05.10.2009

L'incendie suspect de l'hôpital royal de Versailles.

J'étais au lycée Hoche samedi  matin, au moment même où l'ancien hôpital royal (voisin de l'établissement scolaire), celui appelé aussi ancien hôpital Richaud, était en train de brûler : la fumée noire surplombait ma salle de cours mais sans danger pour les élèves ni le lycée lui-même, et l’agitation liée à l’incendie (sirènes de pompiers, hélicoptère survolant l’incendie, etc.) n’a guère empêché ma classe de Première S de l’heure de composer sur des thèmes aussi divers que « L’Argent dans les révolutions industrielles » ou « l’automobile, moteur ou acteur de la 2nde industrialisation »… Sortant de cours à 13 heures, les bras chargés de copies, j’ai alors aperçu les dégâts, considérables : la toiture dévastée et effondrée par endroits laissait apparaître un squelette de bois noirci dont des fumées continuaient à s’échapper par endroits.

Il se trouve que, quelques jours auparavant, passant par la rue Richaud avec quelques collègues et regardant les dégâts du précédent incendie, celui survenu il y a à peine quelques mois et qui faisait suite à un premier feu en 2008, nous « plaisantions » (ironiquement, s’entend !) sur « le prochain incendie », évoquant les appétits de quelques promoteurs ou de ceux qui souhaitaient transformer cet espace historique en centre commercial ou en appartements de standing : nous ne savions pas alors que le samedi suivant nous repasserions au même endroit quand les flammes dévoreraient la partie jusque là épargnée de l’hôpital, triste ironie d’une triste histoire.

 

Soyons clairs : cet incendie est fort « étrange », à peine quelques jours après l'annonce qu'il était « sauvé » des promoteurs et mes collègues ne croient pas à un « malencontreux hasard » : 3 incendies en moins de 2 ans, c'est au moins un de trop... Cet incendie remet en cause la restauration prévue (et annoncée par la municipalité le 24 septembre dernier) dont le coût vient évidemment de « flamber », c'est le (triste) cas de le dire... De plus, ce feu éclate dans les combles, semble-t-il, deux jours avant que le site ne soit sécurisé par la force publique : il n’est pas étonnant alors que les Versaillais rencontrés ces derniers jours ne soient pas dupes de ce qui s’est réellement passé et des enjeux financiers qui se cachent derrière une affaire qui rappelle d’autres lieux et d’autres mœurs que l’on croyait réservée aux scénaristes de cinéma. L’opération financière de sauvetage risque d’être remise en cause, et l’état désormais de ruine des bâtiments risquent d’entraîner des solutions plus « rentables », c’est-à-dire la vente à des capitaux privés qui ne manqueront pas de transformer cet espace en un lieu à « fort rendement spéculatif et immobilier », l’argument mis en avant par certains étant désormais que les Versaillais ne peuvent supporter seuls par des dépenses (et donc des impôts…) supplémentaires le poids de la réhabilitation du lieu… J’ai d’ailleurs lu sur des forums qui rapportaient l’information de l’incendie des commentaires qui ne comprenaient pas pourquoi garder un hôpital en ruines, fut-il un monument historique…

Désespérant... Décidément, la cupidité reste la plus forte chez certains... Et certains promoteurs, disons-le comme grand nombre de Versaillais le pensent et le disent, sont des voyous !

 

 

 

Post-scriptum : des photos des dégâts et d’un appel à témoin sont visibles sur le lien du « Post » suivant : http://www.lepost.fr/portfolio/2009/10/04/1725331_incendi... .

26.08.2009

Lancieux, ce petit monde qui a tant changé...

Je passe quelques jours à Lancieux, dans la maison de campagne familiale (depuis 1934), et j’en profite pour me promener, écouter, lire et, bien sûr, écrire. Cela fait désormais 46 ans qu’il en est ainsi pour mon compte et il m’arrive de regarder un peu en arrière comme pour mieux mesurer combien (et comment) le monde des choses ordinaires, de notre environnement familier et humain, a changé, s’est transformé ou, parfois dans le même temps, a gardé une part de son passé au cœur du présent quotidien.

 

Le monde des campagnes et des côtes a changé… Lorsque j’étais enfant, en face de la maison et de l’autre côté de la haie, côté droit en s’engageant sur le chemin qui mène à la demeure familiale, des champs accueillaient des troupeaux de vaches mais aussi, certaines années, des cultures de céréales, en particulier de blé. Puis, le champ d’à-côté devint une villa et une piscine, et celui d’en face une caravane et une allée (baptisée Surcouf), bordée de nouvelles maisons et de jardins. Les voitures remplacèrent les tracteurs et les troupeaux qui, certains soirs, empruntaient la route (au grand dam des touristes pressés) vers les étables, disparurent…

 

