20.04.2009

Service de l'Etat.

La monarchie n'est pas la caricature qu'on en donne parfois et, au contraire, elle peut répondre à quelques inquiétudes de nos contemporains... Car ce dont nous souffrons en république c'est, entre autres, la perte de repères face à un Pouvoir qui se fait de plus en plus diffus et tyrannique (administrativement ou réglementairement parlant, en particulier, comme on peut le constater avec la censure dont est victime la pipe de Tati dans le métro parisien depuis quelques jours... Absurdité du "politiquement et hygiéniquement corrects" !), alors qu'il est de moins en moins politique.


Le roi c'est un Etat à visage humain, renouvelé de génération en génération, par le simple fait de la transmission héréditaire : un roi ne choisit pas de l'être mais il assume cette charge, y compris jusqu'au sacrifice suprême, alors qu'en république, un président se moque bien de ce qu'il laissera après lui (sauf ceux, comme de Gaulle, qui ont la notion capétienne du service du pays et d'autrui et qui pensent en termes d'histoire et de durée). L’actuel locataire de l’Elysée est l’exemple même d’un homme qui n’a pas le sens de l’Etat car il se comporte d’abord en propriétaire de l’Etat quand il ne devrait en être que le serviteur…

28.01.2009

Révolution ?

La colère monte, dit-on et constate-t-on un peu partout en France, et l’arrogance des puissants, de la finance comme de la République sarkozienne, exacerbe cette montée de la fièvre contestatrice. Le succès annoncé de la manifestation du jeudi 29 janvier tient beaucoup à ce sentiment diffus et confus, et c’est sans doute ce qui est le plus dangereux, car les syndicats eux-mêmes ne savent pas comment gérer la colère des masses, parfois versatiles et violentes lorsque les cadres sociaux sont fragilisés ou brisés et que l’énergie de la fureur se libère brutalement, en explosion dévastatrice, que cela soit pour de bonnes ou de mauvaises raisons d’ailleurs.

Peut-on, aujourd’hui, passer de la révolte à la révolution, comme le titrait jadis le quotidien « Combat », imité en cela par toutes les feuilles contestatrices, maoïstes, anarchistes ou, même, monarchistes à la suite du philosophe Maurice Clavel, « révolutionnaire chrétien » qui, à la veille de sa mort, avait reconnu dans les royalistes post-maurrassiens de la Nouvelle Action Française ses « héritiers » ? Si l’on voit bien ce que peut recouvrir le terme de révolte, que peut vouloir signifier celui de révolution à l’heure où l’histoire nous rappelle que celle-ci fut souvent sanglante et cruelle dans ses diverses déclinaisons et qu’elle devient tout aussi terrifiante, dans l’imaginaire des populations occidentales, que les guerres et les totalitarismes ?

Maurras, qui ne passait pas particulièrement pour un gauchiste, affirmait qu’était nécessaire une « révolution rédemptrice » qu’il qualifiait, plus loin, de « conservatrice » (sans, évidemment, les connotations actuelles que lui donnent les libéraux et leurs contempteurs), et se proclamait « traditionaliste révolutionnaire ». Le plus intéressant était son idée qu’il est de bonnes révolutions et qu’elles se font principalement « par le haut », par l’action même de l’Etat et, particulièrement, de sa magistrature suprême.

Les exemples contemporains les plus fameux sont, entre autres, celle accomplie par le général de Gaulle par son action réformatrice à la tête de l’Etat et qui a donné naissance à cette « monarchie inachevée » qu’est la Cinquième République, et celle menée, du haut de sa position « d’héritier libre du franquisme » (et libéré par son essence même de cet héritage encombrant), par le roi Juan Carlos d’Espagne entre 1975 et 1981 et qui a permis une transition en douceur de la dictature à la démocratie, souvent qualifiée de « révolution tranquille », formule d’ailleurs reprise par les partisans de François Mitterrand en 1981-1983…

