30.04.2009

Travail du dimanche, première réaction.

Le travail dominical n'est pas vraiment nécessaire ni même souhaitable, faut-il rappeler à M. Sarkozy qui reprend là une vieille antienne de la bourgeoisie républicaine (et anticléricale) du XIXe siècle, et qui, malgré la difficulté à obtenir une majorité parlementaire sur ce sujet, s’obstine à vouloir faire voter une nouvelle loi en juillet « libéralisant » (sans le « banaliser » dit-il avec un certain aplomb) le travail du dimanche, déjà permis depuis la loi de 1906 à environ 200 professions, principalement de bouche et de sécurité.

 

Sans forcément revenir à la loi du 18 novembre 1814 instaurée sous le roi Louis XVIII qui établissait la "sanctification du dimanche", loi violée par la bourgeoisie au nom de la "liberté du travail" (qui n'était pas celle des travailleurs...) puis abrogée par la Gauche républicaine par le vote du 12 juillet 1880 (contre l'avis des députés catholiques et monarchistes...), il me semble nécessaire de redire que le dimanche n'est pas le bon jour pour travailler : il en reste six pour se livrer au labeur... N’est-ce pas largement suffisant ?

27.04.2009

Sauver les petites villes délaissées.

Lors de mes pérégrinations électorales dans l’Ouest la semaine passée, j’ai été frappé, peut-être plus que d’ordinaire, par la déshérence de certaines petites villes, en particulier Mayenne et Quimperlé, quand d’autres, visiblement, s’en tirent beaucoup mieux, avec des centres animés et apparemment florissants, comme Dinan par exemple. Au moment où il n’est question que de rurbanisation et de redéversement urbain sur les campagnes périphériques, de l’arrivée des retraités parisiens en Bretagne, de qualité de vie dans l’Ouest de la France, comment se fait-il que des villes idéalement placées, dans un cadre fort sympathique, non loin de grands axes de circulation, se trouvent en pareille situation inconfortable ?

 

En écoutant les personnes du crû, quelques réponses sont avancées : la fermeture des usines locales (délocalisées ou disparues devant les concurrences étrangères) ; l’établissement de grandes surfaces (hypermarchés) à la sortie de ces villes ou l’accès rapide aux grandes zones commerciales de la grande ville proche (ce qui entraîne la mort des commerces de proximité des centres-villes) ; la transformation de la petite ou moyenne ville en cité-dortoir de la grande ville voisine, favorisée là encore par la fluidité des transports permise par les grands axes de communication (principalement les quatre-voies) ; la diminution du nombre d’exploitants agricoles ; le départ des jeunes bacheliers vers les villes universitaires ; etc.

 

Toutes ces raisons existent, de façon plus ou moins combinée selon les cas : elles posent la question de l’aménagement du territoire et, au-delà, du mode de vie de nos sociétés.

 

Si l’on prend le cas de Quimperlé qui souffre de plusieurs des maux que je viens d’énumérer, il me semble qu’il y aurait moyen de renverser la tendance par une politique volontaire des pouvoirs publics, non pour tout faire mais pour faciliter la réalisation de projets innovants ou simplement locaux pour rendre vie à une ville qui semble se mourir doucement… Quelques exemples : valoriser l’important patrimoine religieux et historique de la ville, et remettre en activité les rues qui montent vers la « haute ville » en soutenant l’installation de nouveaux commerces ou d’activités artisanales, par une fiscalité attractive et un plan de promotion d’ensemble de la ville.

 

En fait, il s’agirait aussi de créer des emplois sur la ville et ses environs plutôt que de seulement dépendre des emplois créés sur Lorient ou Quimper : là encore, il serait sans doute utile de penser, pour les secteurs dans lesquels cela s’avère possible, d’engager une politique de « télétravail » qui maintienne le plus possible les populations sur place au lieu de leur imposer des déplacements quotidiens vers un bureau lointain… Cette politique commence à faire de plus en plus d’émules en région parisienne : alors, pourquoi pas dans les provinces ? Cela permettrait d’autres rythmes de travail, moins perturbants pour l’équilibre et la vie des familles, et mieux intégrés à la vie locale.

 

Ce ne sont que quelques pistes de propositions, bien sûr, et il faudrait des dizaines de pages pour développer tous les projets possibles pour rendre à ces petites villes délaissées une véritable vie et non une simple et fragile survie. J’insiste sur deux points : d’abord, ne pas tout attendre des autres et prendre, soi-même, au sein de son cadre local, des initiatives ; d’autre part, et comme je l’ai déjà évoqué plus haut, tout cela ne peut véritablement fonctionner que si les pouvoirs publics et en particulier l’Etat ont conscience des enjeux et soutiennent, ou facilitent (administrativement parlant), ces initiatives. Mais, au-delà, il est vraiment urgent de repenser un aménagement du territoire (ou, plus exactement, « des territoires ») au niveau national, qui est la bonne échelle pour ce genre d’exercice.