Sur le côté gauche de l’allée familiale, c’était une colonie de vacances destinée aux enfants des ouvriers de Boussac, la grande entreprise textile française de l’époque, jusqu’aux années 70 : de grandes tentes bleues ; une cantine fonctionnelle qui retentissaient de bruits de cuisine aux heures des repas ; une sorte de hangar en bois qui servait de salle des fêtes pour les enfants, et un grand espace rafraîchi par l’ombre des pins ; une belle maison à étages destinée à l’encadrement adulte ; etc. Aujourd’hui, des villas « modernes » habitées par des Rennais fortunés ont remplacé la colonie, et les haies qui protégeaient les enfants de la route sont devenues des murs et des portails électriques : un monde clos…

 

Au pied de la maison, dans le petit port de l’Islet, se balançaient quelques chalutiers, le plus souvent en bois, et les pêcheurs, le soir venu et clope au bec, débarquaient leurs cargaisons luisantes et parfois encore remuantes sur la digue devant nos yeux curieux et émerveillés devant les richesses toujours renouvelées de la mer. Désormais, il n’y a plus de chalutier et les bigorneaux qui grimpaient le long de la digue, à l’abri des algues, ont eux aussi disparu… Il n’y a plus que des bateaux de plaisance et quelques pêcheurs amateurs, parfois bien bredouilles !

 

Depuis mon enfance, les années ont bien défilé et les temps ont changé, le monde aussi, le petit monde de Lancieux comme les autres. A travers ces quelques souvenirs, je constate, en comparaison, que l’effacement des paysans, des ouvriers (à travers leurs enfants des colonies de vacances) et des pêcheurs marque en fait l’affirmation logique de l’Argent et des consommateurs, de cette immense « classe des consommateurs » qui a remplacé toutes les autres en les fondant dans un seul ensemble sociologique et revendicatif (ce qui n’empêche pas, en son sein, des disparités et des inégalités criantes)… Ainsi, le « bar des pêcheurs » de Lancieux, s’il a gardé son nom depuis des décennies, ne révèle plus que le passé de l’endroit et l’ancienne réalité du lieu : mais on n’y croise plus personne qui sente la marée…

18.08.2009

Au dessus de l'argent et de la machine...

Dimanche après-midi, la grande chaleur m’a incité à rester tranquillement à l’ombre et j’en ai alors profité pour regarder à nouveau deux films qui, aussi différents soient-ils, sont pourtant relativement complémentaires : « I, Robot », grosse production états-unienne, et « Crésus », premier film de Jean Giono, en noir et blanc, avec Fernandel dans le rôle-titre.

 

Dans le premier, film d’anticipation, on assiste à l’enquête criminelle d’un policier sceptique sur l’innocuité des robots devenus les principaux assistants des humains dans leurs activités quotidiennes ; dans le second, c’est l’histoire d’un berger devenu subitement riche après sa découverte dans la montagne d’un conteneur rempli de billets de 5.000 francs de l’époque, celle de l’immédiate après-guerre (celle des années 40). Dans les deux, le personnage principal est confronté aux croyances, quasiment religieuses, envers des éléments majeurs de la modernité, la machine et l’argent. Remettre en cause ces croyances de l’humanité organisée, c’est s’attirer les foudres de ses contemporains et se retrouver en position de marginal, voire d’exclu : pourtant la liberté est à ce prix, à cette nécessaire remise en cause, comme l’a aussi remarqué en son temps Georges Bernanos (dont il faut absolument relire « La France contre les robots »). Je me souviens d’ailleurs de cette phrase de Bernanos : « Un monde gagné par la technique est un monde perdu pour la liberté », citation qui pourrait servir d’ouverture à « I, Robot »…

 

Remettre en cause la machine et l’argent comme croyances et comme « obligations » ne signifie pas forcément les ignorer ou les détruire mais en rester les maîtres comme de nos sociétés et de nous-mêmes : ne pas constamment attendre des machines toutes les réponses ou toutes les aides ; ne pas tomber sous la fascination d’un « vil métal » (comme le surnommait Maurras) qui nous ferait oublier toute humanité, tout effort ou tout service aux autres… En somme, cultiver la liberté qui est aussi une « philosophie de l’être » beaucoup plus qu’une « logique de l’avoir »… Je parle de cette liberté qui est celle de l’esprit avant que d’être celle de la possession, bien sûr.

 

La traduction politique de cette indépendance à l’égard de la machine et de l’argent, c’est-à-dire cette liberté personnelle qui en permet l’usage sans en oublier les limites nécessaires ni l’humilité à l’égard des autres (dans le temps comme dans l’espace), ne se trouve pas dans une République qui « aplatit » le temps et ne vit, électoralement, que de l’instant et des envies du jour (comme le faisait remarquer Proudhon au XIXe siècle).

