… Quant à la liste définitive des « vainqueurs de la Bastille », elle comptera près de 900 noms (863 selon Funck-Brentano), ce qui est fort loin des foules ou du « peuple de Paris » évoqués par les manuels d’Histoire (ou d’histoires ?)…
Le dramaturge Victorien Sardou, dans sa pièce « Rabagas », écrit ceci, qui résume bien l’affaire : « Mais alors à quoi distingue-t-on une émeute d’une révolution ? L’émeute, c’est quand le populaire est vaincu…, tous des canailles. La révolution, c’est quand il est le plus fort : tous des héros ! » : une leçon à méditer, pour l’historien comme pour le politique…
18:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 14 juillet, révolution, gaxotte, république, royauté, histoire.
20.06.2008
Votre République...
Réponse fort intéressante mais surtout fort significative : que cet écrivain réputé, connu pour ses idées gaullistes et proche de Jacques Chirac, établisse désormais une distinction entre la France et la République montre que le climat intellectuel peut changer et que le discours qui confond France et République n’est plus obligatoire dans les milieux qui pensent et qui écrivent.
L’habileté de la République, depuis la Révolution, était de vouloir être la « totalité de la France », d’être la « vraie France », celle des « valeurs » à tel point que s’en prendre au système institutionnel français condamnait à être considéré comme un « mauvais Français », voire un « traître » durant les guerres de la Révolution, au risque d’y perdre la tête… Comme si la France était née en 1792 ! Comme si l’an I de la République était l’an I de la France ! On retrouve cet état d’esprit dans les propos de certains ministres comme Rama Yade quand elle déclare il y a quelques mois, au détour d’une phrase, que la France est née en 1789, de la Révolution donc (ce qui induit déjà une distinction qu’elle semble négliger, puisque 1789 c’est encore et pour trois ans encore la Monarchie…), en oubliant que, pour qu’il y ait « Révolution française », encore faut-il qu’il y ait d’abord une France…
Dans sa colère, Tillinac s’en prenait à cette sorte de chantage intellectuel qui veut que « hors des valeurs de la République, point de salut ». Ce que laisse entendre Tillinac, c’est justement que ce sont ces « valeurs » qui posent problème…
10:34 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : tillinac, république, valeurs, france.
21.05.2008
Pays légal, République sans âme.
La République, aujourd’hui de la façon la plus visible qui soit, dessert la France : M. Sarkozy, qui invoquait hier Jeanne d’Arc et Clémenceau, n’a pas compris que notre « cher et vieux pays » n’est pas une simple entreprise qu’il suffirait de gérer pour la gouverner. La France c’est une nation qui, malgré ses défauts, ses blocages ou ses illusions, reste une nation éminemment politique dont une part, la part active et fière, ne pense pas seulement en termes économiques mais en termes de « grandeur », de « service », d’ « honneur ». Que ceux-là qui vivent ainsi la France ne soient pas nombreux n’empêche pas qu’ils en représentent la chance et l’espérance, au-delà des malheurs du temps !
Certains penseront que je me berce d’illusions et qu’il est vain de vouloir sauver ce qui me semble devoir l’être, à l’heure de la mondialisation et de « l’unification européenne », du Nombre triomphant et de la Croissance obligatoire. Et pourtant ! L’Union Européenne manque de souffle épique et n’apparaît que comme un vaste marché, de plus en plus large et déréglementé, où les citoyens se pensent et agissent d’abord comme des consommateurs… Or, est-on amoureux d’un taux de croissance ?
A l’heure où l’Histoire semble s’emballer et rebat les cartes des forces et des puissances, l’humilité devant les faits devrait plutôt incliner les hommes politiques et l’Etat à repenser leur rapport au monde, à partir de la seule réalité qui, tout compte fait, apparaît comme solide et viable, c’est-à-dire la nation, ce cadre historique et humain jamais complètement défait dans notre pays à la forte singularité, à la forte personnalité.
Tandis que le théâtre politicien du pays légal ressemble à un spectacle de Guignol, il est plus urgent que jamais de revenir au politique, non pas celui qui pipolise et s’agite, mais celui qui fonde et qui agit, au sens noble du terme. Parler politique n’est pas vulgaire mais nécessaire…
14:54 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : droite, gauche, république, france.
20.04.2008
Le bonheur de ne pas être républicain...