C’est bien « par le haut » que peut, en France, se faire la véritable révolution politique, condition nécessaire d’une justice sociale retrouvée : il est possible que, comme en 1958, les événements de la rue servent de détonateur à cette révolution souhaitable. Mais c’est bien la magistrature suprême ainsi instaurée qui peut agir et remettre les puissants à leur place qui ne doit pas être la première, comme le soulignaient tout autant Louis XI que Louis XIV ou de Gaulle… « La politique de la France ne se fait pas à la Corbeille » (à la Bourse, dirait-on aujourd’hui), formule gaullienne qui fait écho à la mise au pas d’un Fouquet (l’homme le plus riche du royaume, véritable oligarque de son temps !) par le roi-soleil, résume bien la nécessaire révolution qu’il s’agit de mener, à la fois éminemment politique à la tête de l’Etat et, en même temps, dans les esprits et les mœurs des pouvoirs publics.

M. Sarkozy n’est pas l’homme de cette révolution car il incarne le Pouvoir du Seigneur Argent, celui qui tient la République quand elle-même tient sa légalité du jeu des influences et des clientèles, des partis et des factions : la véritable révolution, qui n’est pas non plus celle d’un Besancenot ou des nihilistes, est bien celle de l’Etat et de sa magistrature suprême. Reste, pour les monarchistes qui attendent et espèrent cette révolution, à trouver les moyens de la faire advenir…

Recherche Talleyrand, pour instauration royale, nécessaire et urgente

26.01.2009

Tempête dans le Sud-ouest.

La grande tempête qui vient de frapper le Sud-ouest nous rappelle que la nature reste souvent la plus forte malgré tous les pouvoirs et inventions des hommes : ce qui n’empêche pas nos sociétés, quand elles se font prévoyantes et humbles, de pouvoir surmonter ces épreuves sans trop de souffrances.

Ainsi, des leçons ont été tirées des précédentes tempêtes dévastatrices de 1987 et 1999, ce qui a permis d’en atténuer quelques unes des conséquences sans les empêcher toutes.

En 1987, la Bretagne, frappée par une très violente tempête au mois de septembre, s’était plainte de la relative indifférence des médias nationaux, c’est-à-dire principalement parisiens, et y avait vu le mépris de l’Etat jacobin à l’égard d’une province négligée et moquée pour son climat. Aujourd’hui, rien de tel : les télés, radios et journaux ont consacré de nombreuses émissions et articles à la situation du Sud-ouest, en appelant de suite à la solidarité nationale de tous les Français à l’égard des régions frappées, quand les principales instances de l’Etat se mobilisaient pour faciliter la remise en ordre des infrastructures et des activités dans ces mêmes régions. Il faudra voir, bien sûr, au-delà des effets d’annonce quels seront les résultats de tels appels et la rapidité de réaction des compagnies d’assurance et des services de l’Etat, un peu plus tard, dans la gestion de la reconstruction et replantation dans cette région sylvicole qui a perdu plus de 60 % de ses ressources en bois en une seule journée.

Il semble aussi que, malgré les efforts accomplis par les acteurs publics, il subsiste quelques insuffisances, parfois lourdes de conséquences : ainsi, le réseau électrique a été rudement touché, privant au plus fort de la tempête environ 2 millions de foyers (soit 6 millions de personnes) de courant, car une grande partie des lignes qui devaient être enterrées depuis la précédente tempête de 1999 ne l’ont pas été, pour des raisons qui ne sont pas forcément bonnes.

A l’heure où la crise financière continue, elle, de produire ses effets dans une tempête dont on espère la fin rapide sans en voir les prémisses, et où les caisses de l’Etat sont désespérément vides, cette catastrophe naturelle risque de dévoiler un peu plus, après les premiers mois de remise en ordre des lieux et des activités sociales, le triste état des finances publiques : l’urgence d’une « autre politique »  mais aussi d’une forme de consommation moins dépensière en énergie et en ressources se fera plus pressante. L’occasion est à saisir, politiquement comme économiquement, et il faut souhaiter que la mesure et la solidarité retrouveront leur juste place dans une société qui, aujourd’hui, souffre d’avoir rompu avec ses fondamentaux-là…

20.01.2009

L'Etat et son rôle dans l'économie.