 

Par son principe même qui relie verticalement les générations entre elles, par le simple renouvellement des générations lié au mode même de transmission de la magistrature suprême de l’Etat, la Monarchie permet au Pouvoir politique de ne pas être ce Pouvoir Moloch dénoncé par Bertrand de Jouvenel et de savoir dépasser les facilités techniques comme la dictature des apparences et de « la fortune anonyme et vagabonde ». Au dessus de l’argent et des machines, il y a le fait humain, la « personne couronnée », la « liberté couronnée » qui permet les autres sans risquer leur dictature…

 

06.07.2009

Le président Sarkozy, Michelle Obama et le travail du dimanche.

Et revoilà la question du travail du dimanche ! Mardi 7 juillet, alors que les vacances scolaires sont engagées et que de nombreux Français se sont déjà transformés en touristes tandis que les autres attendent avec impatience leur tour de déposer « pioche et sacoche » (en fait, aujourd’hui, d’éteindre leur ordinateur et la lumière dans leur bureau…), les députés vont à nouveau plancher sur la question de l’ouverture des commerces le dimanche, véritable obsession du président Sarkozy.

 

Le dernier argument utilisé par le président me navre et est véritablement révélateur de son état d’esprit : « Nous sommes le pays au monde qui reçoit le plus de touristes, 80 millions de touristes à l’année. Est-ce qu’il est normal que le dimanche, quand Mme Obama veut avec ses filles visiter les magasins parisiens, je dois passer un coup de téléphone pour les faire ouvrir ? » Ainsi, le tourisme serait juste une activité commerciale, en particulier d’achats… J’avais l’idée que cela pouvait être l’occasion de se promener, de découvrir le patrimoine (et Paris, me semble-t-il, ne manque pas de musées, monuments, parcs, etc., sans compter les nombreuses animations artistiques, picturales ou musicales) et que, ma foi, les grands magasins pouvaient, ce jour-là, faire « relâche », donnant ainsi aux gens l’occasion de reposer leur porte-monnaie. Que soient ouverts, comme le prévoit la loi du 13 juillet 1906 sur le repos dominical (car, après tout, n’était-ce pas l’un des objectifs de cette loi, de rendre un peu de temps libre aux travailleurs, de « temps libre commun au plus grand nombre » plus exactement ?), un certain nombre de commerces des métiers de bouche, d’activités de tourisme patrimonial ou de services publics (de transports, policiers ou médicaux), n’est pas en soi une mauvaise chose, mais il est bon que cela reste des « exceptions » et non la règle : « banaliser le dimanche », en faire un jour comme un autre n’est pas sain ni juste, comme le rappellent dans le même mouvement le Prince Jean de France, la CFTC (Confédération française des travailleurs chrétiens), mais aussi les socialistes et… les communistes !

 

D’autre part, je croyais que les lois s’appliquaient, en cette République cinquième du nom, à tous, y compris au Chef de l’Etat : mais apparemment, « un coup de téléphone » peut passer par-dessus les lois, et « le fait du prince » (pour autant que l’on puisse comparer M. Sarkozy à un « prince »… Bon, d’accord, je suis un peu  caustique…) semble indiquer que la séparation des pouvoirs, tant vantée (à tort, d’ailleurs) comme une marque de la démocratie, n’est qu’une formule facile et pas exactement appliquée, au grand dam des disciples de Montesquieu sans doute (dont je ne suis pas, je le rappelle).

 

Dernier point : que les centres commerciaux ou les magasins de luxe que Mme Obama voulait « visiter » (sic !) soient devenus les exemples mis en avant par le président Sarkozy me semble tout à fait révélateur de ce « pouvoir de classe » qu’est « devenue » (re-sic !) la République. Nulle démagogie ou gauchisme dans mon propos, mais une certaine colère devant ce triomphe visible des puissances économiques et ce règne de l’Argent et de la Consommation : il me semble que la vie ne peut se résumer à cela, ne doit pas se plier à cela, et que les vraies valeurs ne sont pas celles que l’on compte

 

Le temps où le dimanche ne sera plus qu’un jour ordinaire supplémentaire, il manquera à notre société cette pause qui permet de faire la différence entre une semaine et la suivante, tout simplement…

03.03.2009

Au royaume d'Absurdie...

Certaines anecdotes en disent parfois plus sur l’état moral et spirituel de notre société contemporaine que de longues et savantes pérégrinations intellectuelles : ainsi les deux qui suivent, rapportées par « La Croix » dans son édition du vendredi 27 février 2009.

 

La première, la plus médiatisée aussi (et, pour une fois, tant mieux !), autant Outre-Rhin que de ce côté-ci de la frontière, c’est celle de cette caissière licenciée après 31 années de bons et loyaux services dans le même supermarché pour avoir, selon l’accusation, « encaissé deux bons, l’un d’une valeur de 48 et l’autre de 82 centimes, des consignes que n’avaient pas réclamées les clients »… Il s’est trouvé un tribunal à Berlin pour justifier ce licenciement, et un deuxième pour le confirmer : « le licenciement pour « suspicion » est justifié. « L’employeur doit pouvoir se reposer sur une caissière en toute confiance », a motivé la juge Danièle Reber. Autrement dit, ce n’est pas le montant d’un détournement qui justifie la rigueur de la peine, mais le geste. C’est un principe. »

 

Je remarque que ce n’est pas la simple culpabilité qui est mise en avant, mais la « suspicion »… En somme, l’application tranchante d’une sorte de « loi des suspects » à l’encontre d’une salariée aujourd’hui au chômage et dans l’impossibilité de retrouver du travail, autant dire condamnée à une forme de « mort sociale » !

