27.07.2009
Le malaise du président Sarkozy.
J’ai roulé tout le dimanche après-midi vers Sauternes, la radio diffusant tout ce temps des nouvelles du Tour de France et du malaise « vagal » (sic !) du président Sarkozy, la dernière information prenant vite le pas sur la compétition et le spectacle cyclistes : ainsi, les personnalités présentes sur les Champs-élysées, politiques et sportives, y allaient toutes de leurs « vœux de bon rétablissement » pour le président Sarkozy ou de formules « rassurantes » sur la tête de l’Etat, assurée quoiqu’il en soit par la pratique constitutionnelle…
Dans cette affaire d’un malaise fortement médiatisé, la communication politique de l’Elysée et, en fait, les médias eux-mêmes ont accrédité l’image d’un président tellement actif que, tel un Molière contemporain, il s’effondre, au bord de la scène, comme foudroyé en pleine gloire ! Mais, miracle, il se remet vite sur ses pieds, il n’a jamais perdu connaissance, nous explique-t-on, et il tient bon la barre. En somme, c’est l’image d’un Chef d’Etat infatigable qui ne s’arrête, à peine, que contraint et forcé par un malaise lors d’une course à pied qui rappelle son côté sportif, moderne, jeune… Même RTL y consacre un débat, ce lundi 27 juillet, sur le thème « M. Sarkozy en fait-il trop ? », formulation qui, d’ailleurs, est plutôt « ambiguë » car elle peut être comprise de deux manières bien différentes :
- Il est « tellement actif » (comme déjà dit précédemment), il mène tambour battant les réformes, il est surmené par un travail de tous les instants, il devrait se reposer un peu, il a bien mérité des vacances… : communication impeccable qui en fait une « victime sympathique » du travail d’Etat, qui « ne demande pas qu’on le plaigne » comme le dit un partisan de l’UMP sur RTL. Tout bénéf’ pour M. Sarkozy et son image, tandis qu’il fait encore l’actualité, au moment où l’été tournait à la litanie des plans sociaux et des réactions de colère des ouvriers…
- Malgré son malaise, la communication élyséenne est trop pesante et monopolise beaucoup trop l’espace médiatique, au risque d’énerver les citoyens et les auditeurs : « Comment ? Encore Sarkozy ?! »…
En fait, dans cette « République du spectacle » contemporaine, ne sont-ce pas les médias eux-mêmes qui ont donné une telle importance à ce qui n’était sans doute pas préparé ni prévu (contrairement à ce que certains commencent à murmurer : toujours un complot à dénoncer…), qui peut arriver à tout le monde mais qui, évidemment, prend toujours une certaine tournure quand il s’agit d’un homme d’Etat, d’une personnalité institutionnelle et politique, d’un souverain (étranger puisque la France n’est plus, pour l’heure, une Monarchie), etc. ?
En tout cas, dans cette République qui ne vit qu’au rythme des élections présidentielles et des débats autour de celles-ci, le moindre « incident de santé » d’un président ou d’un prétendant à la présidence se pense en termes éminemment « électoraux » : il sera intéressant de regarder, à l’heure même où ils sont tant controversés, les sondages des semaines prochaines, à l’aube d’une rentrée politique qui s’annonce socialement chaude…
Quand un roi qui n’a pas, a priori, besoin de se constituer une « clientèle » en vue d’une prochaine réélection, tombe malade, ce sont les sentiments qui priment : en République, à entendre les uns et les autres au regard du malaise du président Sarkozy, ces mêmes sentiments, s’ils sont bien (et naturellement) présents (et c’est d’ailleurs tant mieux), n’empêchent pas que ce sont néanmoins les arrière-pensées qui semblent dominer…
20:26 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : malaise, sarkozy, médias, république, spectacle.
25.07.2009
Renoncer au choix présidentiel.
Comment faire comprendre à nos concitoyens la nécessité de renoncer à ce qui, aujourd’hui, leur paraît comme un droit inaliénable de l’électeur, à cette élection présidentielle voulue par le général de Gaulle comme une forme de sacre populaire et la légitimation de la politique, de la présence même de l’élu au faîte de l’Etat ? Et pourtant ! Cette élection a perdu beaucoup de son aura ces dernières années auprès d’une part croissante des électeurs, et la dernière, celle de 2007, a laissé un certain goût de cendres dans la bouche, autant chez ceux de Ségolène Royal que de Nicolas Sarkozy… D’ailleurs, le choix était-il si clair que cela, dans les raisons mêmes des votes de chacun ? Et puis, qui, en définitive, choisit les candidats de cette présidentielle ? La sélection partisane préalable n’est-elle pas une limitation de ce droit d’élire le Chef de l’Etat sans a priori ? Mais ces remarques faites, il faut bien reconnaître que ce jeu électoral présidentiel apparaît aussi comme une forme de respiration politique dont les Français ressentent le besoin : c’est pourtant l’asphyxie qui menace !
