29.04.2008

Travailleurs clandestins et éducation.

L’affaire des travailleurs clandestins qui demandent à être régularisés avec le soutien de leurs patrons est intéressante à plus d’un titre et montre également le cynisme d’un capitalisme sauvage qui revendique de faire les lois quand celles en place ne conviennent pas à ses intérêts.

 

Qu’il y ait des clandestins utilisés dans la restauration, le bâtiment ou l’agriculture n’est un secret pour personne, mais c’est surtout un scandale social : l’utilisation de ces travailleurs est le meilleur moyen qu’a trouvé un certain patronat pour ne pas augmenter les salaires comme le rappelle depuis déjà bon nombre d’années Jean-François Kahn. Ainsi, ces personnes qui sont rentrées illégalement sur notre territoire, souvent en espérant trouver « un avenir meilleur » que celui qui était le leur dans leur pays d’origine et intégrer une société de consommation dont les médias mondiaux se font les chantres, sont les jouets d’une « politique sociale » (ou, plus justement, « antisociale »…) qui les dépasse. Peut-on leur en vouloir d’espérer, parfois de façon illusoire ? Sans doute non, mais raisonner en termes seulement économiques est, en définitive, la pire des choses car elle fait de ce qui ne devrait être qu’un « moyen » une fin : ce renversement de perspective est le plus dangereux qui soit, autant sur le plan de la paix intérieure et extérieure que de l’environnement ou du social.

 

D’autre part, cette situation apparaît paradoxale au moment où une grande part de la population active est soit au chômage (environ 8 %), soit en emploi précaire, et qu’une partie des travailleurs de ce pays sont considérés comme « travailleurs pauvres » dont certains sont en situation de surendettement important ou de « mal-logement ». Mais il faut bien admettre que les travailleurs clandestins (qui appartiennent souvent aux catégories précitées) sont embauchés dans des secteurs peu attractifs ou aux conditions de travail pénibles, secteurs désertés par les Français « de souche » mais aussi par les « nouvelles populations françaises » qui s’entassent dans les « banlieues verticales » des métropoles et dont les plus jeunes refusent de faire ce que leurs aînés ont fait, dans une sorte de « révolte générationnelle » larvée mais bien réelle. J’ai pu aisément le constater lors de mes 9 années passées aux Mureaux où la plupart des élèves en difficulté du collège refusait toute orientation vers des filières professionnelles courtes et revendiquaient « le droit au lycée », c’est-à-dire « au bac », malgré des problèmes scolaires évidents ou des comportements peu compatibles avec l’apprentissage des connaissances… Ceux qui ont enseigné (ou enseignent encore) en ZEP comprendront aisément de quoi je parle.

 

Le drame est que l’éducation nationale, par ses blocages et ses préjugés, a largement participé à cette dévalorisation du travail manuel et n’a pas su jouer la carte de la pluralité des possibilités professionnelles, condamnant tous les jeunes, par sa logique de l’absurde et la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans, au même modèle scolaire survalorisant un bac qui, en définitive, est devenu un « droit » et une « obligation » sans véritable valeur autre que celle que l’éducation nationale et les lycéens qui le passent lui prêtent : en paraphrasant un ancien ministre gaulliste de la Cinquième République, « le bac n’engage que ceux qui y croient »… Il faudra bien sortir un jour de ce piège mortifère pour les jeunes comme pour notre société.

 

On comprend mieux ainsi pourquoi tout, dans notre belle République « néolibérale », se conjugue pour exploiter des travailleurs venus d’ailleurs sans, parfois, connaître ni nos mœurs, ni nos codes (y compris celui « du travail », de moins en moins crédible et respecté…), tandis que nos compatriotes et les immigrés venus légalement en France se retrouvent parfois dans des situations sociales délicates et peu favorables à l’épanouissement personnel.

 

Que faire ? Régulariser en masse les travailleurs clandestins serait une erreur car cela signifierait que les lois en vigueur et le « code du travail » comptent pour rien et qu’il suffit d’être « de bonne foi » et « utile économiquement » (aux yeux du patronat) pour avoir le droit de devenir travailleur français, voire, en un deuxième temps, citoyen français. Une régularisation exceptionnelle pour quelques uns de ces travailleurs est envisageable mais doit s’accompagner d’une véritable politique éducative pour permettre à ces personnes de trouver leur place, légalement désormais, dans notre société : il ne serait pas choquant de leur imposer des cours de langue et d’histoire françaises, par exemple, pour leur permettre de mieux comprendre leur pays d’accueil et d’emploi, ainsi que leurs droits sociaux…

 

Mais, en même temps, il faut revoir notre système éducatif et l’accès au monde professionnel pour rendre plus attractif, pour nos jeunes, des métiers aujourd’hui (et souvent à tort) mal considérés. Cela implique de changer l’esprit même de l’enseignement et ne pas négliger de l’ouvrir plus sur le monde du travail.