 

Et pendant ce temps-là, des traders et des financiers sans scrupule peuvent, eux, jouer de la crise pour s’en mettre plein les poches sans trop de risques, qu’ils s’appellent Madoff (aujourd’hui en difficulté mais toujours en liberté et encore riche…) ou Paulson (homonyme du rédacteur du plan de relance états-unien) qui, comme le rapportait une radio ce matin a gagné 67 millions de dollars en quelques heures par de juteuses opérations et manipulations (légales, semble-t-il…) financières, à l’heure même où le nombre de pauvres aux Etats-Unis risque d’atteindre 40 % de la population (36 % en 2007). Un Bernard Tapie, qui a supprimé des milliers d’emplois, triché en affaires et en sport, etc. est aujourd’hui indemnisé de plusieurs centaines de millions d’euros par les contribuables français pour avoir « été roulé » par le Crédit Lyonnais, pourtant dans une logique tout à fait libérale…

 

Mais, de qui se moque-t-on ? La différence entre le sort réservé à l’une et aux autres est, non seulement choquante, mais immorale, profondément immorale !

 

La deuxième anecdote (italienne, cette fois) rapportée par « La Croix » est celle d’une ouvrière ghanéenne de 47 ans qui, après 17 ans d’ancienneté dans l’entreprise, en a été licenciée (en novembre) parce qu’elle… chantait ! L’argument de la gêne occasionnée à ses collègues de travail semble ne pas exactement tenir puisque, « vu son travail sur le fer battu, on ne pouvait pas l’entendre à plus d’un mètre. » Et puis, en quoi chanter est-il, surtout à l’usine, une « faute professionnelle » ? Triste société où l’on vend des baladeurs musicaux qui, parfois, servent à cacher la tristesse de ce monde-là qui oublie de chanter et où l’on vire celle qui pousse la chansonnette pour se donner du cœur à l’ouvrage… Je me souviens pourtant d’une expression que j’ai entendue mille fois jadis et qui disait qu’un peuple heureux est un peuple qui chante : est-ce donc aussi condamné dans nos démocraties consuméristes et ennuyeuses, sans âme et sans mémoire autre que conflictuelle ? Rossignol, où pourras-tu, demain, trouver refuge ?

 

En tout cas, quand elle en est à ce point inéquitable et injuste, liberticide et sans coeur, parce que profitant trop aux puissants de l’heure, aux nouveaux féodaux de l’Argent, parce qu’écrasant les petits et les faibles tout en clamant ses « grands principes », parce qu’étouffant les voix discordantes et, parfois, les voix tout court, une société se condamne elle-même, après le déshonneur, à la ruine morale et s’expose à la contestation de ses principes, fussent-ils ceux d’une démocratie…

 

Au-delà de ces deux anecdotes, il en est de nombreuses aussi du même genre dans notre pays : ainsi, la crise que notre société vit aujourd’hui, n’est pas qu’une simple crise économique, sociale ou politique, c’est aussi une « crise de la civilisation ».

 

Un royaliste social, aujourd’hui comme hier, a le devoir de dénoncer les absurdités de cette « dissociété » (selon le mot heureux et souvent imité du philosophe Marcel de Corte), de cette « décivilisation » qui oublie les personnes et les communautés et offre trop souvent le spectacle d’une immense tartufferie, politique comme spirituelle. Etre royaliste, c’est aussi, au-delà du combat pour l’instauration d’une nouvelle Monarchie française, mener le combat pour la civilisation, celle de l’histoire, des cités et des personnes contre l’anonymat, l’individualisme et l’égoïsme, contre ce règne des principes abstraits et des tromperies médiatiques, contre les injustices sociales et les féodalités méprisantes. Les colères de Bernanos, aussi violentes soient-elles, nous rappellent à notre devoir de polémique et d’insurrection quand l’essentiel est en jeu !

18.01.2009

La République impuissante face aux Fouquet.

Le président Sarkozy, cette semaine, a demandé aux banques et aux entreprises automobiles qui viennent d’être renflouées par l’Etat, c’est-à-dire par les contribuables français, de ne pas distribuer de dividendes significatifs cette année à leurs actionnaires et de maintenir les emplois dans notre pays ; il a aussi exigé que les patrons des grandes entreprises renoncent à leurs parachutes dorés, exigence qu’il avait déjà formulée il y a quelques mois et qui était, évidemment, restée lettre morte, faute de contrainte législative ou exécutive.