Ma précédente note sur « la République impuissante face aux Fouquet » a suscité un commentaire qui me permet de préciser un peu ma pensée sur le rôle de l’Etat en économie. Il m’a semblé fort intéressant, à la réflexion, de publier directement sur ce blogue la réponse que j’ai apportée à Romain, ainsi, évidemment, que son commentaire initial. Le débat continue…

 

Commentaire de Romain :

Je ne comprends pas ce qu'un roi pourrait changer au problème...
En effet le rôle d'arbitre suprême que vous lui attribuez ne lui permettra pas de s'opposer à la libre circulation des capitaux et on revient donc à la situation actuelle que vous décriez.
Le roi que vous proposez n'aura pas (du moins je l'espère) le pouvoir de dicter leur conduite aux entreprises. La question se pose donc : comment un roi pourrait-il sauver les entreprises françaises de la crise et du machiavélisme ? Car si j'ai bien compris votre message c'est ce que vous semblez affirmer.

 

Ma réponse :

Il ne s’agit pas de tomber, je vous rassure, dans un étatisme qui serait forcément vain et tout aussi néfaste que peut l’être le libéralisme à tout crin : que cela soit en monarchie ou en république, l’Etat ne peut pas tout et n’a pas à tout régenter, en économie comme dans d’autres domaines. Mais l’intérêt d’un Etat qui dispose d’une légitimité extérieure aux jeux politiques (et à leur financement) est de pouvoir parler haut et fort, sur le plan intérieur comme extérieur, et cela peut être tout à fait utile pour avancer dans des négociations internationales qui permettraient de mieux contrôler certains flux financiers et économiques : il s’agit bien de changer le rapport de force pour que « la fortune anonyme et vagabonde » ne soit pas la seule puissance mondiale… La limiter est possible, sans tomber, là aussi, dans la démagogie et la seule contrainte.

La libre circulation des capitaux doit, surtout en temps de crise, pouvoir être régulée, au moins provisoirement, et n’oublions pas le rôle que peuvent jouer les banques centrales sur la gestion des monnaies. En fait, le principal problème en France et en Europe est bien l’indépendance de la BCE de Francfort qui, souvent, oublie les intérêts des peuples et des Etats, sans pour autant empêcher les dérives des finances publiques : que le Politique retrouve sa place éminente de création et de souveraineté (ne serait-ce que par le biais d’un Conseil européen de la Monnaie, par exemple, qui est tout à fait envisageable) dans le cadre de la Monnaie, est nécessaire. Et l’Etat français, par le poids de son économie, peut jouer un rôle véritable d’impulsion et de direction, en lien avec ses partenaires en Europe et ailleurs. Je suis conscient que cela n’est pas forcément facile mais c’est largement possible : il y faut la volonté politique et celle-ci doit trouver une part de sa force et de sa légitimité par cette externalisation de la source du pouvoir de l’Etat, c’est-à-dire par l’indépendance de la magistrature suprême de l’Etat permise par le mode de transmission héréditaire de celui-ci.

Le roi que je propose n’a pas à se faire chef d’entreprise à la place des chefs d’entreprise. Mais l’Etat a des devoirs économiques et sociaux, et des pouvoirs politiques et législatifs, qu’il s’agit d’ordonner au Bien commun. Par une politique de d’impulsion et de décision, l’Etat peut agir, concrètement, par la proposition de lois au Parlement et l’organisation de grandes politiques de chantiers structurels : en somme, fixer de grands axes d’action qui n’empêchent pas les entreprises de vivre mais qui limitent les risques de dérives et qui forcent les grands financiers et entrepreneurs à une certaine responsabilité devant l’Etat et l’Opinion prise à témoin

Bien sûr, la Monarchie n’est pas une solution-miracle qui résoudrait tous les problèmes économiques et sociaux mais elle a devoir de préserver les liens entre « économique » et « social », par cette médiation du Politique qu’elle incarne, mieux que le président d’une République qui a souvent du mal à se séparer de ceux à qui il doit sa présidence. Je ne promets pas (cela serait malvenu et d’une grande suffisance de ma part !) que la Monarchie va en finir avec la crise qui touche la France comme d’autres pays, mais je pense qu’elle peut en amortir les effets et donner des possibilités aux entreprises et aux commerces de notre pays de retrouver du souffle et des champs d’application divers et variés, en France comme à l’étranger. Il y a un grand vivier d’emplois encore inexploité dans l’aménagement intelligent du (des) territoire(s), et il y a de nombreuses pistes que l’Etat peut emprunter pour « débroussailler » le passage à l’économie…

 

18.12.2008

Présidentielle permanente, encore...