 

D’autre part, il faudra bien évoquer une revalorisation, y compris salariale, de ces professions aujourd’hui « en manque de bras » : il n’est pas normal d’avoir, dans notre pays, environ UN MILLION d’emplois non pourvus…

 

Dernière chose (pour l’instant, ce qui ne veut pas dire que je n’ai rien à ajouter…) : il serait temps de repenser un véritable aménagement du territoire qui permette de penser ensemble emploi, qualité de la vie et société de sobriété… Encore une de mes marottes, diront certains… Il me faudra en reparler…

 

26.04.2008

Méditerranée.

Le président français était en visite en principauté de Monaco vendredi, visite traditionnelle des présidents français depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale (à l’exception de M. Giscard d’Estaing) à ce petit Etat souverain voisin dont la monnaie est l’euro alors qu’il n’est pas membre de l’Union Européenne et dont l’actuel prince a fait son service militaire (me semble-t-il) sur la « Jeanne d’Arc », navire français, ce qui montre les liens forts (mais complexes) entre le Rocher et la France.

 

M. Sarkozy, sans doute encore « fatigué » de sa prestation télévisuelle de la veille, à moins que cela soit révélateur d’un certain état d’esprit, a  « oublié » de saluer le drapeau monégasque, ce qui revient à négliger de se lever au chant de « la Marseillaise » en France… Oubli qui a agacé le prince Albert II, qui est resté digne devant l’affront mais n’a pas manqué de rappeler discrètement le protocole à son invité…

 

En fait, le plus important était la réunion de travail sur les répercussions du réchauffement climatique, en particulier sur la Méditerranée, et les stratégies à mettre en place pour préserver la mer Méditerranée, pour éviter qu’elle ne devienne ce qu’est devenue la Baltique, c’est-à-dire une mer vide de poissons, envahie par les crabes géants, destructeurs de toutes les autres espèces, achevant ce que la surpêche a déjà fait, en quelques cinquante ans, comme le rappelait le photographe Yann Arthus-Bertrand à cette même réunion.

 

Le prince Albert II connaît bien les problèmes de l’environnement et il s’est lui-même rendu en Arctique, tout comme le prince Jean d’Orléans (Dauphin de la couronne de France), pour constater de visu les dégâts du réchauffement climatique sur les pôles. De plus, c’est Monaco qui, durant de longues années, a soutenu les travaux et les expéditions de la Calypso, le célèbre bateau du commandant Cousteau. Mais, malgré toute la bonne volonté du Prince, Monaco ne peut, tout seul, pas grand-chose : la France, elle, qui a trois façades maritimes et plusieurs centaines de kilomètres de littoral méditerranéen, a plus de poids et de possibilités ; encore faut-il « la volonté de dire et de faire », en ce domaine comme en d’autres. Monaco donne néanmoins l’exemple pour promouvoir une politique de sauvegarde de la Mer, et il ne serait pas inutile de s’en inspirer.

 

Quelles sont les urgences en Méditerranée ? La lutte contre les pollutions littorales, souvent liées à la surpopulation touristique des mois d’été mais aussi aux activités industrielles et portuaires ; la préservation des ressources halieutiques, en particulier le thon rouge, les raies et les requins, aujourd’hui en danger de disparition ; la mise en place de « trames bleues » qui permettent la reproduction et le développement des espèces de poissons dans de bonnes conditions, et en assurent le renouvellement pérenne ; etc.

 

En ce domaine de l’écologie intelligente, la France  doit jouer, plus qu’un rôle de simple acteur, un rôle de moteur, en s’inspirant de l’exemple monégasque : l’idée de « l’Union méditerranéenne », prônée par le président Sarkozy, et qui me semble une idée intéressante si elle est organisée et maniée intelligemment et pragmatiquement, pourrait aider concrètement à cette « gestion durable et soutenable » de cette mer Méditerranée, berceau principal des civilisations d’Europe et, en particulier, de notre France.

 

25.04.2008

Réduction de la vitesse maximale sur autoroute et économies.

La région Alsace, par la voix et la volonté de son président UMP Adrien Zeller, propose de réduire la vitesse maximale autorisée sur autoroute à 110 km/h, reprenant en cela une proposition faite par le fameux « Grenelle de l’environnement » jusque là peu valorisé dans la vie quotidienne des Français. Bien sûr, cela fait hurler un certain nombre d’automobilistes et de sociétés qui mettent en avant des arguments qui font fi de toute sécurité et, surtout, de toute conscience civique à l’heure où les matières énergétiques d’origine pétrolières sont considérées comme des vecteurs importants de pollution. Pourtant, et je l’ai déjà évoqué en d’autres notes, cela ne me semble pas, en soi, une mauvaise idée que cette limitation de la vitesse maximale. D’ailleurs, je n’ai pas attendu l’Etat ou une décision administrative pour prendre quelques mesures simples visant, d’une part à réduire ma consommation d’essence et d’autre part, conséquence logique, à maintenir mon pouvoir d’achat personnel.