Car cette élection présidentielle ne garantit ni l’indépendance ni même, en ces heures de dépréciation de l’autorité, la reconnaissance de la fonction arbitrale et décisionnelle de la magistrature suprême de l’Etat : élection donc imparfaite pour permettre au détenteur de la plus haute fonction de l’Etat de parler et d’agir selon l’intérêt commun… Que l’on ne s’étonne pas, donc, de la dérive qualifiée d’autoritaire par certains (un Pouvoir autoritaire n’est-il pas la preuve que l’autorité de ce Pouvoir-là n’est pas respectée « naturellement ? ») de la République actuelle : « En fait, le pouvoir sarkozyste apparaît à l’usage comme une perversion de l’Etat fort. En quelques mois, Nicolas Sarkozy a établi un système de pouvoir personnel et clanique dont la République n’offre pas d’autres exemples. Le premier ministre est réduit à un rôle de comparse ; les ministres sont ravalés au rang de simples exécutants de la volonté du Président. (…) Après cela, l’intention affichée de redorer le blason des Assemblées paraît une provocation. Péguy aurait parlé d’une « opération de feintise ». Ce pouvoir a pour autre vice d’être clanique. (…) Nous sommes entrés dans un système de cour dans lequel le prince distribue et retire les faveurs. » (Jean-Paul Bled, in « Les cahiers de l’indépendance », janvier 2009). Ainsi, la République présidentielle mène-t-elle l’Etat au discrédit et le Politique à la défaveur près de nos concitoyens, au risque d’entraîner une contestation de ces deux piliers nécessaires à toute société humaine ordonnée, une contestation qui peut, si l’on n’y prend garde, « se tromper de colère » et affaiblir notre pays.
Face à ses aboutissements logiques et malheureux du principe électif appliqué à la désignation du Chef de l’Etat, la succession héréditaire au sein d’une famille n’apparaît pas forcément à nos concitoyens comme une réponse facile ni même immédiatement compréhensible : et pourtant, c’est celle-ci qui donne le plus de possibilités et de potentialités au regard de l’intérêt général et politique du pays…
19:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : république, monocratie, choix, élection présidentielle, indépendance.
22.07.2009
Crise du lait.
Pendant les vacances, la crise du lait continue, sans émouvoir grand monde et sans que les médias n’y accordent beaucoup d’attention. Pourtant, ce sont des milliers d’éleveurs français, en particulier normands et bretons, qui risquent d’être les premières et principales victimes de cette crise qui révèlent surtout les dangers d’une dérégulation et du « laisser faire, laisser passer » libéral, européen comme mondial.
La principale raison avancée par la plupart des économistes et les technocrates bruxellois serait la baisse de la demande, en particulier asiatique et liée au scandale du lait frelaté en Chine, qui affecterait le marché du lait et entraînerait mécaniquement, par le simple jeu des lois du Marché, la baisse des prix des produits laitiers.
En fait, il y a là une certaine erreur de perspective : d’abord, si les sommes versées aux producteurs par tonne ne cessent de diminuer (certains parlent de près de 30 % en un an), cette baisse ne se répercute que fort modestement dans la distribution, environ 2 %... Ainsi, le consommateur n’est pas incité à consommer plus et les stocks s’accumulent, provoquant le maintien d’un prix trop bas pour les producteurs, prix qui ne couvre pas le coût de leur production ! Une conséquence encore aggravée par le principe de la négociabilité quasi permanente des prix entre producteurs et distributeurs, permise par la loi Chatel de 2007 et la LME (loi Lagarde, « loi de modernisation économique »), qui ne favorise guère les agriculteurs, c’est le moins que l’on puisse dire !
En somme, les éleveurs produisent à perte et s’enfoncent dans l’endettement pour un certain nombre d’entre eux, prisonniers de leurs investissements et de leurs emprunts : ce n’est pas une situation acceptable, d’autant plus qu’elle touche en priorité les petits et moyens éleveurs, les plus fragiles donc au niveau financier. Le problème réside en partie dans les pressions de la grande distribution pour acheter moins cher et augmenter leurs marges de bénéfices : une logique capitaliste assez simple à comprendre mais qui a des conséquences désastreuses sur le tissu social agricole (production et transformation).
D’autre part, la Commission européenne, qui a d’ailleurs un peu infléchi son discours ces dernières heures (mais cela sera-t-il autre chose que des propos destinés à « apaiser » les tensions actuelles ?), se situe dans une logique de rentabilité et de libre-échange sans limite véritable, comme le signalent ses propres déclarations sur la « nécessaire restructuration », dont on sait trop bien que cela signifie la fin des petites exploitations au profit de « grands ensembles agroalimentaires », d’exploitations géantes qui sont mieux adaptées aux structures même de la société de grande consommation dans laquelle nous vivons.
Alors, que faire ? Dans l’immédiat, sans doute et même si cela ne peut être qu’un moyen temporaire, il serait utile que la Commission européenne rétablisse une véritable régulation du Marché du lait par les quotas laitiers. Mais, il faut surtout repenser les cadres et les liens entre producteurs, transformateurs, distributeurs et consommateurs, mais aussi les modes de production, dans le cadre d’une nouvelle politique agricole et environnementale, en France comme en Europe.
