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09/01/2022

Retarder l'âge de la retraite est socialement injuste.

 

Il est de grandes questions que les programmes électoraux des candidats à la présidentielle abordent sans susciter de grandes réactions, comme si une forme de consensus les entourait et que les réponses apportées par les uns ou les autres se rejoignaient peu ou prou, ce qui n’est, à bien y regarder, pas exactement le cas. Ainsi en va-t-il de la question des retraites : la plupart des candidats en lice évoquent un allongement de la vie au travail et un recul de l’âge minimal du départ en retraite, comme la seule solution globale aux perspectives démographiques et sociales futures. La Droite évoque, en général, 65 ans quand M. Macron, « pas encore candidat » (sic !), parle de 64 ans et que son ancien commis Édouard Philippe avance… 67 ans, ce qui est, en fait, la préconisation de la Commission européenne depuis 2011 pour les pays de la zone euro. Les médias ne présentent guère ce débat, car il peut y avoir discussion (ce qui me semble légitime), et se contentent d’agiter les candidats comme des épouvantails, participant plus sûrement à l’hystérisation de l’affrontement présidentiel qu’à une mise en perspective d’un combat sur les idées et les programmes. Du coup, les « retraites » sont trop souvent purement et simplement oubliées des commentaires politiques. Seuls les partisans du retour de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans, comme M. Mélenchon et Mme Le Pen, tentent de faire entendre un point de vue moins « libéral » sur ce sujet…

 

C’est pourtant une question d’importance et qui, inévitablement et une fois les élections (présidentielle et législatives) passées, reviendra, sans doute dès l’été ou l’automne 2022, et les élus du printemps insisteront sur le fait qu’ils ont été désignés par le suffrage, aussi, sur cette promesse d’un report de l’âge légal du départ à la retraite, et cela même si je doute que l’électeur qui glissera un bulletin dans l’urne dans moins de trois mois pensera alors prioritairement à cet aspect des candidatures en concurrence…

 

De par mon royalisme impénitent et cela même si je ne m’engage pas derrière une bannière présidentielle, non par désintérêt mais par logique politique qui me conduit à proposer, directement, la Monarchie royale plutôt qu’à brandir le nom de l’un ou de l’autre ; de par ma préoccupation de justice sociale qui n’est pas une simple formule (d’ailleurs initiée par le roi Louis XVI en 1784), mais une volonté politique et pratique ; de par mon attention prêtée à ceux qui, courtisés le temps d’une saison électorale, sont ensuite renvoyés à leur « impuissance sociale » : de par tout cela, je ne peux que m’élever contre la tentation du « toujours plus long au travail, toujours plus tard au repos » quand, dans le même temps, l’hebdomadaire Marianne de cette semaine m’apprend que, « selon l’Insee, un quart des plus pauvres sont morts avant d’arriver à l’âge officiel de départ à la retraite, actuellement fixé à 62 ans ». Le chiffre fait froid dans le dos, surtout quand on sait que ce sont les mêmes qui ont connu les conditions de travail les moins faciles, en usine ou sur les chantiers entre autres. Ainsi, les catégories les moins favorisées sont victimes d’une double injustice, et le reconnaître n’est pas céder à la démagogie mais faire acte de mesure et de compassion avant que de se poser la question même d’une pratique raisonnable et nécessaire de la justice sociale. De plus, la question des retraites ne peut pas être traitée de façon égalitaire, mais bien plutôt de façon équitable et socio-professionnelle, voire « corporative » : vouloir les mêmes conditions et limites d’âge pour accéder à la retraite, c’est forcément méconnaître tout ce qui fait, hors conditions individuelles propres (état général de santé, entre autres), les facilités ou les difficultés de tel ou tel métier et de telle ou telle responsabilité en son sein. Ainsi, un professeur (et même s’il faudrait distinguer entre les établissements pour être bien complet) n’aura pas les mêmes contraintes physiques que les travailleurs du « dehors » et son espérance de vie moyenne est naturellement plus élevée (entre sept et treize ans selon les cas et les études sur ce sujet) que celle de l’ouvrier d’usine soumis chaque jour à des travaux physiques répétitifs ou à celui des chantiers qui, par tous les temps, travaille à construire ou à réparer… Il est d’ailleurs une donnée, trop peu évoquée, qu’il faudrait prendre en compte dans la réflexion générale sur l’âge minimal du départ à la retraite : l’espérance de vie sans incapacité (c’est-à-dire en bonne santé) qui, là aussi, varie très fortement d’une profession à l’autre.