Lors de la campagne électorale que j’ai menée à l’été 2005, le thème principal portait sur la « présidentielle permanente », à la veille (2 ans avant…) de l’élection pour le trône élyséen elle-même : ce thème est d’autant plus d’actualité aujourd’hui que Ségolène Royal se prétend déjà candidate et que les journalistes annonçaient, dès lundi de la semaine dernière, que le parti sarkozyste était prêt pour 2012, voire que les affrontements fratricides pour… 2017 avaient déjà commencé entre Jean-François Copé et Xavier Bertrand !

Du coup, je n’ai aucun scrupule à republier des extraits de ce tract monarchiste que j’avais entièrement rédigé et qui garde, me semble-t-il, une singulière crédibilité au regard des agitations politiciennes actuelles. Il y a déjà 3 ans qu’il est lisible sur mon blogue et qu’il ne vieillit toujours pas… Voici le texte original dans ses grandes lignes :

« Face à la crise des institutions, ne faut-il pas imaginer autre chose que ce qui existe ?

Aujourd’hui, avec le quinquennat, la France semble en campagne électorale permanente : tous les débats politiques, économiques et sociaux, sont pollués par l’échéance présidentielle et les jeux d’intérêts politiciens. (…)

Où est alors l’intérêt de l’Etat quand il est l’objet de toutes les convoitises ?

Ainsi, pour mettre un terme à ce spectacle étrange que la République française donne au monde entier, nous pensons qu’il faut à nouveau inscrire l’Etat dans la durée, réintroduire la pensée à long terme dans l’action politique.

Le long terme en politique nécessite la continuité, mais une continuité qui se doit d’être dynamique pour épanouir ses qualités.

Quel Etat peut disposer de la continuité ? Une sixième République parlementaire où l’Etat serait impuissant ? Non, il faut regarder ailleurs !

C’est pourquoi nous proposons la Monarchie, héréditaire et successible, où l’Etat n’est pas le jouet des politiciens ; où l’Etat doit servir avant tout les intérêts du pays qu’il dirige ; où l’Etat doit rendre aux citoyens leurs pouvoirs concrets de parole et d’action dans leurs cadres sociaux (communes, régions, professions ).

Nous ne sommes pas des nostalgiques, nous voulons simplement penser la politique autrement.

Nous voulons mettre l’imagination au pouvoir en instaurant une Monarchie adaptée à notre temps et aux défis de la globalisation. »

 

08.12.2008

Avertissements sur l'environnement.

 Je suis parfois désespéré lorsque je regarde, comme ce soir sur DVD, les émissions du photographe Yann Arthus-Bertrand sur l'état de la planète et les dégradations que les activités humaines, agro-alimentaires ou industrielles, liées à la société de consommation, provoquent sur cette seule Terre vivante que nous connaissons. Désespéré, parce que ce ne sont pas les avertissements qui manquent mais que ceux-ci se heurtent à l'indifférence, parfois au déni, souvent à l'incrédulité ou au fatalisme.

Je comprends mieux, à cet égard, le chagrin de ce vieux nationaliste français en 1939 (à la déclaration de guerre), ce Démosthène des années trente, qui n'a cessé de dénoncer les risques d'une nouvelle guerre avec l'Allemagne en pointant le réarmement allemand, le danger de cette unité de l'Allemagne maintenue après 1918, les menaces contenues dans le livre d'Hitler, « Mein Kampf », allant jusqu'à demander que ce manifeste nazi soit traduit en français pour avertir les Français du danger hitlérien car tout y était annoncé... En vain ! Maurras, Cassandre extrémiste, vit la triste réalisation de ses prédictions et ne s'en consola pas vraiment...