En attendant, comme d’autres amis soucieux d’agir au quotidien, je privilégie les achats laitiers (lait et beurre, certes, mais fromages surtout…) chez de petits producteurs présents sur le marché local ou chez mes fromagers traditionnels, et je n’en fais aucun en supermarché, c’est tout simple…
20:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise du lait, lait, fromage, libéralisme, quotas laitiers, agriculture, éleveurs.
19.07.2009
Le quinquennat présidentiel.
La France connaît, à l’instar des autres pays du monde, une crise économique qui a aussi des traductions financière et sociale, mais qui semble, étrangement, renforcer la monocratie républicaine si bien incarnée par l’actuel président, Nicolas Sarkozy ! Paradoxe qui n’est qu’apparent et qui démontre à la fois les complexités politiques françaises et les ambiguïtés d’une Cinquième République aux multiples couleurs et tentations, et qui singe, à défaut de pouvoir lui ressembler, l’ancienne et multiséculaire Monarchie fondatrice de la France : doit-on y voir là une marque d’un subconscient politique français qui survivrait au-delà des épreuves et des ruptures de l’Histoire nationale ? Sans doute…
En tout cas, l’année qui vient de s’écouler a vu la mise en pratique de la réforme constitutionnelle votée en l’été 2008, et les atermoiements, voire les déchirures profondes, de l’opposition officielle au Chef de l’Etat ont aidé grandement ce dernier à passer sans trop de dommage politique les douze derniers mois, de la présidence française de l’Union européenne aux élections au Parlement européen de Strasbourg-Bruxelles… En somme, le président de la République, fort de ses succès et surtout des échecs de ses adversaires tétanisés par son activisme et sa capacité de récupération des personnalités des autres camps que le sien propre (capacité digne d’un François Mitterrand, diraient certains…), pense déjà à son prochain quinquennat : l’élection présidentielle de 2012 peut lui apparaître comme une simple formalité, si l’on s’en tient à la situation présente. S’il semble d’ailleurs si peu s’en préoccuper, c’est aussi sans doute pour marquer sa différence avec tous ceux qui, antisarkozystes bruyants, ne pensent et ne parlent, en définitive, qu’en fonction de cette échéance, comme si nous étions dans une « présidentielle permanente »…
Ce dernier trait est d’ailleurs un des vices de la République qui s’est véritablement aggravé depuis l’adoption, par référendum (septembre 2000), du quinquennat : en réduisant le temps accordé à un président élu, il soumet également le calendrier politique à une pression plus forte de la part des prétendants à la magistrature suprême de l’Etat qui, lorsqu’ils ne sont pas déjà en place, à l’Elysée, ne pensent plus et n’agissent plus que par rapport à cette échéance. Celle-ci apparaît être et, en fait, est le véritable enjeu de la vie politique française, particularité que l’on ne retrouve pas avec une telle prégnance chez nos voisins européens, en particulier dans les Etats monarchiques (au nombre d’une dizaine en Europe) : chez ces derniers, il est vrai que, selon le mot célèbre, « la première place est prise », ce qui, à défaut d’empêcher les ambitions (ce qui ne serait pas vraiment politique, d’ailleurs, et peu souhaitable), les limite « par le haut », et en préserve la magistrature suprême, dans sa dignité comme dans son indépendance.
19:51 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : quinquennat, république, sarkozy, temps, monarchie, monocratie.
16.07.2009
Pour une alliance franco-indienne forte.
Ce 14 juillet 2009, c’est l’Inde qui était à l’honneur lors du traditionnel défilé militaire des Champs Elysées, et il faut souhaiter que cette présence d’un détachement indien et du premier ministre de ce pays asiatique soit l’annonce d’une nouvelle politique d’alliance, plus audacieuse, entre la France et l’Inde : c’est le souhait de Jean-Joseph Boillot exprimé dans « Le Monde » du 15 juillet, et c’est aussi le mien !
Il faut bien noter que, ces dernières décennies, notre pays a ignoré l’Inde, pour la simple raison que la Chine attirait à elle tous les regards et toutes les convoitises, par son ouverture économique et son marché prometteur de plus d’un milliard trois cents millions d’habitants (l’Inde en compte près d’un milliard deux cents millions…), et surtout par le fait que le système politique chinois évitait les « mauvaises surprises » sociales pour les investisseurs : pas de grève ni de contestation, a priori, dans une dictature communiste…
Or, l’Inde a de multiples atouts dans son jeu et il serait temps que la France, qui en a aussi quelques uns, se remette à « penser politiquement et géopolitiquement » et pas seulement en termes économiques, même s’il ne faut évidemment pas méconnaître ceux-ci, ce qui serait tout aussi absurde que de les survaloriser.