 

Ainsi, j’évite les autoroutes pour aller de la région parisienne à Rennes, soit une économie, pour un aller-retour, de 50 euros de frais de péage ; la vitesse étant limitée à 90 km/h sur les routes nationales et départementales et à 110 sur quelques tronçons de quatre voies, j’ai calculé que j’économisais environ 2 à 3 litres sur un plein de 40 litres (par rapport à l’autoroute), soit, au prix actuel du litre de l’essence sp 95, une économie de 3 à 4,5 euros par plein, sachant qu’un plein me permet de faire l’aller-retour Versailles-Rennes… En somme, une économie d’environ 54 euros malgré une perte de temps d’environ deux heures et demi pour l’aller-retour : mais, me rendant en Bretagne durant les vacances, cela est-il vraiment dérangeant ? Personnellement, je ne le pense pas, préférant flâner et m’arrêter dans des petits villages pour prendre un café et discuter un peu (parfois coller une affiche monarchiste…) que foncer sur un ruban de goudron sans profiter des paysages : question de tempérament…

 

A partir de ce petit exemple personnel, cela montre qu’il est parfois possible d’éviter l’érosion du pouvoir d’achat par quelques choix simples et, par la même occasion, d’avoir un comportement plus respectueux de ce bien commun des personnes qu’est l’environnement.

 

Aussi, la démarche d’Adrien Zeller qui concerne toute une région frontalière, lieu de forts flux de circulation, aurait-elle un véritable impact sur les économies d’énergie générales et sur la qualité de l’air : comme le souligne « La Croix » dans son édition du mercredi 23 avril dernier, « une réduction de la vitesse sur autoroute de 10 km/h entraînerait une baisse de 300 000 tonnes de CO2 » par an et en France. Cela n’est pas négligeable, me semble-t-il… Mais, M. Zeller souligne que cette politique ne peut se concevoir que dans des régions déjà bien équipées ou soucieuses de s’équiper en transports ferroviaires régionaux et nationaux, en particulier rapides : en Alsace, par exemple, certains TER roulent à la vitesse particulièrement élevée de 200 km/h, ce qui est, évidemment, une offre attractive pour ceux qui doivent se rendre d’une ville à une autre, et qui ont ainsi la rapidité comme le confort et la sécurité.

 

La politique des transports en France doit prendre en compte les données actuelles d’un pétrole cher et qui se raréfie, mais aussi le souci environnemental et la qualité de vie : l’initiative du président du Conseil régional d’Alsace doit se généraliser et les Régions sont les mieux placées pour adapter les mesures aux conditions et aux traditions locales. Mais il est aussi bon et juste que l’Etat donne l’exemple et coordonne les initiatives régionales pour permettre une meilleure efficacité de cette politique énergétique qui ne peut plus oublier qu’elle se doit de respecter les générations présentes et à venir…

 

 

24.04.2008

Présidentialisation ou régence ?

La Constitution de la Vème République n’en finit plus d’être modifiée, triturée, et aujourd’hui « sarkozysée » : il n’y a plus une année sans Congrès à Versailles pour un nouvel arrangement constitutionnel, au point que l’esprit des institutions voulues par le général de Gaulle semble bien mal en point. Notre pays à la liberté retrouvée à l’époque gaullienne, dans une certaine tradition capétienne, est devenu une simple province touristique de cette « Europe » qui, elle non plus, n’est plus libre de ses mouvements, prisonnière de la politique états-unienne, pour le meilleur et pour le pire, dans le cadre de l’Otan, véritable bras armé de la diplomatie de Washington. Ce ne sont pas les piètres arguments de M. Hervé Morin, ministricule de la Défense, qui pourront me démentir, à l’heure où celui vante cette « alliance emprisonnante » tout en rechignant à faire construire un second porte-avions, cela au moment même où la Chine et d’autres pays, pourtant beaucoup plus « pacifistes », s’en procurent, et que nous n’avons plus AUCUN porte-avions sur les mers actuellement (le Charles-de-Gaulle est immobilisé à quai encore un an…). Comment peut-on alors peser sur une scène internationale de plus en plus mouvante et sur laquelle montrer sa force (sans avoir à s’en servir toujours, heureusement !) est le meilleur moyen d’être crédible et d’être, simplement, écouté ? En tout cas, les modifications constitutionnelles, nouvelle « habitude institutionnelle » comme on pourrait ironiser, vident la Vème de sa substance et, tout royaliste que je suis, je n’en suis pas satisfait car, dans l’époque actuelle, c’est affaiblir ce qui pouvait rester de « capétien » dans une Constitution que de Gaulle envisageait peut-être comme une forme de « régence », en attente d’une vraie Monarchie… Ainsi, la volonté du Président Sarkozy de se présenter pour promouvoir et défendre sa politique devant les parlementaires (ce qui aujourd’hui le rôle du premier ministre) ne me semble rien d’autre qu’une forme de présidentialisation qui, loin de rapprocher d’une logique monarchique traditionnelle française, rapproche d’une véritable formule « monocratique » de la République et qui, en même temps, risque, au contraire de ce qui est évoqué par ses partisans, de transformer le Parlement en simple chambre d’enregistrement bavarde et « spectaculaire »… Etant plutôt méfiant à l’égard de la Chambre des députés (vieux reste d’antiparlementarisme hérité de 1934 et de 1958 ?), je suis partisan d’une forme de bicaméralisme dans laquelle le Sénat serait une Chambre des provinces, des communes et des métiers, et la Chambre des députés, une assemblée représentative des grandes (mais aussi des petites, qui ont aussi des choses à dire, parfois fort intéressantes) mouvances politiques partisanes, chargée de débattre et de proposer plutôt que de décider pour tous les aspects de la vie du pays, souvent en n’étant d’ailleurs depuis des années que la chambre de retranscription des directives européennes en lois françaises… Je suis plutôt partisan d’une décentralisation législative qui redonne une partie des compétences actuelles des assemblées parisiennes aux assemblées régionales et aux conseils municipaux, avec un  Etat arbitral qui puisse garantir un certain équilibre entre les instances décentralisées et une meilleure redistribution des ressources disponibles, un Etat qui donne la direction générale et représente la nation à l’extérieur… En somme, un Etat dégraissé mais « musclé » ; un Etat fort mais juste, qui soit capable de rester ferme face aux groupes financiers et économiques et qui ne laisse pas ceux-ci décider à la place du Politique ; un Etat libre et libérateur qui rende la parole aux citoyens et à leurs corps civiques, et évite l’omniprésence administrative tout comme l’abstention et l’absence politique (cas de notre actuelle République…) ; etc. Si la Vème République a perdu beaucoup de son sens et intérêt premiers, elle reste tout de même une référence importante qu’il serait dommage de sacrifier sur l’autel d’un « changement pour le changement », souvent démagogique et vain par essence. Je ne suis pas un nostalgique de la République gaullienne mais je reconnais facilement qu’elle a restauré le sens de l’Etat et de sa liberté, et ce sont des éléments forts pour une France qui ne s’ignore pas. Cette « régence du nationalisme », si elle reste incomplète (comme toute régence…), mérite d’être préservée et améliorée, en attendant mieux…