 

J’ai connu des ouvriers des usines automobiles de la Janais, à Rennes, qui souffraient dès l’âge de quarante ans de maladies et de déformations squeletto-musculaires liées à leur travail quand des maçons, eux, étaient courbés dès cinquante-cinq ans comme des vieillards de quatre-vingt. Pour eux, une retraite à 65 ans a-t-elle encore du sens, sinon de n’être que quelques années de repos sans le bien-être physique ? Ceux qui parlent de reculer l’âge de départ à la retraite connaissent-ils vraiment ces travailleurs discrets qui, le plus souvent, ne manifestent que lorsque leur usine est menacée de fermeture parce que l’entreprise a délocalisé la production dans un pays à la main-d’œuvre « moins coûteuse » (sic…) ? Il est facile, derrière un bureau d’études ou d’un ministère, de jouer avec le curseur annuel : est-ce cela, pour autant, la justice sociale ? J’en doute !

 

Dans notre société, se creusent des inégalités qui, en devenant démesurées, peuvent être de véritables injustices. La crise sanitaire actuelle a aggravé celles-ci dans une sorte de « crise des ciseaux » qui éloignent un peu plus les plus aisés des moins favorisés : déjà, au regard des réalités socio-démographiques, elles paraissent alors de plus en plus marquées, comme le signale encore Marianne : « Pour les plus riches, la barrière fatale est plutôt à 80 ans, ce qui leur assure dix-huit ans de rab, en attendant la réforme promise par Macron, qui leur permettrait de creuser encore l’écart. » Pourquoi cette perspective ? Simplement, parce que, comme le fait remarquer le journaliste en évoquant la situation et la mortalité des plus pauvres qui ouvraient l’article, « pour certains, travailler plus longtemps, c’est mourir plus tôt ». S’il ne s’agit pas de jalouser les plus riches, il paraît nécessaire de permettre aux moins aisés d’atteindre, autant que faire se peut, un âge avancé dans la meilleure santé possible : c’est aussi cela, la justice sociale !

 

 

23/04/2020

Respecter la dignité des anciens.

Le sort des anciens durant cette période compliquée est un motif d’inquiétude mais aussi de colère : dans nombre de cas, le confinement est devenu double enfermement, à la fois physique et social, et notre société individualiste a montré toutes les limites de ses principes… Dans les Maisons de retraite, les pensionnaires de grand âge ont été soumis à une véritable punition, avec l’alibi de la santé et de la sécurité : les exposer, c’était les tuer, en raison, justement, de leur fragilité liée à l’âge, et il a été décidé de fermer ces Maisons, mais de les fermer sur elles-mêmes, avec l’interdiction pour les enfants des pensionnaires de venir les visiter. Mais une fois entré dans ces lieux pourtant confinés, le virus, lui, a tué, abondamment, cruellement, anonymement. Certaines de ces Maisons, déjà bien tristes en temps normal (mais très coûteuses sans que l’on comprenne toujours pourquoi au regard des prestations et des repas servis en leur sein…), sont devenus de véritables mouroirs dans lesquels les dernières visites des familles et les secours de la religion, pour les croyants, étaient interdits. L’humanité a été oubliée, et notre société a détourné les yeux de ces drames silencieux, de ces larmes versées loin des caméras, de ces vieux cœurs brisés de chagrin de devoir disparaître sans le dernier regard aperçu des êtres aimés. Solitude finale de vies livrées à la Grande Faucheuse dans le désamour et l’abandon…

 