D’autre part, comme le souligne M. Boillot : « Dans un monde en complète recomposition géopolitique et géoéconomique à la faveur de la crise, il est de notre intérêt que le deuxième géant asiatique prenne toute sa place dans la redéfinition d’une mondialisation à visage humain (…) ». Certes, il est possible de douter que la mondialisation puisse jamais avoir un « visage humain », de par ses principes mêmes et de par la nature des hommes (je ne suis pas rousseauiste…), mais il ne me semble pas inutile de l’humaniser tout de même puisque, de toute façon et à défaut d’être forcément un bienfait, la mondialisation est un fait, aujourd’hui et sans doute demain, et qu’il faut donc la prendre en compte si l’on veut, au moins, la maîtriser un peu.
La France a eu tendance, ces dernières années, à se « reposer » sur les alliances classiques, sinon traditionnelles, de l’Union européenne en négligeant, parfois par dilettantisme, sa propre diplomatie historique, cette diplomatie « capétienne » reprise (en partie) par le général de Gaulle, et en oubliant cette formule d’indépendance nationale qui faisait de la France une « puissance médiatrice » susceptible de rallier à elle les pays qui n’étaient pas « dominants » sur la planète : du coup, la France s’est peu à peu laissée piéger par la logique bipolaire du « G2 », de la confrontation-négociation « Chine-Etats-Unis », qui semble rattacher l’Union européenne au bloc atlantiste (d’où la récente réintégration de notre pays dans le commandement intégré de l’Otan, inévitable dans cette logique-là) et qui valorise, dans le même temps, le géant chinois comme principal vecteur productif de la mondialisation en cours (« la Chine, atelier du monde et puissance économique incontournable »).
La France doit jouer son jeu propre et l’Inde peut s’avérer un partenaire fiable et responsable, au moment où ce géant asiatique cherche à éviter le triomphe du G2 et veut jouer, lui aussi, sa partition dans la nouvelle « multipolarité » mondiale. Bien sûr, il y a beaucoup de travail à faire et l’Inde elle-même doit penser au-delà de sa propre attraction traditionnelle pour l’ancien colonisateur anglais : ne doit-elle pas, par exemple, permettre une ouverture plus large à la francophonie, et réactiver les liens anciens jadis créés par « l’Inde française », celle des comptoirs, de Pondichéry et Chandernagor ? Et inversement, la France ne doit-elle pas porter plus d’intérêt pour ce pays et sa culture ?
Comme le suggère M. Boillot, la France peut concrètement aider l’Inde en portant l’idée au prochain rendez-vous du G20 « d’une réforme d’ampleur du FMI, où l’Inde dispose de moins de 2 % des droits de vote pour 18 % de la population mondiale » (surtout que c’est un Français, M. Dominique Strauss-Kahn, qui préside ce FMI) mais aussi en soutenant à l’ONU la proposition d’ouvrir le Conseil de sécurité à l’Inde, etc.
Mais, contrairement à ce que pense M. Boillot, je ne pense pas que l’Union européenne soit le meilleur moyen d’agir, ne serait-ce que parce que la majorité des Etats de cette UE et la majorité des europarlementaires sont atteints d’un tropisme atlantiste qui les paralyse et les empêche de penser autrement que sur les vieux schémas géopolitiques de « l’Occident », c’est-à-dire d’un modèle dirigé par la puissance occidentale par excellence, les Etats-Unis… C’est à la France que revient la possibilité d’une politique nouvelle, d’une impulsion forte susceptible d’entraîner d’autres pays de l’UE sur cette « autre voie » post-occidentale et vers une prise en compte effective et ordonnée de la puissance indienne.
L’alliance franco-indienne n’est pas qu’une possibilité ou une nécessité, elle peut être une véritable chance pour la France comme pour l’Inde : la République saura-t-elle, au-delà du symbole de la présence indienne au défilé du 14 juillet, la saisir ? Souhaitons-le, espérons-le : elle a déjà pris assez de retard comme cela ! La Monarchie française, au regard de son histoire diplomatique, n’aurait pas, elle, hésité aussi longtemps…
12:51 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, inde, indépendance, alliance, géopolitique, g2, occident.
13.07.2009
Le 14 juilllet n'est plus un jour férié à Parly-2.
Le 14 juillet est jour de fête nationale, officiellement depuis 1880, ce qui en faisait, jusque là, un jour férié : cette époque est désormais révolue ! En fait, les lecteurs de ce blogue (ou plus exactement de son prédécesseur…), se souviennent peut-être que j’avais dénoncé l’ouverture « exceptionnelle » (sic !) du centre commercial Parly-2 du Chesnay (non loin de mon domicile) il y a 2 ans, et je craignais que cette ouverture un 14 juillet ne devienne une habitude, pour des raisons purement commerciales… A l’époque, la direction du centre avait argué que c’était juste une exception (la première depuis l’ouverture de ce centre), pour ne pas perdre le bénéfice d’un « samedi » sur lequel tombait ce jour de fête nationale : or, cette année 2009, c’est un mardi, et Parly-2 sera ouvert ! Les masques sont tombés… Il s’agit d’ouvrir un jour de plus en espérant grignoter quelques parts de marché sur les petits commerces qui, eux, respectent encore le caractère férié du 14 juillet : concurrence déloyale, pourrait-on dire, mais notre République (ou, du moins, sa tête…) se moque bien, et le débat sur l’extension du travail dominical (une obsession du président Sarkozy) le montre à l’envi, de toute loyauté ou de l’intérêt des salariés.