22.04.2008

Petites censures ordinaires...

Il est souvent question de censure en ce moment à propos des prochains Jeux olympiques de Pékin, et il est vrai que celle qui sévit en Chine n’est guère sympathique, voire assez frustre et brutale. Mais nos Démocraties, qui s’en offusquent à juste raison au regard de leurs principes, sont-elles si « claires » en ce domaine ? Les multiples lois qui sont censées nous protéger des mille maux possibles de notre monde (tabagisme, alcoolisme, malnutrition, etc. mais aussi toutes les « phobies » possibles…) créent un drôle d’état d’esprit qui force les gens à se méfier de ce qu’ils peuvent dire et faire, et non à exprimer librement leurs idées, leurs réactions, leurs colères : la polémique est, du coup, un art qui se perd, même si la diffamation se porte, elle, plutôt bien, en particulier quand elle est dans le sens du « politiquement correct » et que les tribunaux sont des lieux de plus en plus fréquentés par ceux qui écrivent et parlent en public… Bien sûr, un mot ne vous envoie plus à la guillotine comme à l’époque de la 1ère République qui, souvenons-nous, commença la longue liste des suppliciés pour crimes de « mal-pensance » par un journaliste contre-révolutionnaire (Suleau, je crois). Bien sûr, aussi, la Toile permet à toutes les opinions de s’exprimer et les vidéos de kamikazes islamistes interrogés par leurs comparses avant de se faire exploser sont disponibles sur dailymotion… Ce n’est pas le meilleur côté de la liberté d’expression…

 

Mais au moment même où ce genre de vidéos circulent, accompagnées de commentaires qui sont autant de cris de haine contre une communauté décidément mal-aimée (cf les commentaires parfois violemment antisémites qui s’en prennent au comique Jamel Debbouze pour la simple raison qu’il file le parfait amour avec une journaliste de confession juive…), d’autres propos qui peuvent sembler bien anodins sont impitoyablement traqués et n’ont pas droit de cité sur les sites « officiels » ou les forums de discussion de journaux ou d’institutions qui clament pourtant leur attachement à la « libre expression de chacun ». Bien sûr, il reste les blogues personnels pour dire ce que l’on a à dire mais il faut bien avouer que le retentissement est largement moindre, à moins de profiter d’un « buzz », version contemporaine de la rumeur.

 

Je ne suis pas de ceux qui se croient persécutés parce que leur « géniale pensée » n’a pas été relayée par les grands médias, et je n’ai pas la prétention de dire toujours des choses intéressantes ou intelligentes. Mais je suis toujours agacé lorsque je suis, à plusieurs reprises et dans un laps de temps relativement court, « censuré » sur des forums de discussion sans avoir eu l’impression de dire des choses forcément provocatrices. Cela vient de m’arriver ces dernières semaines sur les sites de grands journaux (et de moins connus, aussi…) à propos de la Chine et du « choc alimentaire » mondial actuel. Au regard des réactions acceptées sur ces forums, j’en suis d’autant plus surpris et un peu vexé (mais je m’en remettrai vite).