Ces déclarations présidentielles sont-elles autre chose que des vœux pieux ? En effet, quels sont les moyens, dans une République soumise aux jeux de clientèle et d’influence, de faire plier des financiers et des hommes d’affaires, des grands patrons et des actionnaires, dont les principales valeurs sont seulement celles de leur portefeuille et pour qui « la fin justifie les moyens », quels qu’ils soient ? D’ailleurs, le grand argument des adversaires de l’intervention de l’Etat dans les affaires, c’est celui d’une possible fuite des capitaux et des sièges sociaux d’entreprise vers des pays plus accueillants et moins regardants sur la provenance des fonds et des méthodes : chantage insupportable mais révélateur, non des dérives mais de la nature même d’un capitalisme qui place la liberté d’échange et de circulation (des capitaux autant que des hommes) au-dessus de la simple justice sociale et des devoirs de solidarité…

En entendant certains néolibéraux moquer l’Etat et le protectionnisme (dénoncé comme le mal absolu par un journal comme « Le Monde » ces jours derniers), on comprend mieux a contrario la colère qui monte et ce sentiment d’impuissance qui nourrit le ressentiment chez nos compatriotes, les moins aisés comme ceux des classes moyennes de plus en plus fragilisées, et on peut légitimement s’inquiéter que l’aveuglement et l’égoïsme des oligarchies financières et économiques mènent à des éclats de fureur des populations trop longtemps flouées et dépossédées de leurs pouvoirs concrets. Nos dirigeants, eux, le comprennent-ils vraiment ? Sans doute les propos de M. Sarkozy démontrent-ils une certaine perception du sentiment flottant dans les différentes couches de la société et la volonté de désamorcer les explosions possibles mais il n’est pas certain que cela soit suffisant, faute d’une ligne politique ferme et d’une attitude d’Etat digne de ce nom de la part de la présidence française : les vacances brésiliennes ou l’attitude « décomplexée » (c’est-à-dire de compréhension, voire de connivence…) du président à l’égard de l’Argent contredisent le discours et affaiblissent sa crédibilité.

La Ière République avait vu le triomphe des financiers et des arrivistes de tout acabit, pour le pire plus certainement que pour le meilleur : la Vème, née de la volonté d’un homme d’Etat qui méprisait l’Argent et les compromissions, a, depuis longtemps, oublié les promesses de son baptême… C’est cet oubli qui risque de l’emporter elle-même: le consulat sarkoziste n’est pas une monarchie mais sa triste caricature, une monocratie nerveuse et arrogante. Face aux multiples Fouquet qui paradent dans les Champs de la République, il faudrait un Louis XIV, son sceptre et sa main (sa poigne, même…) de justice ; il faudrait surtout ce Pouvoir qui, n’ayant pas de clientèle à satisfaire ni de comptes à rendre aux féodaux politiciens, peut agir, libre, fort et droit, parfois rudement s’il le faut. S’il n’existe pas de « sceptre magique », la monarchie « libre et entière », active et sociale, aurait de belles cartes dans son jeu face aux seigneurs de l’Argent : quel dommage qu’elle soit si lointaine aujourd’hui, perdue dans les brumes de l’histoire et si faible encore dans l’Opinion qui, aujourd’hui, la méconnaît faute de l’avoir jamais connue en ces XXe et XXIe siècles. Lointaine, elle n’en reste pas moins nécessaire et le royalisme politique et social se doit d’en assumer la régence sur le front des idées, des propositions et des actions…

 

04.11.2008

Renault.

Renault n’a pas besoin de la France, désormais, pour exister puisque, effectivement, sa clientèle française est forcément limitée au regard du monde actuel, et ce n’est pas, en fait, quelque chose de nouveau. Bien sûr, cela est une bonne affaire que Renault ne se limite pas au marché français, et il en a toujours été ainsi dans un monde d’échanges et de commerce. Ce n’est pas cela que je remets en cause mais le fait que, désormais, nos entreprises automobiles pratiquent des délocalisations spéculatives et pas seulement des délocalisations pour vendre sur le marché du pays dans lequel l’entreprise fabrique, celles-ci n’étant pas forcément choquantes en elles-mêmes, puisqu’elles rapprochent la production de la consommation, ce qui, argument écologiste entre autre, limite les déplacements et les rejets de gaz à effet de serre : « économie de proximité » qu’il s’agit de généraliser autant que faire se peut…

Ce qui est choquant, dans le cas des délocalisation spéculatives (une des formes les plus détestables de la mondialisation des productions et des échanges), d’une part, c’est de fabriquer ailleurs ce que l’on peut produire ici, même si le coût en est plus élevé du fait des salaires : mais faut-il se plaindre que les ouvriers français soient mieux payés et considérés qu’en Chine, par exemple ? Ne faut-il pas, par ailleurs, plaindre les ouvriers des pays émergents considérés comme du bétail humain, véritable honte planétaire ?