Il faudra un jour faire le bilan de ce désintérêt, et mander quelques uns des responsables de ces Maisons tristes devant le tribunal de la dignité humaine, sans oublier de dénoncer un système qui fait de la vieillesse une rente pour quelques sociétés et actionnaires dépourvus de cette humanité pourtant nécessaire à toute société pour espérer survivre en bonne harmonie. Mais il faudra aussi interroger cette société-là, qu’il faut plutôt nommer « dissociété » comme l’avait déjà évoqué, il y a plus de 50 ans le philosophe Marcel de Corte, et ses fondements individualistes issus de ce libéralisme anglosaxon déjà ancien qui avait trouvé en Margaret Thatcher sa meilleure interprète quand elle affirmait que « la société n’existe pas », prouvant aussi par là-même que la société de consommation n’en est effectivement pas une au sens humain et social du terme, mais plutôt un « assemblage d’individus se côtoyant » et, plus exactement, de consommateurs, ravalant la personne à un simple tube digestif : est-ce si loin que cela du matérialisme marxiste ?

 

Rendre aux anciens la dignité de personnes aimées et considérées, non de façon purement utilitariste ou financière mais de façon proprement humaine et conviviale, devra être l’une des missions des générations contemporaines et prochaines. Et commençons dès maintenant en réclamant que les Maisons de retraite se conforment aux règles simples de la charité et de l’entraide, du service des anciens et de leur tranquillité pour une vie digne, même en ses derniers printemps… Je sais que certaines de ces Maisons et nombre de leurs personnels respectent cette dignité des anciens, mais elles ne sont pas, malheureusement, les plus nombreuses comme j’ai pu le constater par moi-même et à travers les témoignages de certains de mes collègues confrontés à l’épreuve du placement de leurs proches âgés dans ces structures. Il faudra bien, le temps du confinement fini, que l’Etat se saisisse de cette question, dans son rôle de protecteur et de Grand justicier qu’il se doit d’assumer. S’il ne le fait pas, ou trop peu, cela nous engagera à le dénoncer et, éventuellement, à le remplacer par un Etat digne de ce nom et de sa fonction sociale…

 

 

03/01/2020

L'imagination au pouvoir ? Partie 1 : La retraite à 50 ans ?

Mai 68 avait inscrit sur les murs qu’il fallait mettre « l’imagination au pouvoir », et les royalistes de l’époque l’avaient traduit en « oser imaginer autre chose que ce qui existe », en somme imaginer un nouveau régime, autre que la République consumériste de l’époque, qualifiée plus tard de « Trente glorieuses » par Jean Fourastié et traitée de « Trente hideuses » par Pierre Debray. Mais la formule allait plus loin et, au-delà de la condamnation d’une société matérialiste et froidement « réaliste », de ce réalisme que dénonçait avec force et colère Georges Bernanos, les monarchistes, comme les gauchistes ou les hippies, voulaient « un autre monde » : « pure utopie ! », disaient certains qui continuent à le clamer, à l’abri dans le confort intellectuel de la démocratie obligatoire et forcément représentative, et l’article de Stéphane Madaule, professeur de grandes écoles, dans La Croix datée du lundi 30 décembre 2019, a tout pour les amuser ou agacer, selon leur humeur ou leur tempérament…

 

Sous le titre « Je rêvais d’un autre monde », l’auteur avance quelques propositions qui peuvent surprendre, c’est le moins que l’on puisse dire, mais qui me semblent avoir le mérite d’ouvrir au moins quelques pistes pour la réflexion ou la stimulation de celle-ci, et que le vieux royaliste que je suis peut entendre et, éventuellement, apprécier.