 

Quels types de propos ont-ils été censurés ? En voici juste quelques exemples pour que l’on puisse en juger : dans un commentaire, je faisais la remarque que ceux qui manifestent ces jours-ci contre la Chine auraient été bien inspirés de le faire aussi et surtout à l’époque de la dictature de Mao mais, qu’en ce temps-là, la Gauche (et pas seulement l’extrême-gauche ») y voyait une expérience de « socialisme réel » et que les « maos » étaient magnifiés par Godard et Sartre, par ce que la Gauche comptait d’intellectuels brillants et aveugles… Propos qui n’eut pas l’heur de plaire aux « modérateurs » des sites…

 

Dans d’autres commentaires, j’évoquais les batailles rangées du début des années 70 entre maoïstes de la Gauche Prolétarienne et les monarchistes d’Action Française à Nanterre-Droit, ces derniers étant à l’époque (et parmi les premiers…) fort critiques à l’égard du communisme chinois. Je concluais en remarquant ironiquement qu’il était toujours malvenu, en France, d’avoir eu raison trop tôt… Là encore, malgré mes phrases sans violence et mes tentatives pour éviter les fautes d’orthographe, ces propos ont été considérés comme « impropres » à la publication sur les sites de ces honorables quotidiens et hebdomadaires…

 

Bien sûr, je le répète, je ne cherche pas à en conclure que nous serions en dictature prompte à étouffer toute velléité de pensée non-conforme ou que ces journaux sont acharnés à étouffer la voix des pauvres royalistes, mais je m’agace un peu de l’hypocrisie qui consiste à dire que « on peut tout dire » et qui, dans le silence des coulisses de la Toile, s’évertue à gommer quelques opinions « différentes » et jugées « politiquement incorrectes ». Je suis d’autant plus conscient que nous ne sommes pas dans une société totalitaire « abrupte » que je peux, ici, évoquer ce que d’autres ne veulent pas entendre ou laisser publier ailleurs, en l’occurrence « chez eux ».

 

Mais ces comportements de ceux-là mêmes qui donnent des leçons de morale et de « démocratie » aux autorités chinoises démontrent une difficulté de leur part à accepter le débat dès qu’il dérange un certain confort intellectuel et, peut-être, certaines mémoires…

 

De plus, je tiens à rappeler que je ne cache pas, sur ces sites politiques ou journalistiques, mon identité propre ; je ne me réfugie pas derrière des pseudos plus ou moins explicites : j’assume tous mes propos (sauf ceux que l’on m’attribue et que je n’ai jamais prononcés, comme cela arrive parfois…) et je signe de ce nom que mes parents m’ont légué et dont je suis fier, cherchant à l’honorer de mon mieux.

 

20.04.2008

Le bonheur de ne pas être républicain...

La République donne aujourd’hui l’impression d’être un bateau ivre : polémiques entre ministres, décisions hâtives et maladroites, rappels à l’ordre présidentiels peu suivis d’effets, etc. Au moment même où il faudrait à notre pays une direction ferme pour affronter les courants et les tumultes d’une mondialisation qui n’est même plus heureuse, il n’y a plus d’Etat, juste un « semble-Etat » (selon l’expression de Pierre Boutang) qui parade et communique à défaut de gouverner.

 

La salle des profs et les cafés, ces deux lieux dans lesquels je passe la majeure partie de mes temps de « loisirs », bruissent des inquiétudes d’une population de plus en plus désemparée devant les atermoiements et les maladresses (voire pire… ; les mots employés par mes collègues sont plus rudes…) gouvernementaux : pataquès autour des réductions « familles nombreuses » à la SNCF ; allocations familiales dévaluées ; vote d’une loi OGM controversée ; etc. Lors d’une discussion autour de la cafetière, juste avant de retrouver mes élèves, je lâche : « Tout compte fait, je suis heureux de ne pas être républicain : cela m’évite sûrement de désespérer… ». Quelques sourires las accueillent cette déclaration matinale et des hochements de tête discrets justifient mes propos. Cela suffit-il pour faire de ces Français qui désespèrent, ou se résignent à la République, des monarchistes ? Bien sûr que non, et j’en suis conscient. Mais je peux constater que la République, « si belle sous l’Empire », n’a plus la côte, qu’elle n’inspire guère de compassion et que nombre de mes collègues s’agacent de la voir invoquée rituellement à tout propos par ceux-là même qui ne cherchent à conquérir l’Etat que pour en tirer gloire et prébendes avant que de trahir ceux qui se sont enflammés pour eux, le temps d’une élection.

 

Ce qui énerve aussi, c’est le décalage entre les discours officiels du « pays légal » et la situation vécue du « pays réel », et les tentatives gouvernementales pour éviter toute remise en cause de ce credo européen et libéral qui sert à tout justifier, y compris ce qui n’est ni logique ni juste. C’est une colère, pour l’instant sourde, qui traverse la société et dont il n’est pas certain qu’elle éclate de façon seulement contrôlée… Certaines de ses raisons ne sont pas justifiées, sans doute, mais elles se retrouvent toutes mélangées dans un malaise grandissant, sans toujours laisser la place à une réflexion constructive.