L'Histoire semble parfois se répéter et tous les avertissements des Nicolas Hulot, des Arthus-Bertrand ou des Corinne Lepage, n'arrivent pas vraiment à faire changer sensiblement les habitudes de consommation ou à imposer raison aux décideurs économiques, à les forcer à réorienter leurs activités en tenant compte des nécessités planétaires et environnementales.

Et pourtant ! Nous commençons à connaître les conséquences des pressions humaines sur l'environnement : disparition des morues de Terre-Neuve (et des bigorneaux de Lancieux...), pollution des cours d'eau en Bretagne et invasion des algues vertes sur les plages de celle-ci, dérèglements climatiques et fonte de la banquise arctique, etc.

Faut-il attendre les prochaines catastrophes pour réagir ? Là encore, le politique a le devoir de responsabiliser les citoyens, à travers l'action de l'Etat, en particulier. Le temps électoral ne suffit pas et, même, il a tendance à empêcher, de par sa nature, le lancement de grandes politiques à long terme, pourtant nécessaires comme le soulignait l'ancien ministre Charles Pasqua sur RTL (à l'émission des "grosses têtes" de Bouvard...) ce lundi 8 décembre. Tout l'intérêt d'une monarchie royale est de permettre au temps d'être l'allié de l'Etat, et non son adversaire. Ce temps qui n'est jamais de trop dans la mise en place de grands projets, industriels comme environnementaux, durables et respectueux des générations présentes comme à venir...

30.11.2008

Les partis et l'arbitre.

Sur ma précédente note a été déposé un commentaire qui me permet de préciser utilement mon point de vue sur les partis politiques :


je suis effectivement opposé, assez logiquement, au régime des partis qui fait de l'Etat une proie et l'empêche d'assumer complètement ses devoirs, responsabilités et droits régaliens.
Mais cela ne veut pas dire que je souhaite la fin ou la disparition des partis, je souhaite juste qu'ils ne monopolisent pas le Pouvoir dont ils ne doivent pas être les maîtres, mais les conseillers, les critiques aussi, etc.
Dans une Monarchie "à la française", la magistrature suprême de l'Etat échappe aux jeux des partis dans le sens où le souverain n'est pas leur élu et qu'il n'est pas le résultat d'un choix mais au contraire celui d'un "hasard" et de la transmission du Pouvoir par une dynastie de hasards...
Dans cette optique le roi est donc indépendant et libre des partis sans, pour autant négliger leur présence, leur importance, leur rôle au sein des assemblées, des institutions régionales, municipales ou nationales,voire européennes.
Le jeu politique n'est pas exactement déséquilibré, il repose juste sur une autre architecture des rapports politiques et des institutions de Pouvoir au sein du pays : provinces, communes, chambres syndicales, professionnelles, agricoles, etc., exercent des pouvoirs qui peuvent, par rapport au pouvoir central, apparaître comme des contre-pouvoirs, capables de représenter des opinions et idées diverses, et de gouverner les collectivités locales et régionales.

En somme, cette structuration institutionnelle peut se résumer par "les pouvoirs locaux à la base, aux citoyens ; l'autorité de l'arbitrage au sommet". Coordonnateur, arbitre, éventuellement à l'origine des grandes impulsions, le roi n'est pas "seul" au pays, il laisse les communautés locales se gouverner par elles-mêmes, dans le cadre et les limites de l'unité française.
Cette nouvelle structuration institutionnelle permet une redistribution concrète des pouvoirs, ce qui n'empêchera pas tous les conflits mais contribuera à les "amortir"...
En tout cas, la monarchie peut jouer, de par son indépendance statutaire et réelle, ce pour quoi elle est faite en priorité : son rôle d'arbitre.
Ainsi, la lutte des factions, si elle peut se poursuivre, est-elle toujours surplombée et limitée par l'autorité de "l'arbitre-roi".
Mais, là encore, n'imaginons pas un roi omniprésent et "big brother", mais bien plutôt un souverain (et non un suzerain) capable d'écouter et de trancher, de décider...

 

17.11.2008

Royal ? Non, seulement la royauté.