 

Ainsi, sur le partage du travail, Stéphane Madaule propose, en s’appuyant sur la robotisation croissante de notre société et des moyens de production (« Les robots nous remplaceront de plus en plus, surtout pour les tâches répétitives, et c’est une bonne nouvelle »), une mesure qui ferait sûrement bondir l’actuel Premier ministre et ses séides : « Pourquoi continuer à s’astreindre à travailler de plus en plus longtemps et bénéficier finalement d’une retraite au rabais en fin de vie, au moment où la santé commence à vaciller ? Pourquoi ne pas envisager de s’arrêter de travailler à 50 ans, pour mieux partager le travail, ce qui permettrait au passage de lutter contre les inégalités ? ». Une remarque, au passage : la robotisation, que M. Madaule semble privilégier pour la production des biens matériels, a effectivement souvent été évoquée comme le moyen privilégié de « libérer du temps pour l’homme », mais (et Bernanos le royaliste côtoie le républicain Michelet dans cette méfiance à l’égard de la Machine) le capitalisme, dans son exercice industriel, l’a récupérée à son bénéfice, y voyant le moyen d’une plus grande production comme d’une meilleure productivité, au risque d’esclavagiser un peu plus les ouvriers (comme l’a cinématographiquement démontré Charlie Chaplin dans « Les temps modernes »), et il n’est pas sûr que l’actuel mouvement d’automatisation, non plus seulement dans les usines, mais aussi dans les activités d’échanges et de distribution, ne laisse pas sur le carreau nombre de personnes à moindre qualification, désormais considérées comme « inutiles ». Le cas des caisses automatiques remplaçant de plus en plus les personnels humains avant que de faire totalement disparaître la fonction de caissière sans, pour autant, proposer d’autres fonctions aux personnes ainsi remplacées et, la plupart des cas, condamnant celles-ci au licenciement ou à la précarité, doit nous inciter à une légitime prudence ! N’étant pas « propriétaire de leur métier », les personnels de la Grande Distribution deviennent de plus en plus la variable d’ajustement de celle-ci, et la robotisation, ici comme ailleurs, apparaît bien comme un véritable « faux ami » tant que les machines restent la propriété exclusive du Groupe qui les emploient.

 

La proposition d’une « copropriété » entre les salariés et les dirigeants de l’entreprise serait un moyen d’éviter une telle fragilisation des personnels, ici du Commerce, mais ailleurs de l’Usine. Il me semble que cela pourrait se faire dans une économie de « cogestion productive et distributive », mais que le système capitaliste actuel, libéral et individualiste, fondé sur l’Argent plus que sur le Travail ou la Fonction, empêche une telle possibilité qui, pourtant, aurait aussi l’immense mérite d’éviter, au moins en partie, la spéculation et la malfaçon. Autre problème, à ne pas négliger : la mondialisation, forme privilégiée du capitalisme individualiste contemporain, ne constitue-t-elle pas un véritable contournement des règles nationales ou locales qui pourraient impulser ou voudraient garantir une telle « copropriété » dans l’économie ? C’est là que l’on peut comprendre le mieux le rôle majeur de l’Etat qui doit tenir sa place de protecteur des nationaux et des intérêts de ceux-ci, en particulier des travailleurs et des catégories sociales réellement productives et laborieuses : or, la République contemporaine, qui n’est plus exactement celle voulue (ou rêvée…) par le général de Gaulle (lecteur du corporatiste royaliste La Tour du Pin dont il essaya -en vain- d’appliquer quelques idées à travers la « participation » longuement défendue par lui-même en 1968-69, contre l’avis de son premier ministre Pompidou et du patronat), ne jure que par la Bourse et la Banque, la mondialisation et l’adaptation des Français à celle-ci, et s’effraye de la moindre velléité de protectionnisme ou de « corporatisme »… L’incarnation macronienne de cette République « mondialisée », malgré le renforcement de l’Etat (mais surtout à l’égard de sa propre population…), est très éloignée de cette « copropriété économique » qui, pourtant, pourrait motiver les énergies sociales françaises qui existent bien, mais qui sont trop négligées par les dirigeants actuels et, sans doute, trop craintes par les féodalités financières et économiques qui « se partagent » le champ français, voire qui le pillent à leur propre bénéfice !