 

De mon côté, j’essaye aussi de proposer plutôt que de me contenter d’une critique facile et si populaire qu’elle en devient une carte de visite obligatoire. La force du royalisme contemporain est de poser la double question du politique et de l’Etat, et de l’inscrire dans un rapport, non pas à l’Opinion ou à la « dictature de l’instant », mais à la longue durée nécessaire à toute fondation et à tout renouvellement ordonné. Au lieu des atermoiements actuels, cela permet de poser les bases d’une politique « durable » et qui ne se contente pas de détruire ce qui est en laissant faire le « Marché » ou les « événements », comme c’est le cas aujourd’hui : c’est la reconquête par le politique de la « décision » et non le « fatalisme » du « qu’y peut-on ? ».

 

Cela ouvre des perspectives plus larges que celles que la République, empêtrées dans ses contradictions et dans une logique seulement comptable, peut proposer et mettre en place.

 

Je vais profiter des vacances qui commencent pour essayer de le prouver en présentant quelques pistes de réflexion sur différents débats institutionnels et sociaux. En somme, une ébauche de « plate-forme royaliste de propositions »…

 

 

 

(à suivre).

 

17.04.2008

Annonce d'émission sur la surpêche.

Les Océans sont-ils en train de perdre toute capacité nourricière ? C’est la crainte que l’on peut avoir au regard de la surpêche actuellement pratiquée sur toute la planète et qui menace le renouvellement normal des ressources halieutiques. L’émission Thalassa consacre son édition de vendredi prochain (le 18 avril) à ce grave problème, ainsi qu’à quelques solutions possibles. Une émission à voir et à méditer.

 

 

http://www.thalassa.france3.fr/index-fr.php?page=emission... .

 

 

J’aurai l’occasion, dans les temps prochains, d’évoquer à nouveau ce thème qui est loin d’être anodin, ne serait-ce que pour la capacité de la planète à nourrir correctement, et équitablement, les populations qui y vivent… En espérant que le pire ne soit pas certain. Mais il est déjà bien tard…

 

13.04.2008

Révolte lycéenne : raisons et déraisons.

La révolte lycéenne de ce printemps a quelques raisons d’être : la politique purement comptable du Ministère et de M. Darcos est peu défendable quand elle méconnaît les réalités de l’enseignement dans notre pays et ses spécificités qui, pour ne pas être toutes heureuses, ne méritent pas tant d’indignité… Ainsi, de nombreuses suppressions d’heures de cours distribuées aux établissements et de postes de professeurs, qui seraient légitimées par la baisse démographique des effectifs d’élèves, s’avèrent dangereuses pour la qualité même de l’enseignement : en effet, cela se marque par l’augmentation des effectifs au sein des classes elles-mêmes dans les cours de langue, par exemple, ce qui n’est guère profitable aux élèves et rend leur participation moins fréquente et, parfois, plus difficile. Mais d’autre part, dans les zones déjà en difficulté de par l’environnement social et l’ambiance générale, diminuer le nombre de professeurs et d’adjoints d’éducation (les surveillants) revient à affaiblir leur poids et leur crédibilité au moment même où il faudrait pouvoir mobiliser de nouvelles forces pour éviter les dérives et les naufrages.

 

Cela étant, la logique comptable n’est pas que l’apanage d’une administration de l’éducation nationale affolée par la réduction de ses marges de manœuvre budgétaires, et les manifestants qui rétorquent au ministre par la simple demande du maintien, voire de l’augmentation, du nombre d’enseignants se contentent d’une analyse qui, en définitive, ne prend pas assez en compte les évolutions du métier et les possibilités de « travailler autrement », mais aussi leur propre responsabilité dans la situation actuelle : en effet, ce  n’est pas seulement le nombre d’élèves par classe qui détermine la qualité de celle-ci mais l’attitude de ceux-ci, leur bonne volonté et leur aptitude au travail et à la concentration. Faire classe à 36 en cours d’histoire au lycée Hoche de Versailles ne pose pas de problème particulier, ne serait-ce que de discipline, et les résultats, souvent très satisfaisants, ne varieraient pas beaucoup si le nombre d’élèves augmentait encore de quelques unités : par contre le travail des professeurs s’en trouverait surchargé par les copies de ces élèves supplémentaires, sans pour autant toucher un salaire supérieur... Dans une situation présente délicate qui voit le pouvoir d’achat des enseignants poursuivre une glissade entamée il y a déjà presque vingt ans, il y a fort à parier que la grogne serait d’autant plus vive devant ce travail obligatoire supplémentaire et pas toujours gratifiant et qui, de plus, donnerait l’impression de faire des économies sur le dos d’enseignants déjà de plus en plus sollicités pour des tâches administratives mais non rétribuées.