Le spectacle donné ce ouiquende par le congrès du Parti socialiste était assez misérable et n’avait rien pour plaire aux citoyens qui, tous les matins, conciliabulent au comptoir des cafés, ce « parlement du peuple » évoqué par Balzac. Si la rose est le symbole du PS, ce n’est pas exactement l’odeur qui montait aux narines des militants ni des électeurs, et les petites manœuvres assez médiocres d’un Delanoë au matin du lundi suivant n’ont guère été appréciées par ceux qui, la veille encore, lui faisaient crédit de sa retenue au Congrès. Du coup, Ségolène Royal en devenait presque sympathique à ceux-là mêmes qui, encore il y a deux jours, la brocardaient…

Ces quelques phrases sur le congrès me sont suggérées par l’écoute attentive de quelques émissions de radio et, en particulier, par les réactions des auditeurs et, dans le café parisien dans lequel je me suis trouvé ce matin à la Porte Maillot, par celles des consommateurs. Bien sûr, certains moquaient le lyrisme de madame Royal et les « étoiles » qu’elle a vantées, sans savoir qu’il s’agissait en fait d’une citation de… Jean Jaurès ! En somme, elle a fait fort, et les railleries de certains « camarades » se sont vite retournées contre ceux-ci, piteux d’avoir moqué Jaurès quand ils pensaient avoir dénoncé une nouvelle « crétinitude » de cette « folle mystique » (formules que j’ai entendu prononcées par des socialistes hier dimanche, visiblement peu favorables à la Dame du Poitou…).

A ce jour, personne ne sait exactement qui va emporter le poste de premier secrétaire du Parti socialiste, et, en fait, cela agace plus que cela n’émeut… Cette guerre des roses, si inopportune au moment où la crise économique se traduit chaque jour un peu plus en crise sociale, ajoute encore au discrédit de ce régime des partis qui caractérise la République actuelle, toujours coincée entre deux élections et en « présidentielle permanente » au risque de négliger les vrais enjeux et de penser sur le long terme.

Entre une UMP qui joue le rôle de porte-flingues du président et un PS qui se confond avec la foire d’empoigne, où sont l’intérêt général de notre pays et le service public que doit normalement être la politique ? Les « ego » surdimensionnés de quelques uns qui veulent « se servir » avant de « servir » me navrent et me fâchent : mais n’est-ce pas tout le système de la République électorale lui-même qui, en faisant des partis les maîtres du jeu démocratique, tend à cette logique de division et de confiscation des « voix citoyennes » ?

Qu’on me comprenne bien : si je n’apprécie pas les petits jeux scabreux des politiciens, je ne remets pas en question l’existence des partis, qui peuvent être des médiateurs nécessaires entre les citoyens et les institutions. Mais je souhaite que l’Etat n’en soit pas la victime ni la proie : d’où mon combat pour libérer la magistrature suprême de l’Etat des jeux électoraux ! Tout l’intérêt d’une monarchie royale est de ne pas faire dépendre le temps politique du seul « tournoi démocratique » mais de lui fixer d’autres limites, d’autres règles qui sont celles de la vie d’un homme, d’une famille même, d’un père et d’un fils…

Un roi ne se désigne pas au sortir d’un congrès ou un dimanche de querelle, au fond des urnes : il naît pour être roi sans l’avoir lui-même choisi ! C’est cette charge qu’il est préparé, éduqué à assumer et qu’il n’a pas à récupérer dans le ruisseau des vanités après de multiples tirades guerrières et assauts fratricides… Il attend sans impatience la mort de l’être cher, de ce père qui l’a conçu avec sa mère, car la monarchie « naît d’un coup de rein » comme le disait crûment Vladimir Volkoff…

Remettre les partis à leur place et à l’honneur, c’est d’abord leur ôter ce hochet présidentiel qui est, pour certains ambitieux, l’unique objet de leur sollicitude envers les citoyens. Et rendre un sceptre à la France

13.11.2008

Monarchie durable.