D’autre part, ce qui me gêne aussi, c’est que les entreprises automobiles françaises vendent des voitures « françaises » fabriquées loin d’ici, aux dépens des lois sociales que notre pays, lui, garantit sur son territoire, tout en continuant à jouer sur la réputation de qualité acquise par ces mêmes marques lorsqu’elles produisaient en France : il y a là une forme de malhonnêteté qui, pour être discrète, n’en est pas moins réelle…

De plus, Renault, désormais transnationale, si elle permet à la France de toucher quelques dividendes et recettes fiscales, ne remplit plus le rôle que l’on pourrait attendre d’une entreprise française, celui de fournir du travail sur le territoire de son siège social et, donc, de participer au maintien d’un niveau de vie acceptable pour de nombreux compatriotes : fermer des usines est, dans ce contexte, un mauvais signe, sachant que, en France, la voiture, à tort ou à raison, reste un élément important de la vie sociale de nos concitoyens.

Le problème est que, comme toute entreprise cotée en Bourse, Renault doit satisfaire des actionnaires pour qui la dimension sociale d’une entreprise ne compte pas : seuls comptent les intérêts financiers, et cela quels que soient les moyens mis en œuvre pour les obtenir. Triste, et loin de l’idée d’une économie au service de tous les hommes

D’ailleurs, cette politique d’entreprise à court terme peut être, à plus ou moins longue échéance, néfaste pour l’avenir même de celle-ci : c’est ainsi que les entreprises automobiles françaises ont laissé échapper quelques unes des inventions faites par des ingénieurs français, inventions qui s’inscrivent pourtant dans la logique de l’épuisement des ressources pétrolières et dans celle d’un plus grand respect de l’environnement, et qui ont été récupérées (rachetées) par des entreprises étrangères comme Tata, en Inde…

Faudra-t-il que l’Etat « nationalise » Renault pour empêcher la délocalisation complète et définitive de cette entreprise ? Je ne le pense pas, a priori. Mais sans doute faut-il que l’Etat, par les moyens qui lui sont propres, favorise le maintien des emplois sur le territoire national, pour des raisons qui ne sont pas qu’industrielles. Sans doute faut-il aussi une certaine « révolution des esprits » pour cesser de considérer que c’est en faisant de plus gros bénéfices que l’on pèse le plus sur la scène économique mondiale et que c’est, ainsi, l’Argent qui mène le monde : j’avoue que cette « révolution » n’est pas forcément la plus proche mais , là encore, effectivement, il faut penser que ce que nous faisons aujourd’hui, ce pour quoi nous nous battons (et la justice sociale nécessite d’autant plus d’ardeur qu’elle n’est pas incarnée au sommet de la société ni de l’Etat en notre République actuelle…), profitera « à ceux d’après ». Inscrire ainsi son action dans le long terme, et cela passe aussi, pour mon compte, par l’incarnation du long terme par l’Etat royal, « multigénérationnel » par le biais de la transmission héréditaire de la magistrature suprême de l’Etat en France. Je ne suis pas royaliste par hasard…

26.10.2008

Crise et questionnement...

Doit-on continuer à écrire sur la crise ? Bien sûr, mais cela ne sera pas suffisant pour la faire reculer et il n’est pas sûr que, d’ailleurs, cette crise soit totalement une mauvaise chose : au-delà de ses aspects économiques et du transfert de richesses qu’elle révèle et accélère (cf. mes notes précédentes sur ce thème), elle doit aussi être l’occasion de poser la question de la civilisation industrielle et consumériste dans laquelle nous vivons et de ses fondements, de ses conséquences et de ses dérives, et de ses oublis de ce qui fonde, d’ordinaire, une civilisation humaine historique, fondatrice et non seulement consommatrice… Si cette crise pose la grande question de la Civilisation, elle aura rempli utilement son rôle de transition, dans toutes ses dimensions. Nous en sommes loin, malgré les ébranlements de quelques préjugés qu’il serait bon de mettre complètement à bas !

L’actuelle crise remet en cause le système du capitalisme financier (qui n’est pas « tout » le capitalisme, précisons-le bien) et de la « main invisible » d’un Marché qui se régulerait par lui-même : en somme, c’est la fin de « l’illusion libérale », le terme « libéral » étant ici compris dans son acception idéologique économique plus que celle, politique, pour laquelle je serai moins sévère.

Mais la moralisation du capitalisme que certains évoquent avec gravité est-elle en cours ? Au regard de l’attitude actuelle des traders et de certains grands patrons, sans oublier quelques idéologues libéraux (il suffit d’écouter la radio BFM ou de lire « le cri du contribuable »…), il y a encore du chemin à faire ! Le mépris avec lequel ces gens parlent d’un Etat qui est accusé d’aider les pauvres « qui n’ont et n’auront pas les moyens de rembourser » (ce qui apparaît ainsi comme une tare absolue alors même que quelques traders ont disposé de l’argent des banques pour faire leurs affaires, sans d’autre risque, en cas de souci, que de perdre leur emploi mais pas leurs « indemnités »…) est consternant et prouve à l’envi qu’ils ont perdu tout sens moral et tout esprit de partage, pourtant nécessaires dans une société équilibrée.