 

Mais la proposition du professeur Madaule d’un « partage plus équilibré entre le travail et le temps libre » mérite l’attention, au-delà des considérations et des réserves que je viens de faire sur la robotisation qu’il vante un peu rapidement à mon goût. 50 ans comme âge de la retraite, évoque-t-il dans sa démarche intellectuelle, et cela peut surprendre à l’heure où il nous est chanté sur tous les tons qu’il faut travailler toujours plus longtemps, au moins jusqu’à 64 ans en attendant que cela soit, comme le veulent la Commission européenne et l’Allemagne, 67 ans, et, pourquoi pas, 69 ans comme le réclament déjà les banquiers allemands… En fait, il n’est pas inintéressant de poser ainsi cette question du partage du travail, même si l’on peut nuancer ou approfondir cette idée, bien sûr. D’abord parce que l’âge de départ à la retraite tel qu’il peut être ici proposé n’est pas, et ne doit pas être une obligation mais doit se voir comme une proposition qu’il s’agirait d’accueillir et d’organiser selon un cadre légal, et, pourquoi pas, « corporatif » au sens professionnel du terme. Ne serait-il pas utile de créer une sorte d’échelle de « pénibilité du travail », indexée aussi sur l’espérance de vie sans incapacité physique majeure (c’est-à-dire l’espérance de vie en bonne santé) et qui assurerait une meilleure reconnaissance des particularités de chaque métier ? Un régime universel des retraites n’a pas vraiment de sens dans une société aussi hétérogène que la nôtre, avec des métiers très différents et complémentaires dans le cadre de la vie économique et sociale, et l’égalitarisme technocratique est plus souvent créateur (ou mainteneur) d’injustices que d’autre chose ! Pourquoi vouloir appliquer, effectivement, les mêmes règles et le même système de points à des ouvriers du bâtiment et à des professeurs d’histoire, par exemple ?

 

D’autre part, le retrait à 50 ans d’une activité (ou d’une structure) professionnelle n’est pas, ne doit pas être une sorte de mort professionnelle comme on peut le constater aujourd’hui : est-il normal que, lorsqu’un professeur part à la retraite, il disparaisse des tablettes de l’Education nationale et que l’accès aux domaines et ressources informatiques officiels de celle-ci lui soit désormais interdit, comme s’il n’était déjà plus rien, même après quarante ans de bons et loyaux services ? N’y a-t-il pas un véritable champ d’expériences et de richesses à valoriser parmi ces personnels sortis des structures mais encore tout à fait aptes, pour beaucoup, à y tenir encore un rôle, ne serait-ce que de transmission et de formation des collègues nouvellement arrivés dans le métier ? Ne peuvent-ils être utiles dans l’encadrement de certaines classes, dans l’organisation de la vie des établissements et, pourquoi pas, dans l’aide aux élèves, pris individuellement ou en groupe ? Aujourd’hui, la retraite apparaît comme une sorte de « rejet » de celui qui s’en va, alors qu’il faudrait, pour ceux qui le souhaitent, maintenir un lien avec l’institution, surtout en un temps où les vocations manquent à l’appel ! Et ce qui est vrai et serait souhaitable pour l’enseignement l’est et le serait dans nombre de secteurs d’activité économique de notre pays. Après tout, ne serait-ce pas une bonne manière de « partager le travail » tout en accordant une plus grande liberté d’action et de pratique à ceux qui quittent leur poste professionnel ? En ce sens, l’âge de 50 ans, même s’il me semble personnellement (en tant que professeur d’histoire qui compte 57 printemps…) un peu précoce pour prendre sa retraite (mais aurai-je la même opinion si j’étais ouvrier du bâtiment, exposé tous les jours aux aléas de la météorologie ?), ne me semble pas absurde.

 

Se poserait néanmoins la question du financement, diront (avec raisons) certains. C’est aujourd’hui celle qui paraît la plus compliquée à résoudre et qui imposerait une véritable remise à plat du système tout entier, mais est-ce totalement impossible ? Je ne le crois pas, et ce ne sont pas les pistes de réflexion qui manquent en ce domaine, mais plutôt l’imagination et l’audace au pouvoir…

 

 

(à suivre)