 

En fait, il n’est pas certain que le « pire » soit derrière nous : des rumeurs insistantes évoquent la volonté du Ministère de M. Darcos de remettre à plat les programmes, ce qui en soit n’aurait rien de choquant si cela n’était l’occasion de diminuer les horaires de cours et donc, logiquement, de la quantité de connaissances à posséder et, par conséquence, de la qualité de cet enseignement, au nom d’impératifs d’efficacité économique qui n’auraient pas forcément grand-chose à voir avec la mission culturelle qui est aussi l’une des tâches de l’école française. D’autre part, cela reviendrait à confier plus de classes à chaque professeur (donc plus de préparations et, surtout, plus de corrections…) sans pour autant les payer plus : si le bénéfice tiré par le Budget est certain, celui des professeurs comme des élèves n’est pas exactement avéré ! Il est facile de comprendre les craintes des enseignants devant ces perspectives peu engageantes.

 

Cela étant, la révolte lycéenne actuelle prend aujourd’hui un tour fort démagogique, en avançant des slogans surréalistes ou, plus exactement, décalés par rapport aux enjeux actuels de l’enseignement français et aux nécessités contemporaines : il est d’ailleurs frappant de constater la pauvreté des slogans et des propositions des manifestants, comme si l’imagination (au sens positif et constructif du terme) avait décidé, elle aussi, de faire grève. C’est dommage, d’autant plus que la critique n’a véritablement de sens et de poids utile que si elle s’accompagne d’un effort de recherche et de fondation (ou simplement de mise en avant) qui lui confère alors une légitimité d’alternative. De plus, au regard de l’attitude de certains manifestants (j’insiste sur le « certains »), il peut apparaître fort hypocrite de sembler défendre les professeurs quand, déjà, on ne respecte pas ceux qui sont actuellement en place : de multiples exemples récents montrent que les professeurs sont en butte à l’hostilité, voire l’agressivité, de nombreux élèves qui, pourtant, en demandent officiellement plus… dans la rue.

 

Alors, que faire ? Doit-on se contenter de « compter les coups » en attendant les grandes vacances ? Il est évident que cette attitude du « chien crevé au fil de l’eau » n’est guère honorable et qu’il faut savoir agir et réagir. Devant l’incapacité de la République à sortir de la logique comptable et de son rousseauisme mal assumé, il paraît nécessaire de repenser l’école, ses missions et ses moyens : si elle doit connaître les conditions et les aspects du monde contemporain, elle ne doit pas en accepter les seules motivations économiques et consuméristes. Quant au rôle des enseignants, il n’est pas d’alimenter les peurs d’une jeunesse déjà inquiète et nerveuse, mais d’engager une véritable réflexion, sans tabou ni préjugés, sur sa propre fonction et les modalités de celle-ci, d’accepter des remises en cause qui soient aussi des remises en ordre, de donner l’exemple du service et du devoir en prenant de plus en plus en main les destinées de ses établissements par une meilleure intégration et participation dans les pôles de décision de ceux-ci. De plus, l’autonomie qui se met en place progressivement peut aussi être l’occasion d’ouvrir les établissements scolaires à un véritable plurifinancement et au « mécénat éducatif » qui permettent le développement de projets et d’activités scolaires, aujourd’hui fort réduites faute de crédits et de soutien ministériel. « Les libertés ne s’octroient pas, elles se prennent », affirmait Maurras : c’est le moment de le rappeler, aux élèves comme aux professeurs. Puisque la République abandonne « son » école, le champ se libère pour d’autres perspectives politiques.

 

09.04.2008

France-Vietnam.

Dans ce monde parfois décevant et inquiétant, il est quand même (Dieu merci !) quelques nouvelles d’espérance : ainsi, cette rencontre de balle-au-pied qui vient d’avoir lieu au Vietnam, à Ho Chi Minh-Ville (ex-Saïgon), entre une équipe de vétérans français (comme Dominique Rocheteau ou Christian Karembeu) et une sélection vietnamienne. Ouverte par les hymnes nationaux, ceux-là mêmes qui se sont opposés il y a plusieurs décennies, cette rencontre a démontré les liens forts que la France peut encore entretenir avec des terres jadis colonialement françaises, et le ballon rond a été l’occasion de rappeler ces liens, sans acrimonie ni ressentiment, juste pour et par la passion du sport. « La Marseillaise » qui a retenti dans ce stade d’une ville encore marquée par quelques souvenirs d’un temps ancien et « français » sonnait comme une démonstration que l’Histoire n’est jamais finie et qu’elle ne doit pas s’arrêter, se figer en une posture agressive de « devoir de mémoire » ou de « repentance » qui empêche souvent de reprendre le chemin ensemble.