Je doute, comme le faisait déjà René de La Tour du Pin en son temps, de la possibilité « en régime libéral, d’obtenir de la seule bonne volonté patronale la suppression des abus concernant, par exemple, l’emploi de la main d’œuvre ». Il est vrai que, lorsque l’on voit l’attitude des dirigeants de Renault, plus soucieux de préserver les intérêts des actionnaires que les emplois en France, ou des responsables d’Adidas qui ferment leurs usines en Chine, parce que les salaires (pourtant encore fort bas…) y seraient « trop hauts » (sic !) et qu’il vaut mieux maintenant produire au Vietnam où les conditions salariales sont « moins coûteuses pour l’entreprise », il y a de quoi se fâcher et s’inquiéter de l’égoïsme délirant de ces hommes d’argent : que l’on ne s’étonne pas de « la colère des humbles », dans ces conditions ! Si elle peut être violente et même meurtrière, absurde, elle a quelques raisons et, j’ose le dire, quelque légitimité.

Le rôle du Politique, en France à travers l’Etat et les forces politiques, est de rappeler à l’ordre les dirigeants économiques qui oublieraient que, comme le clamait le pape Jean-Paul II, « l’économie doit être au service des hommes et non l’inverse ».

09.10.2008

La crise, transfert de richesses vers l'Asie.

La crise financière continue à se développer sans que l’on sache combien de temps elle va durer et quelles en seront toutes les conséquences. La dégringolade des places boursières donne l’impression d’une vaste panique incontrôlée et d’une perte de confiance généralisée dans le système financier mondial. Mais, au-delà des évènements, il me semble important de chercher à comprendre ce qui se passe, condition indispensable à toute stratégie économique crédible et à toute réponse politique.

En fait, il n’est pas inutile de se rappeler que le terme même de crise est la traduction française du mot grec « krisis » qui signifie « séparation » : c’est bien de cela dont il s’agit, une séparation entre un avant et un après, une forme de transition en somme entre deux situations, deux réalités, deux mondes.

Ainsi, nous assistons au « passage de témoin » de la puissance financière et économique, des pays du Nord (Etats-Unis, pays européens, principalement) à certaines nations d’Asie, en particulier l’Inde et la Chine, ce que soulignent quelques (rares) articles qui évitent de tomber dans le piège d’une lecture simpliste et seulement idéologique, pas toujours suffisante pour comprendre la situation présente : si crise du capitalisme il y a, cela ne signifie pas la fin de celui-ci mais son transfert dans de nouveaux espaces dominants, dans de nouvelles zones de réalisation et d’expansion. Le centre du monde se déplace vers l’Asie et, comme tout déracinement de ce que l’on a cru éternel et inexpugnable, cela se fait dans de grands craquements et dans la poussière soulevée par ces grands arbres qui s’abattent sur un sol devenu aride… L’argent est désormais ailleurs que dans nos pays qui, en caricaturant un peu, se contentent juste de consommer des produits fabriqués en Asie, serrant par là-même la corde autour du cou de nos économies.

La question posée dans « Le Monde 2 » dans son édition du samedi 4 octobre : « Au décours de cette crise, les actuels maîtres du monde seront-ils toujours ceux de demain ? » trouve ainsi sa réponse dans un autre article du « Monde » du même jour : « La crise renforcera l’Asie », article de l’économiste Jean-Raphaël Chaponniere qu’il conviendrait de découper et de conserver dans son portefeuille, non comme un talisman mais comme un avertissement, et qui confirme mes prévisions déjà anciennes.

Ainsi, est-il expliqué que « la crise financière, la plus grave depuis 1929, accélérera le glissement du centre du monde vers l’Asie », glissement commencé depuis les années 80-90 et freiné par la crise de 1997. « Cependant, tous les pays asiatiques ont tiré les leçons de la crise de 1997 et ont accumulé des réserves pour se protéger. Investis en bons du Trésor américain, elles ont permis aux Etats-Unis de maintenir des taux d’intérêt bas et aux ménages américains de s’endetter davantage. L’Asie a ainsi profité de la boulimie de consommation aux Etats-Unis. Ces excès ont conduit à la crise. (…)

Depuis l’été 2007, les Etats-Unis souffrent de la grippe des subprimes et, si les marchés asiatiques ont souffert, les économies réelles ont été épargnées. En 2009, elles seront bien sûr affectées par la récession qui s’annonce. Pour autant, elles connaîtront un rythme de croissance supérieur à celui des économies américaines, européennes et japonaises.

(…) L’attention portée aux échanges occulte l’essentiel : la croissance asiatique repose bien davantage sur la demande domestique. L’investissement et la consommation sont les principaux ressorts de ces pays. Ils ne seront affectés qu’à la marge par la crise. (…)

Les Etats et les ménages asiatiques qui en ont les moyens financiers continueront d’investir et de consommer. S’ils ont pâti de la crise financière, les fonds souverains asiatiques vont quant à eux probablement saisir cette opportunité pour acquérir des actifs aux Etats-Unis et en Europe.