Et s’il n’y avait qu’au Chesnay ! Mais, à Paris, les Galeries Lafayette ouvriront aussi le 14 juillet, poussant même le culot jusqu’à sanctionner d’un jour de retenue de salaire les employés qui ne voudront pas travailler ce jour-là ! Cynisme d’un certain capitalisme pour qui tous les moyens sont bons pour faire des profits, envers et contre toute morale sociale…
Que faire face à cette situation si peu favorable à ceux qui dépendent de ceux qui les emploient et les payent ? D’abord la dénoncer, inlassablement ! Je n’hésite pas à rajouter : « par tous les moyens, même légaux ! ». Ensuite, se détourner ostensiblement, ce jour-là, de ces lieux de grande consommation : se promener au grand air, lire sur l’herbe ou au bord de l’eau, écrire des lettres d’amour ou des articles pour son blogue, etc. Il y a tant de choses à faire un jour d’été !
Post-scriptum : voici, ci-dessous, le texte du tract de l’Action Sociale Corporative (association des Royalistes Sociaux) rédigé par mes soins en 2007 contre l’ouverture de Parly-2 le 14 juillet : il est, malheureusement, encore d’actualité !
Contre l’ouverture du 14 juillet !
Le Centre Commercial Parly-2 a décidé d’ouvrir ses portes le samedi 14 juillet, jour normalement férié puisque jour de « fête nationale » : cela crée un précédent fâcheux et est révélateur d’un certain état d’esprit qu’il appartient de dénoncer.
Ouvrir un jour férié est antisocial parce que cela revient à imposer aux salariés une journée de travail quand les autres sont au repos et à les exclure d’un congé reconnu à tous par le calendrier officiel.
Ouvrir un jour de fête nationale est un affront à la nation française puisque c’est un désaveu de celle-ci qui semble moins compter que les profits escomptés par la grande surface ce jour-là.
Les Royalistes Sociaux ne sont pas des fanatiques du 14 juillet qui rappellent de bien mauvais souvenirs au regard de l’Histoire si l’on pense à celui de 1789 mais apparaît comme le rappel de l’Unité française autour de l’Etat (et en l’occurrence du Roi Louis XVI) si l’on pense à la Fête de la Fédération de 1790.
Quoiqu’il en soit, c’est le symbole de la nation que nous défendons et non celui de la seule République ; c’est aussi un droit social des salariés aujourd’hui bafoué par ceux qui ne pensent qu’en termes de consommation, de « consom-nation » comme le disait le journaliste Louis Pauwels.
Refusons le « déni de nation » de Parly 2 !
Défendons le droit des travailleurs et salariés aux mêmes congés que les autres !
00:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 14 juillet, centre commercial, parly-2, fête nationale, jour férié, dimanche.
08.07.2009
Je refuse d'être payé pour mes corrections du bac...
Comme certains le savent déjà, je suis fort fâché contre l’Education nationale et, surtout, contre l’hypocrisie qui peut y régner, en particulier quant à cet examen du baccalauréat qui n’est plus qu’un rite vidé de son sens premier et condamné à n’être qu’une triste mascarade dont nos élèves sont les premières victimes alors qu’ils mériteraient plus de soins et de considération. Je suis certes très content de la réussite de mes élèves et des autres, mais je suis furieux contre cette institution scolaire qui dévalorise le travail des professeurs en dévaluant sciemment le bac et sa qualité : certains me disent que cette stratégie de l’Education nationale vise à « démocratiser » l’accès aux études supérieures, je leur réponds que cela n’est ni à l’honneur de la démocratie ni à celui de l’Education nationale !
Comme prévu et déjà annoncé ici, je refuse d’être payé pour cette correction de 50 copies et pour les oraux de rattrapage de ce mercredi matin, et je m’en explique dans la lettre ci-dessous transmise au centre de paiement des examens :
Madame, monsieur,
Considérant que le baccalauréat n’est plus qu’une triste mascarade, en particulier au regard de la teneur des sujets proposés et des consignes démagogiques et antipédagogiques données aux correcteurs, le plus souvent oralement,
je vous indique, par la présente lettre, mon refus d’être payé pour mes corrections de cette session 2009 (50 copies) : je refuse les « 30 deniers » versés par l’Education nationale pour ce bac 2009 qui n’est rien d’autre qu’une double trahison, celle de l’intelligence et de l’espérance.
Trahison de l’intelligence, car le bac créé il y a 200 ans par Napoléon 1er ne couronne plus des compétences ou des savoirs mais les « efforts » des candidats (comme l’expliquait un IPR d’histoire il y a deux ans) sans juger des qualités intellectuelles et du travail véritablement accompli…
Trahison de l’espérance, car de nombreux élèves d’établissements moins favorisés que celui où j’enseigne se font du bac une idée qui n’est plus, dans la réalité, qu’une illusion : d’où les désillusions postérieures, les ressentiments et un triste gâchis…
Professeur d’histoire-géographie de l’enseignement public, je le suis par vocation, passionné par mon métier comme par les matières que j’enseigne, par ce devoir de transmission et d’éveil des intelligences : ainsi, cette mascarade d’examen me navre et me paraît être une insulte à l’honneur de la fonction et de la mission confiées par l’Etat à mes soins comme à ceux de mes collègues.