La salle des profs et les cafés, ces deux lieux dans lesquels je passe la majeure partie de mes temps de « loisirs », bruissent des inquiétudes d’une population de plus en plus désemparée devant les atermoiements et les maladresses (voire pire… ; les mots employés par mes collègues sont plus rudes…) gouvernementaux : pataquès autour des réductions « familles nombreuses » à la SNCF ; allocations familiales dévaluées ; vote d’une loi OGM controversée ; etc. Lors d’une discussion autour de la cafetière, juste avant de retrouver mes élèves, je lâche : « Tout compte fait, je suis heureux de ne pas être républicain : cela m’évite sûrement de désespérer… ». Quelques sourires las accueillent cette déclaration matinale et des hochements de tête discrets justifient mes propos. Cela suffit-il pour faire de ces Français qui désespèrent, ou se résignent à la République, des monarchistes ? Bien sûr que non, et j’en suis conscient. Mais je peux constater que la République, « si belle sous l’Empire », n’a plus la côte, qu’elle n’inspire guère de compassion et que nombre de mes collègues s’agacent de la voir invoquée rituellement à tout propos par ceux-là même qui ne cherchent à conquérir l’Etat que pour en tirer gloire et prébendes avant que de trahir ceux qui se sont enflammés pour eux, le temps d’une élection.
Ce qui énerve aussi, c’est le décalage entre les discours officiels du « pays légal » et la situation vécue du « pays réel », et les tentatives gouvernementales pour éviter toute remise en cause de ce credo européen et libéral qui sert à tout justifier, y compris ce qui n’est ni logique ni juste. C’est une colère, pour l’instant sourde, qui traverse la société et dont il n’est pas certain qu’elle éclate de façon seulement contrôlée… Certaines de ses raisons ne sont pas justifiées, sans doute, mais elles se retrouvent toutes mélangées dans un malaise grandissant, sans toujours laisser la place à une réflexion constructive.
De mon côté, j’essaye aussi de proposer plutôt que de me contenter d’une critique facile et si populaire qu’elle en devient une carte de visite obligatoire. La force du royalisme contemporain est de poser la double question du politique et de l’Etat, et de l’inscrire dans un rapport, non pas à l’Opinion ou à la « dictature de l’instant », mais à la longue durée nécessaire à toute fondation et à tout renouvellement ordonné. Au lieu des atermoiements actuels, cela permet de poser les bases d’une politique « durable » et qui ne se contente pas de détruire ce qui est en laissant faire le « Marché » ou les « événements », comme c’est le cas aujourd’hui : c’est la reconquête par le politique de la « décision » et non le « fatalisme » du « qu’y peut-on ? ».
Cela ouvre des perspectives plus larges que celles que la République, empêtrées dans ses contradictions et dans une logique seulement comptable, peut proposer et mettre en place.
Je vais profiter des vacances qui commencent pour essayer de le prouver en présentant quelques pistes de réflexion sur différents débats institutionnels et sociaux. En somme, une ébauche de « plate-forme royaliste de propositions »…
(à suivre).
13:25 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, république, royalisme, pays légal, pays réel.
10.03.2008
François Léotard contre Nicolas Sarkozy.
Il me semble bien que M. Léotard a raison et je sens, dans certains propos de comptoirs (« le parlement du peuple » selon Balzac) et dans les rumeurs de la rue (mais aussi celles de la salle des profs), que la colère monte avec des arguments qui tiennent souvent plus du sentiment que de la raison. La question du pouvoir d’achat y est sans doute pour beaucoup, mais pas autant que l’impression que le Pouvoir est aux mains des « riches » (sic), que l’argent coule à flot dans les palais de la République tandis que les Français moyens ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts. « L’impression » est-elle toujours confirmée par les faits ? Ce n’est pas exactement certain mais l’impression compte plus, en définitive, dans la formation de « l’opinion du moment » que les réalités, tout comme la rumeur dont on connaît la force parfois dévastatrice au fil de l’Histoire. Aussi, M. Léotard voit-il juste lorsqu’il met en garde le Pouvoir en place contre les périls qu’une certaine attitude indécente et trop marquée par la « pipolisation », par la morgue des « nouveaux féodaux », fait courir à notre pays et à sa tranquillité.
Pour le royaliste que je suis, si je vois dans cette situation la confirmation de la nature essentielle de la République née des « envies bourgeoises » de l’époque des Lumières et de la Révolution, je ne m’en félicite pas : mais le meilleur moyen d’éviter cette désagréable situation, c’est encore de « dépasser la République », de la remplacer par un régime qui ne soit pas le résultat des jeux d’argent, fut-il « électoral », mais qui en soit, par nature même, indépendant parce qu’extérieur à ceux-ci. « La naissance ne s’achète pas », c’est encore l’un des meilleurs arguments pour la Monarchie à transmission héréditaire…
13:26 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : léotard, sarkozy, riches, république, monarchie