(…) En accélérant le basculement vers l’Asie, la crise actuelle accouchera d’un monde multipolaire. ».

Comprendre ce transfert de richesses et de puissance économique, c’est en prévenir aussi les conséquences et en amortir le choc : le capitalisme libéral, s’il se retire de nos terres pour aller fleurir ailleurs, pourrait bien laisser la place à de nouvelles formes, traditionnelles ou inédites, d’économie et de société, mieux orientées vers le partage et la sobriété. Pour en finir, non pas avec l’Argent, mais avec son règne indécent et cruel…

 

11.08.2008

Seigneur Argent...

Une information entendue sur France-Info ce ouiquende, coincée entre deux reportages sur les Jeux olympiques et quelques brèves allusions au conflit armé entre la Russie et la Géorgie : à Meaux, le Secours populaire n’a pas recueilli assez d’argent cette année pour emmener à la mer 120 enfants privés de vacances. Du coup, seulement 80 enfants (2 bus) auront droit à cette journée de détente, et il faudra, pour l’association, faire une sélection, évidemment cruelle. Combien manque-t-il pour en emmener 40 de plus ? 1.200 euros…

Cela peut paraître dérisoire et, effectivement, ça l’est, en particulier au regard des salaires astronomiques de certains grands patrons hexagonaux ou des joueurs célèbres de balle au pied, ou encore en comparaison des millions d’euros gagnés dans une procédure douteuse par M. Tapie. On pourrait espérer un geste de charité et de partage de la part de quelques uns de ces concitoyens fortunés : on pourrait…

Malheureusement, l’heure semble plus à l’étalage de richesses qu’à leur charitable ou solidaire utilisation, comme le souligne (dans un entretien riche, sans jeu de mots, bien sûr) Régis Debray dans « La Croix » (8 août 2008), qui analyse la place de l’argent dans notre société contemporaine : « L’argent, jusqu’à une période récente, était un moyen. Il est maintenant une fin en soi. Le serviteur est devenu maître. (…)

Pour la première fois dans l’histoire de notre civilisation, l’homme exemplaire n’est plus un homme désintéressé. Le chevalier du Moyen âge, le gentleman du XIXe siècle, le curé de paroisse à la Bernanos ou le militant politique… Depuis l’effacement de ces figures d’exemplarité, la notoriété s’est totalement indexée sur le niveau de richesse. Non pas l’industriel mais le communiquant qui fait de l’argent sur le Net. L’échelle des revenus est devenue l’échelle des valeurs. (…)

L’argent a perdu de sa pudeur, il est devenu l’arbitre des élégances, des libertés et des utilités sociales. J’y vois le signe d’une société qui marche sur la tête. (…)

Ce qu’a de terrible l’américanisation de l’Europe en général et de la France en particulier, c’est que nous importons le billet vert, le culte du fiduciaire sans la foi en Dieu, le matérialisme sans le spirituel. On assiste de ce fait à la dislocation du corps social, à l’élargissement du fossé entre riches et pauvres, à la lutte de chaque catégorie sociale pour le maintien de ses privilèges, (…), le refus d’une subordination des intérêts particuliers à un bien public. »

Cela peut permettre de comprendre l’attitude d’un Tapie qui plastronne désormais dans les médias avec une indécence théâtrale en clamant partout que « justice est faite » et que, dans sa carrière, il a rapporté plus aux contribuables qu’il ne leur en a coûté, ce qui reste à démontrer, semble-t-il… Pas un mot sur les problèmes sociaux dans ses déclarations, mais juste l’évocation de son hôtel particulier… : on aurait pu attendre mieux d’un ancien ministre chargé de la Ville ! Question de pudeur et de sens politique du devoir, mais que ce radical-socialiste ne connaît visiblement pas.

Pendant ce temps, environ 42 % des Français, en particulier dans les milieux ouvriers et employés, ne partent pas en vacances : parmi eux, de nombreux enfants des quartiers, condamnés à ne pas voir la mer cet été…

Puisque, visiblement, on ne peut plus rien attendre de l’attitude individuelle de certains fortunés, faudra-t-il recourir à d’autres moyens, fiscaux par exemple, comme celle d’une taxe renforcée sur les hors-bord ou les yachts qui croisent près de nos côtes ou accostent dans nos ports ? Je n’aime guère les taxes supplémentaires mais, au regard des revenus des personnes concernées et des situations de pauvreté d’autres concitoyens, cela ne me semble pas vraiment choquant : les quelques millions d’euros ainsi récoltés ne seraient pas de trop et, redistribués aux associations caritatives, pourraient permettre quelques bonheurs enfantins supplémentaires, pour les jeunes de Meaux comme d’ailleurs…