 

Le Vietnam est, certes, encore une dictature qui se réfère au communisme et je n’éprouve guère de tendresse pour cette idéologie homicide. Mais les temps changent et il faut souhaiter que les liens que la France pourra établir, le plus serrés possibles, avec ce pays permettront d’influer positivement sur ses directions futures : un ami a plus d’influence qu’un ennemi…

 

A l’heure de la polémique sur les Jeux olympiques, qui a de fortes raisons d’être mais dont il faut parfois se méfier (en ce domaine délicat, il est nécessaire de « savoir raison garder », selon l’ancienne devise capétienne), cette rencontre de balle-au-pied peut ouvrir de nouvelles perspectives pour les relations franco-vietnamiennes, relations qu’il ne faut pas négliger mais, au contraire, approfondir, sans pour autant oublier le sens de l’humanité et de la dignité des personnes, autant sur le plan des libertés que des droits sociaux.

 

En tout cas, pour une fois, le sport montre quelques vertus que l’affaire des JO de Pékin et la dictature des sponsors avaient tendance, ces temps derniers, à faire oublier…

 

08.04.2008

La flamme olympique à Paris.

La flamme olympique a connu à Paris un véritable parcours du combattant et des incidents qui ont aussi mis en avant les contradictions des démocraties face à la Chine. Les images retransmises sur la Toile sont souvent spectaculaires, en particulier par la violence inappropriée de certains manifestants et la réaction parfois rude de forces de l’ordre visiblement dépassées par moments et gênées par l’attitude des officiels chinois, véritables maîtres, semble-t-il, de l’organisation et du contrôle de la flamme… Comme le disait un intervenant sur une radio périphérique, on rejouait, d’une certaine manière, « les Chinois à Paris » (film de Jean Yanne, jadis condamné par l’ambassade de la République populaire chinoise et attaqué dans les cinémas par les maoïstes parisiens…), avec des autorités françaises qui étaient, pour des raisons qu’il faut souhaiter de courtoisie diplomatique et non pas économiques ou idéologiques, les « obligés de l’Etat chinois ». Que la Chine ait pu imposer ses consignes sur notre territoire en arguant du fait qu’elle était l’organisatrice des prochains Jeux olympiques marque notre faiblesse actuelle et notre difficulté à faire respecter notre propre indépendance : il aurait mieux valu que les gardes du corps en tenue blanche et bleue évitent d’éteindre la flamme ou de décider (et d’imposer aux officiels français) les changements de parcours ; il aurait mieux valu tolérer quelques drapeaux tibétains sur le parcours que d’engager une véritable chasse au fanion du dalaï-lama comme ce fut malheureusement le cas, ce qui a laissé une impression désagréable aux téléspectateurs de notre pays…

 

Certaines images étaient aussi choquantes par la manière dont quelques uns, Tibétains ou non, s’en sont pris aux sportifs eux-mêmes, et je dois avouer que l’une d’entre elles m’a ému, mais pas au bénéfice des manifestants : c’est celle d’une sportive handicapée d’origine chinoise, poussée dans son fauteuil roulant, et protégeant d’un geste inquiet la flamme dont elle était un instant dépositaire, alors que plusieurs personnes fonçaient sur elles et n’étaient arrêtées par les gardes du corps qu’à quelques centimètres d’elle. Sur son visage pouvait se lire une grande frayeur ou une peine qui visiblement n’était pas feinte, et, là, j’ai pensé que cette violence à l’égard de la flamme était maladroite et risquait d’entraîner l’inverse de ce que prônaient les pro-Tibétains, y compris sur le plan médiatique et politique. D’ailleurs, ma crainte s’est trouvée confirmée par la nouvelle stratégie de la Chine qui a décidé de montrer les violences parisiennes sur les télés officielles chinoises, pariant (sans trop de risques…) qu’elles provoqueraient une réaction « nationaliste » et antitibétaine de la population, vexée de se trouver agressée par des Occidentaux considérés comme des « colonialistes » au nom d’un Tibet qu’elle considère comme province chinoise…

 

Il y a aussi un point qui m’inquiète, c’est le fait que notre pays serve de champ de bataille entre des communautés qui se renvoient la balle (sans mauvais jeu de mots, tragique en ce cas précis…) sur des raisons historiques et politiques qui ne sont pas les nôtres. Que notre pays puisse jouer un rôle de médiation entre les protagonistes d’un conflit territorial fort éloigné de Paris me semblerait plus approprié et, surtout, plus efficace : mais les événements d’hier, ajoutés à une certaine indigence diplomatique actuelle symbolisée par un Bernard Kouchner et une Rama Yade dont il est difficile de suivre la logique et la stratégie, nous privent de cette carte que d’autres, plus habiles, sauront sûrement (et malheureusement pour nous) saisir.

 

En tout cas, cette affaire rappelle que, pour pouvoir être entendu dans le monde, il ne suffit pas de manifester ou de gronder (même timidement), il faut avoir le poids et la volonté pour cela, mais surtout les moyens et l’envie de cette liberté qui reste, envers et contre tout, « la plus précieuse des libertés humaines », c’est-à-dire l’indépendance nationale : sans doute faudrait-il donc commencer par accepter de ne plus dépendre des seuls intérêts économiques et financiers, et de mieux préserver nos moyens, nos entreprises, nos richesses que, depuis quelques années, pour avoir des prix bas ou faire des affaires, nous « délocalisons »… en Chine !

 

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