D’autre part, en période de crise et de disette financière, au moment où nos collègues enseignants de Lettonie, pays de l’Union Européenne, voient leur traitement presque divisé par deux (!), à l’heure où tant de nos concitoyens, souvent parents d’élèves ou anciens élèves, souffrent du chômage et d’une perte importante de revenus, il me paraît indécent de toucher une prime pour la correction d’une épreuve malheureusement vidée de son sens et de sa portée originels.
Je tiens à signaler que ce refus d’être payé pour mes corrections de 50 copies du bac (session 2009) est et reste un acte individuel, assumé et revendiqué seul : il n’engage aucun de mes collègues, bien sûr, mais veut signifier que je préfère renoncer de moi-même à ce petit privilège financier, au nom de mes convictions professionnelles et de l’honneur de ma vocation.
Veuillez recevoir, madame, monsieur, mes salutations distinguées.
15:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : baccalauréat, corrections, refus, mascarade, éducation nationale, copies, colère.
07.07.2009
Non à la généralisation du travail dominical.
J’ai évoqué hier mon désaccord avec la position du président Sarkozy sur la question du travail dominical et je constate que le débat, même en cette période estivale et malgré la surmédiatisation (parfois à la limite de la « religiosité »…) des funérailles de Mickaël Jackson, reste vif et occupe au moins les députés et les politiques, mais aussi inquiète de nombreux employés qui en témoignaient ce matin sur les chaînes de radio. Ce qui m’a marqué, d’ailleurs, c’est le nombre de personnes qui dénonçaient le fait que, en définitive et malgré les discours lénifiants des grandes surfaces, le « volontariat » mis en avant par les promoteurs du « travail dominical » était un leurre… Cela me rappelait la loi Le Chapelier et le décret d’Allarde de 1791 qui, au nom de la « liberté du travail », ont en fait institué un libéralisme qui ne profitait qu’à ceux qui avaient les moyens (matériels) de l’exercer : ce qu’un catholique social allait résumer au XIXe siècle sous la formule : « Le renard libre dans le poulailler libre »…
Le quotidien « Le Monde » (mardi 7 juillet 2009) soulignait d’ailleurs lui aussi les ambiguïtés de ce volontariat : « La question du « libre choix » du salarié auquel l’employeur demande de travailler le dimanche reste posée, compte tenu du lien de subordination de l’un à l’autre. » Tous les témoignages des salariés que j’ai entendus allaient dans ce même sens : comment refuser, soit lors d’un entretien d’embauche soit dans l’entreprise elle-même, une telle « demande » alors que c’est l’employeur qui embauche, qui fait les horaires et permet l’avancement de l’employé ? Un des intervenants racontait comment, dans son entreprise de grande distribution, les pressions étaient telles qu’il l’avait, au bout de compte, quittée, contraint et forcé, pour le simple fait qu’il ne voulait pas sacrifier sa vie sociale et familiale…
Le royaliste fidèle que je suis se rappelle que, à la fin des années 80, c’est le « cercle Saint-Louis » (cercle qui regroupait les lycéens royalistes du lycée Saint-Vincent de Rennes, sous la houlette de Pierre-Nicolas, aujourd’hui devenu prêtre) qui, le premier dans la ville, avait collé des affichettes pour défendre le caractère particulier (et reposant…) du dimanche : à l’époque, les gens avaient haussé les épaules en nous disant que, à part ce qui était déjà ouvert pour des raisons de nécessité publique ou de tradition (boulangeries, cafés, etc.), voire de mise en valeur du patrimoine, la question ne se posait pas et ne se poserait jamais, et l’on nous affirmait que nous, éternels Cassandre, nous nous alarmions en vain… Comme quoi !
A ces quelques lignes, j’adjoins le texte défavorable à la banalisation du travail du dimanche, texte rédigé et publié par le prince Jean de France, Dauphin de ce qui n’est pas encore un royaume… Il parle de « plus haut » que moi mais avec des mots simples et qui me semblent particulièrement justes.
Tribune du Prince Jean de France :
Faut-il généraliser le travail le dimanche ? Évidemment non. Et je constate avec bonheur que bon nombre de Français, quelles que soient leurs convictions, quelles que soient leurs responsabilités, se prononcent contre un projet dont les conséquences seraient économiquement et socialement néfastes.
- économiquement, rien ne permet d’affirmer que cette mesure créera de l’emploi. Il faut redouter, au contraire, qu’elle ne mette en péril les commerces de proximité et de centre-ville, dont beaucoup souffrent déjà de la concurrence de la grande distribution. Il faut aussi redouter que les salariés n’en tirent aucun profit réel et qu’à terme leur pouvoir d’achat n’y gagne rien : tôt ou tard, les entreprises reprendront dans la semaine ce qu’elles auront donné le dimanche.