Pour mener à bien une véritable politique écologique, encore faut-il l'inscrire dans la durée et ne pas dévier de sa route (fut-elle ardue et semée d’embûches) malgré les pressions des lobbies industriels ou consommateurs qui peuvent avoir tendance à ne penser qu’à leur intérêt immédiat et particulier, au détriment du long terme et des générations qui viennent et viendront… Pas sûr que la République prise éternellement entre 2 élections, véritables foires d’empoigne politiciennes où la communication remplace les idées et les débats, soit capable de relever le défi : une monarchie, alors ? Après tout, un roi a l'obligation, en France, de transmettre à son successeur un patrimoine préservé... Et la monarchie à transmission héréditaire est fort exigeante en ce domaine, par ce même principe, cette « obligation de résultat » à laquelle elle ne peut se soustraire, au risque de perdre une grande part de sa crédibilité et, pire, de sa légitimité même, largement fondée sur le service rendu.

Je pourrai donc résumer mes propos précédents en citant l’Italien A. De Gasperi, souvent considéré comme l’un des pères fondateurs de « l’Europe » : « l'homme d'Etat pense aux prochaines générations, le politicien pense aux prochaines élections ». En France, l’homme d’Etat, qui ne peut être l’actuel locataire de l’Elysée même s’il eut quelques prédécesseurs dont certains eurent le sens de l’Etat, de la « res publica » et de ses devoirs, existe d’autant moins en République contemporaine que le politique a laissé la place à la communication et à la courtisanerie, et que l’Etat a, d’une certaine façon, déchu…

Dans notre pays, il n’y a d’Etat durable que par la Monarchie : c’est, a contrario de la « République paradoxale » instituée par De Gaulle, la leçon de l’histoire des institutions. Mais cette leçon risque de n’être qu’une théorie déconnectée du réel (et donc inutile puisque destinée à ne pas être pratiquée) si les monarchistes et les princes oublient de s’affirmer sur le champ des possibles et du politique…

En somme, pour mon compte, pas le temps de s’ennuyer pour les prochaines décennies : pour ne pas mourir royaliste mais avoir une chance de vivre en monarchie, enfin !

 

14.09.2008

L'Etat, d'abord politique.

Je suis avec beaucoup d’intérêt le voyage du pape Benoît XVI en France et j’ai commencé à faire une véritable « revue de la presse » sur cet événement, non pas tellement pour les déplacements pontificaux eux-mêmes que pour les discours prononcés et le sens de ceux-ci, sur les plans théologique et idéologique, mais aussi pour les rencontres symboliques, comme celles avec les représentants des familles politiques et religieuses, dans leur diversité, de notre pays.

Ainsi, la rencontre avec les représentants de l’islam de France est-elle un moment important, même si les positions des uns et des autres restent souvent éloignées, voire antagonistes.

Justement, c’est l’occasion de rappeler ici que c’est le rôle de l’Etat, en France, d’assurer le libre exercice des cultes, mais de le faire de façon politique, c’est-à-dire au-delà des institutions religieuses et sans préjuger de leurs conceptions ou de leurs pratiques, et en préservant l’espace public et civique des empiétements trop « particularistes » qui risqueraient de mettre à mal l’unité française. En même temps, il ne me semble pas interdit, loin de là, de reconnaître la place éminente de la religion catholique dans la formation historique et spirituelle de la France : d’ailleurs, la présence dans nos campagnes de multiples calvaires et chapelles, des villages construits autour de l’église, mais aussi l’imprégnation de notre société par les conceptions chrétiennes, parfois dévoyées ou détournées au fil de l’Histoire, en sont les preuves flagrantes. On peut critiquer cet état de fait, on ne peut le nier et le méconnaître : sans le baptême de Clovis, la France est incompréhensible.

L’Etat, aujourd’hui, n’a pas, me semble-t-il, à être « catholique », car cela serait lui enlever une position d’arbitre au-dessus des communautés qui forment l’ensemble national, qu’elles soient religieuses, « ethno-culturelles » ou politiques : mais cela ne signifie pas que l’Etat soit indifférent ou oublieux de sa mémoire et de ses racines.

En France, l’Etat doit d’abord être politique, comme le rappelait constamment l’agnostique Maurras : c’est la condition de sa légitimité et de sa force. Mais, là encore, cela ne l’empêche pas de rappeler d’où vient la France sur le plan spirituel, et d’entendre ce que le pape dit : il ne serait d’ailleurs pas inutile que l’actuel président soit attentif aux propos pontificaux si heureusement critiques du règne de l’Argent…

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