29.12.2008

Appel aux questions et objections.

Au début des années 90, les jeunes militants royalistes de l’Action Française Lycéenne de la Région parisienne avaient eu la bonne idée de rédiger et publier un hors-série de leur journal « Insurrection » (qui paraît toujours, avec des fortunes diverses, depuis presque deux décennies) qui était une sorte d’argumentaire monarchiste et qui avait l’ambition de répondre aux questions et objections possiblement posées par les curieux, les adversaires ou même les sympathisants : cela s’intitulait « Trente réponses à un lycéen sur la Monarchie ».

Ce document a eu tout de suite un grand succès et a souvent été réédité depuis, sous des maquettes différentes. A plusieurs reprises a été évoquée la proposition de le refaire en l’actualisant, en le complétant, parfois en l’amendant et j’ai moi-même participé à sa « réécriture » il y a une dizaine d’années. En fait, ses tentatives, y compris la mienne, n’ont jamais abouti, pour des raisons diverses et pas toujours valables, d’ailleurs…

Il m’est venue l’idée, sûrement saugrenue, de reprendre cette réécriture ces vacances-ci et de la mener jusqu’à son terme, si tout va bien, pour l’été prochain, à raison d’une question-réponse par semaine jusqu’en juillet 2009. J’ai l’intention de me servir de quelques questions déjà posées dans le document initial et d’y adjoindre les objections que l’on fait le plus souvent à l’idée d’une instauration de la nouvelle Monarchie en France, ou à la Monarchie elle-même.

Le but n’est pas d’en faire un « catéchisme royaliste » mais simplement un outil de travail et de compréhension de ce que peuvent être les raisons valables de l’établissement d’une royauté héréditaire et successible en France, au XXIe siècle.

Aussi, je fais appel aux lecteurs de ce blogue pour me poser les questions qu’ils se posent sur cette Monarchie que je prône inlassablement depuis presque 30 ans (cf le site http://souvenirschauvin.blog.ca ) et toutes les objections qui leur viennent à l’esprit : elles me serviront à faire un document le mieux adapté possible aux interrogations de nos contemporains sur cette alternative politique et institutionnelle, et me forceront à réfléchir aux objections nouvelles des générations qui arrivent sur le terrain politique français.  

D’avance, merci de votre coopération !

04.02.2008

Gauche, Droite... Alternance sans alternative ?

La Gauche existe encore électoralement et elle a de fortes chances de remporter aux prochaines municipales les dernières grandes villes qui manquaient à son palmarès, profitant de la dégradation de l’image présidentielle qui rejaillit sur les candidats de l’UMP, fussent-ils « d’ouverture ». Mais, sur le plan de l’opposition politique elle-même aux projets et plans de M. Sarkozy, c’est plutôt le vide des idées. En fait, il faut bien constater que leurs propres intellectuels ou experts travaillent pour le président en rédigeant de forts rapports qu’il s’est engagé à mettre en œuvre dans leurs principales lignes. Ainsi Jacques Attali, dont les quelques 300 (et des poussières) propositions ont été acceptées (à quelques exceptions près).

 

D’ailleurs, la Gauche n’a guère réagi à ces rapports, à peine quelques remarques (qui étaient les mêmes que celles du président lui-même et d’élus de l’UMP…) sur la suppression proposée des départements. A part cela, rien, ou presque. Madame Royal  elle-même se reconnaît dans de nombreuses mesures avancées par le rapport dirigé par l’ancien conseiller du président Mitterrand et reste étonnamment discrète sur ce qu’elle pourrait rajouter à celui-ci.

 

Et puis, même à l’étranger, la Gauche, européenne en particulier, reproche à celle de l’hexagone de rester trop franco-française, trop colbertiste (en fait trop « politique »). Ce qui explique en partie la volonté de la plupart des parlementaires socialistes de voter pour la ratification du traité de Lisbonne ce jour à Versailles, ce même traité dont ils feront porter le poids des conséquences sur le président Sarkozy, dans une démarche fort malhonnête sur le plan intellectuel mais assez normale dans un jeu politicien dans lequel « le responsable c’est l’autre ».

 

Et quand M. Strauss-Kahn, qui dirige le FMI où ses émoluments sont plus importants que ceux du président Sarkozy, fait la morale à celui-ci, c’est pour lui reprocher de ne pas aller assez vite dans les réformes dans le sens de la libéralisation… A le lire, quelles sont les différences entre son discours et la vulgate néolibérale anglo-saxonne ? J’ai du mal à les saisir…

 

En somme, les partis de Gauche ne sont que le reflet de la Droite libérale, et les lignes de fractures entre les deux camps sont si étroites qu’elles permettent, par le biais de « l’Europe à faire » ou de la « croissance économique à relancer », de passer de l’un à l’autre… M. Kouchner, que madame Royal soit élue ou que cela soit monsieur Sarkozy (ce qui est le cas, faut-il le rappeler ?), est à sa place et pratique la même diplomatie euro-atlantiste chez l’un ou chez l’autre : relisez ce qu’il affirmait lorsqu’il faisait campagne aux côtés de Ségolène Royal, au printemps 2007…

 

Alors, au-delà de l’alternance entre ses deux pôles politiciens, quelle alternative ?

 

C’est là que les royalistes ont un rôle à jouer pour proposer une politique qui dépasse les préjugés émotionnels républicains et démocratiques, et qui, sans méconnaître d’ailleurs les qualités que peut avoir tel ou tel commis du régime actuel, pose l’Etat sur d’autres bases que celles de l’élection du Chef de l’Etat ou de l’économie-reine. Maurras parlait d’une « révolution rédemptrice », éminemment politique : il est temps d’y repenser, temps de la penser…