- Mais surtout cette mesure mettrait en péril l’équilibre des familles, trop négligé par les pouvoirs publics. Elle précipiterait la désagrégation des communautés naturelles et, finalement, de la société en gênant l’organisation d’activités non marchandes essentielles à l’équilibre – et au bonheur – des hommes et des femmes de notre pays : rencontres sportives, manifestations associatives, repas de famille, loisirs culturels, sans omettre les pratiques religieuses.
L’objection que seuls les volontaires pourront travailler le dimanche ne tient pas. Au contraire, les chefs d’entreprise seront incités à privilégier l’embauche de demandeurs d’emploi prêt à travailler le dimanche sur ceux qui ont charge de famille et veulent s’occuper de leurs enfants ce jour-là. C’est la logique économique qui prévaudra sur l’intérêt de la société.
Il existe bien d’autres façons de relancer l’activité économique sans que les Français attachés à leur vie de famille en fassent les frais. Le taux d’occupation des jeunes et des seniors, on le sait, est l’un des plus faibles d’Europe. C’est un gâchis. Voilà un point sur lequel l’Etat doit peser de tout son poids : réformer le système éducatif de sorte que les jeunes convenablement formés qui arrivent sur le marché du travail n’y trouvent pas que des portes closes ; et favoriser l’emploi des « seniors » dont les entreprises se séparent trop souvent après 50 ans alors qu’ils sont à un niveau optimal de compétence et d’expérience.
Mais la question du travail le dimanche – après celle du lundi de Pentecôte – n’est pas seulement une question économique : c’est un choix de civilisation. Ne privons pas les hommes et les femmes de notre pays du droit de se reposer, à l’issue d’une semaine de travail souvent difficile. Ne privons pas les parents et les enfants du bonheur de se retrouver en famille. Ne privons pas les croyants de la faculté de pratiquer leur religion. Ne soumettons pas nos vies à la tyrannie de l’argent-roi et du time is money.
Parce que l’homme est bien plus qu’un consommateur, parce que la vie respecte le travail, mais est aussi bien plus que le travail, sauvons le dimanche.
Jean de France.
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06.07.2009
Le président Sarkozy, Michelle Obama et le travail du dimanche.
Et revoilà la question du travail du dimanche ! Mardi 7 juillet, alors que les vacances scolaires sont engagées et que de nombreux Français se sont déjà transformés en touristes tandis que les autres attendent avec impatience leur tour de déposer « pioche et sacoche » (en fait, aujourd’hui, d’éteindre leur ordinateur et la lumière dans leur bureau…), les députés vont à nouveau plancher sur la question de l’ouverture des commerces le dimanche, véritable obsession du président Sarkozy.
Le dernier argument utilisé par le président me navre et est véritablement révélateur de son état d’esprit : « Nous sommes le pays au monde qui reçoit le plus de touristes, 80 millions de touristes à l’année. Est-ce qu’il est normal que le dimanche, quand Mme Obama veut avec ses filles visiter les magasins parisiens, je dois passer un coup de téléphone pour les faire ouvrir ? » Ainsi, le tourisme serait juste une activité commerciale, en particulier d’achats… J’avais l’idée que cela pouvait être l’occasion de se promener, de découvrir le patrimoine (et Paris, me semble-t-il, ne manque pas de musées, monuments, parcs, etc., sans compter les nombreuses animations artistiques, picturales ou musicales) et que, ma foi, les grands magasins pouvaient, ce jour-là, faire « relâche », donnant ainsi aux gens l’occasion de reposer leur porte-monnaie. Que soient ouverts, comme le prévoit la loi du 13 juillet 1906 sur le repos dominical (car, après tout, n’était-ce pas l’un des objectifs de cette loi, de rendre un peu de temps libre aux travailleurs, de « temps libre commun au plus grand nombre » plus exactement ?), un certain nombre de commerces des métiers de bouche, d’activités de tourisme patrimonial ou de services publics (de transports, policiers ou médicaux), n’est pas en soi une mauvaise chose, mais il est bon que cela reste des « exceptions » et non la règle : « banaliser le dimanche », en faire un jour comme un autre n’est pas sain ni juste, comme le rappellent dans le même mouvement le Prince Jean de France, la CFTC (Confédération française des travailleurs chrétiens), mais aussi les socialistes et… les communistes !
D’autre part, je croyais que les lois s’appliquaient, en cette République cinquième du nom, à tous, y compris au Chef de l’Etat : mais apparemment, « un coup de téléphone » peut passer par-dessus les lois, et « le fait du prince » (pour autant que l’on puisse comparer M. Sarkozy à un « prince »… Bon, d’accord, je suis un peu caustique…) semble indiquer que la séparation des pouvoirs, tant vantée (à tort, d’ailleurs) comme une marque de la démocratie, n’est qu’une formule facile et pas exactement appliquée, au grand dam des disciples de Montesquieu sans doute (dont je ne suis pas, je le rappelle).
