18.06.2009
La France et l'Afrique.
Les funérailles du président Omar Bongo ont donné lieu à quelques manifestations d’hostilité au président français, habitué à des publics plus enthousiastes à son endroit. En fait, il semble bien que ces mécontentements exprimés rentrent surtout dans le cadre d’une succession délicate du chef d’Etat gabonais…
Mais, parmi les cris des manifestants, l’un aurait pu soulever quelques questions chez les journalistes présents, c’est celui de « Nous voulons la Chine », car il est très révélateur du nouveau rapport de forces en Afrique : au moment où la France ne sait plus très bien comment se débrouiller avec une Afrique francophone qui semble lui échapper ou vouloir en finir avec la fameuse Francafrique, les pouvoirs africains se tournent vers de nouveaux protecteurs, peu regardants sur la nature des régimes politiques et sur la question des droits humains, et principalement intéressés par les matières premières du sous-sol africain, par les millions d’hectares de terres « à louer » (malgré la présence de populations indigènes sur celles-ci…) et par le rôle qu’ils peuvent jouer sur ce continent encore en devenir. La Chine est aujourd’hui bien implantée en Afrique et n’a guère de scrupules ni de gêne dans sa politique africaine : pragmatique avant tout, elle a compris que les démocraties européennes, en particulier la France, se repliaient sur leur pré carré et abandonnaient leurs traditionnelles amitiés au Sud, légitimant cet abandon derrière la volonté de solder un post-colonialisme parfois douteux…
Ce repli des démocraties européennes et en particulier de la France est incontestablement une erreur en attendant de devenir une faute : la domination chinoise est un avant-goût de ce qui pourrait bien attendre (et atteindre) les pays européens s’ils ne sortent pas de cet engrenage de la repentance facile et de ce « retrait de l’Histoire » qui laisse entendre qu’ils n’ont plus d’autre volonté que de « consommer en paix ». C’est une tentation que le général de Gaulle a déjà, en son temps, combattue, convaincu que la France avait un rôle notable à jouer dans la recomposition africaine et dans le développement d’une francophonie utile dont l’Afrique reste un moteur nécessaire.
« Nous voulons la Chine » : ce cri sonne comme un véritable échec pour une République française qui, faute d’un grand dessein pour la politique africaine, n’a pas su aborder les temps nouveaux (et l’évolution des mentalités) et n’a pas su offrir à ses partenaires africains une alternative crédible aux jeux des grandes puissances états-unienne et chinoise (en attendant l’Inde…).
Pourtant, il faudra bien que la France, au lieu de s’obnubiler sur la seule construction européenne qui, si elle a une importance indéniable, n’est pourtant pas la seule voie ouverte à l’avenir français, réfléchisse et agisse pour renouer avec une Afrique qui a tant à lui dire et à lui offrir, et envers elle a tant de devoirs et de liens à entretenir.
S’il manque une grande « politique africaine de la France », n’est-ce pas parce que l’Etat ne dispose ni de la durée ni de cet enracinement dans l’Histoire qui sont pourtant si nécessaires pour s’assurer un destin et une place (de médiation, par exemple) dans le monde. Là encore, il manque un Etat à la France digne de son histoire et capable de parler aux Africains sans condescendance ni démagogie : un Etat royal, en somme, qui incarne la France dans la durée et soit capable d’écouter et de soutenir les espérances des Africains.
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01.03.2009
Quelques réponses monarchistes.
Dans le cadre d’un débat sur les idées monarchistes qui s’est développé sur Dailymotion autour de la vidéo sur « les victimes de la République » (http://www.dailymotion.com/user/SACR_videos/video/x7v26o_... ), j’ai répondu à quelques objections avancées par des internautes républicains. Voici, ci-dessous, quelques unes de mes réponses :
1. Monarchie, possibilités institutionnelles, principes de légitimité d’une instauration monarchique :
La Monarchie, aujourd'hui, a des possibilités institutionnelles que n'offre pas la République, coincée par son quinquennat et sa dépendance au Seigneur-Argent...
Au-delà des caricatures qu'en donnent ses adversaires, elle serait d'autant plus libre que cette Monarchie, par son principe de transmission héréditaire, ne doit rien aux puissances d'Argent ("le vil métal" disait Maurras comme Bernanos) ni aux opinions médiatiques.
Trois principes sont désormais à la base de la légitimité d'une instauration monarchique : l'unité nationale respectueuse des diversités locales ; la justice sociale face aux "Fouquet" de l'économie sauvage ; le souci environnemental.
Le philosophe Michel Serres disait, il y a peu, que ce qui manquait à l'Etat c'était la durée : la Monarchie la permet et l'inscrit dans le politique, par la formule : "le roi est mort, vive le roi", symbole d'un perpétuel rajeunissement du régime royal. A méditer !
2. Le roi, souverain et non suzerain :
L'histoire de France ne se limite pas, heureusement, à ce que les manuels scolaires en font... Evoquer la Cour [en parlant de la Monarchie, comme le font certains républicains…] aujourd'hui fait sourire, surtout quand on en voit ce que la République a su en faire avec ses jeux de clientèle permanents et ses courtisans empressés autour de l’élysée... Comprenez bien que la Cour sous Louis XIV a été le moyen de désarmer une noblesse qui se croyait encore à l'époque féodale.
Or, le roi ne se considère pas comme le premier des nobles, comme un suzerain suprême, mais bien comme un souverain, ce qui n'a ni le même sens, ni la même portée.
L'intérêt de l'hérédité est de libérer l'Etat, en sa magistrature suprême, du "choix électoral" c'est-à-dire du jeu des clientèles et de l'Argent-Seigneur qui fait les élections, et donc en République, le Pouvoir... De plus, le roi n'a pas à être le plus intelligent ni le plus compétent mais le plus libre, libre de choisir les plus intelligents et les plus compétents qui, dans nos démocraties, ont souvent du mal à être reconnus...
3. Le Pouvoir ne se « mérite » pas :
"Mériter le pouvoir"? L'expression n'est pas très heureuse, me semble-t-il... L'Etat, lorsqu'il est justement l'objet d'une querelle pour savoir "qui" le mérite, devient alors une sorte de privilège alors qu'il est d'abord une charge politique à assumer, non dans son intérêt particulier, "mérité" ou non, mais dans l'intérêt de tous...
D'où l'intérêt d'une Monarchie où le souverain assume le Pouvoir sans l'avoir ni demandé ni "mérité" : c'est ce qui fait son indépendance et la possibilité d'entendre tous les citoyens...
23:36 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : objections, réponses monarchistes, monarchie, état royal, transmission héréditaire, roi, souverain.