Dernier point : que les centres commerciaux ou les magasins de luxe que Mme Obama voulait « visiter » (sic !) soient devenus les exemples mis en avant par le président Sarkozy me semble tout à fait révélateur de ce « pouvoir de classe » qu’est « devenue » (re-sic !) la République. Nulle démagogie ou gauchisme dans mon propos, mais une certaine colère devant ce triomphe visible des puissances économiques et ce règne de l’Argent et de la Consommation : il me semble que la vie ne peut se résumer à cela, ne doit pas se plier à cela, et que les vraies valeurs ne sont pas celles que l’on compte…
Le temps où le dimanche ne sera plus qu’un jour ordinaire supplémentaire, il manquera à notre société cette pause qui permet de faire la différence entre une semaine et la suivante, tout simplement…
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03.07.2009
Détails au bac d'histoire.
Je viens de finir les corrections des copies du bac, et je confirme mes propos sur la « mascarade du bac 2009 », ne serait-ce que parce que, cette année, au-delà des consignes malvenues de l’Education nationale déjà évoquées ici, les sujets de composition de géographie n’en étaient pas vraiment mais bien plutôt des thèmes, ce qui n’a évidemment ni le même sens ni la même portée… En somme, quelques connaissances suffisaient pour obtenir une note « satisfaisante », et aucun effort de réflexion n’était vraiment exigé, il suffisait juste de ressortir un cours appris dans l’année : bien sûr, ce n’est pas forcément négligeable mais cela dévalorise notablement l’exercice et le diplôme afférent.
Néanmoins, les copies du bac sont fort instructives pour saisir l’état d’esprit et, plus exactement, « l’idéologie dominante » qui est transmise dans le cadre de l’enseignement (public ou privé, il n’y a, en définitive, guère de différences) et retranscrite par les écrits des élèves : lire les copies des candidats est sans doute plus révélateur que bien des enquêtes sociologiques officielles !
Juste un petit exemple : le texte de la « mineure » de l’épreuve d’histoire-géographie était, cette année, un extrait des mémoires de l’ancien conseiller puis secrétaire d’Etat du président des Etats-Unis Richard Nixon, Henry Kissinger, extrait qui évoquait la présidence du général de Gaulle. L’une des questions posées portait sur « les principaux axes de la politique extérieure du général de Gaulle » et l’on pouvait logiquement attendre des candidats qu’ils évoquent « l’indépendance nationale » ou « l’indépendance française », ne serait-ce qu’à la lecture et l’explication du texte même de Kissinger.
Or, sur une quarantaine de copies ayant choisi cette explication de documents d’histoire, un seul (je dis bien : un seul !) a écrit le mot « indépendance », sans y rajouter, d’ailleurs, ni le qualificatif de « nationale » ou de « française »… Un détail ? Peut-être, mais évidemment révélateur ! Si le mot « indépendance » n’apparaît pas, même quand il nous paraît « évident », sous la plume des élèves, c’est sans doute parce qu’il ne leur parle pas directement et qu’il est absent de leur vocabulaire habituel, tout simplement ! Il y a là une nouvelle réalité qu’il serait bon que ceux qui s’acharnent à défendre la souveraineté française (et c’est un combat louable) saisissent pour pouvoir réagir : la langue, le vocabulaire, le sens des mots,… sont des éléments qu’il importe de ne pas négliger, et c’est par là que l’on gagne les batailles, ou qu’on les perd… Là encore, sans doute faut-il relire le maître-livre de George Orwell, « 1984 », et les pages qu’il consacre au « novlangue », pages absolument fondamentales pour comprendre la nature de ce qui constitue une « idéologie dominante » et pas seulement un totalitarisme…
Autre petit exemple, tiré des mêmes copies et du même sujet : à l’une des questions portant sur l’image donnée par Kissinger du général de Gaulle, une trentaine d’élève ont répondu que le conseiller de Nixon considérait le président français des années 60 comme un « héros », sans que la plupart des élèves ne sachent exactement expliquer pourquoi, sans doute du fait de l’actuelle disparition de « l’héroïsme » historique (j’insiste sur ce dernier terme, car il est d’autres formes d’héroïsme qui occupent le champ social, voire sociétal) du champ de l’enseignement même de l’Histoire (j’y reviendrai dans une note prochaine). Mais, tous ces élèves, sans exception, ont écrit « héro », en oubliant le « s » qui est la marque de ce mot en français. Pourquoi cette erreur commune à tous les candidats, pourtant issus de différents lycées, de classes elles aussi différentes ? Pourquoi ce mot a-t-il été écrit à l’anglo-saxonne ? Si cela avait été le fait de quelques uns, on aurait pu en sourire : mais c’était le fait de tous ! Détail ?
En tout cas, comme pour me remettre de ces petits détails (parfois déprimants, il faut bien le reconnaître) qui cachent tant de choses, je reprends, ce midi, le livre d’Etienne de Montety : « Honoré d’Estienne d’Orves, un héros français »…
(à suivre : l’idéologie dominante à travers les devoirs de géographie…)
12:27 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bac, de gaulle, kissinger, novlangue, orwell, langue, héros.