 

J’ai aussi parlé, au début de cette note, du « mode de vie de nos sociétés » tant il est vrai qu’il s’agit sans doute d’opérer une véritable révolution sociétale qui mette en cause l’actuelle société de consommation, individualiste et distractionnaire, non pour revenir à l’âge de pierre mais pour recréer une sociabilité plus conviviale, moins tournée vers le « moi » et plus vers le « nous »… Au-delà du seul combat politique, il s’agit bien là, comme le soulignait Bernanos, d’un « combat pour la civilisation », celle qui place les personnes et le Bien commun avant les seuls intérêts financiers ou égoïstes… Mais, il est vrai que l’on retrouve vite la piste de l’action politique car c’est par ce moyen que l’on peut rendre possible ce qui est nécessaire et qu’un Etat qui s’enracine dans la « longue durée », dans le respect de la simple loi naturelle de la suite vitale des générations, peut permettre ce que la République ne peut même plus promettre, coincée qu’elle est entre deux élections et par les jeux de clientèle, peu propices à penser le long terme… Là encore, « avantage à la monarchie » !

 

25.04.2009

La fidélité contre l'idolâtrie.

En réponse à un jeune Rennais avec lequel j’ai eu une longue et intéressante discussion ce matin sur le marché des Lices et qui s’inquiétait des risques de « dérive absolutiste » des royalistes et de la Monarchie :

 

André Malraux a commis dans les années d’avant-guerre une préface pour un livre du royaliste Charles Maurras puis a poursuivi ensuite une carrière d’écrivain et d’homme politique qui l’a apparemment éloigné de la tradition monarchiste. Cela ne l’a pas empêché de dire ce qui suit et qui apparaît bien comme la reconnaissance de tout l’intérêt qu’une Monarchie incarnée en un Prince peut avoir : « Tout homme actif et pessimiste a été ou sera fasciste sauf s’il a derrière lui une fidélité ». Le dernier morceau de phrase a toute son importance, et montre un bon sens certain et une connaissance non moins certaine de l’Histoire de France !

 

Pensait-il à Bernanos ou à Maurras en écrivant ceci ? En tout cas, Malraux a raison dans son propos en signalant combien la fidélité (ce que l’on appelle aussi la loyauté ou le loyalisme) envers un souverain qui est, au-delà de lui-même, la continuation de ceux qui l’ont précédé et le trait d’union avec ceux qui suivront, est le meilleur rempart contre l’idolâtrie totalitaire, et, tout simplement, contre l’idolâtrie elle-même.

 

La Monarchie n’est pas non plus la République « bling-bling », cette République qui entretient un véritable culte de la personnalité du locataire de l’Elysée, ne serait-ce qu’à travers la pipolisation de la vie politique française depuis quelques années…

23.04.2009

Le piège de l'abstention.

Je poursuis actuellement ma campagne monarchiste pour les élections européennes en sillonnant les routes de Bretagne : lundi sur la Côte d’émeraude ; mardi dans le Morbihan et le Finistère ; hier mercredi à Dinard et, bien sûr, à Rennes… Mais il faut être franc : les élections européennes, malgré leur proximité (dans un peu plus de six semaines), n’intéressent pas nos concitoyens ni, d’ailleurs, les partis politiques qui font des campagnes « a minima ». Même chose pour la presse qui, dans la plupart des cas, ne consacre que (très) peu de lignes aux débats européens, et encore ! Et ce soir, regardant d’un œil distrait les informations télévisées, là encore, pas un mot sur les européennes !

 

Pourtant, si l’on regarde le fonctionnement des institutions françaises et européennes, il faut bien constater qu’une grande partie des lois adoptées par le Parlement français n’est que l’adaptation de directives européennes : entre 70 % selon un responsable socialiste entendu l’autre jour à la radio et 80 % selon les affiches des souverainistes aperçues à Rueil-Malmaison… Ainsi, sans forcément s’en rendre compte, notre pays ne s’appartient plus totalement, législativement parlant. Cette « dépossession » est-elle une bonne chose ? J’en doute mais je constate qu’elle ne semble pas effrayer la classe politique de notre pays, bien plutôt tétanisée par l’idée que l’on puisse remettre en cause une construction européenne qui apparaît « dans le sens (unique ?) de l’histoire », mais qui se fait, en fait, au nom de « l’économique d’abord » (au risque d’imposer au politique des critères qui ne sont pas autre chose que « libéraux »)…

 

Or, la politique ne peut être l’acceptation de ce que certains comprennent comme une fatalité inéluctable : car la politique cela devrait être la décision, celle qui s’applique aux puissances économiques, celle qui arbitre et tranche au-delà des intérêts particuliers et partisans !

 

Si les élections européennes sont abordées avec tant de discrétion par les grandes forces partisanes politiques, n’est-ce pas parce que « l’Europe légale » à laquelle elles appartiennent (bon gré mal gré) ne tient pas trop à ce que les électeurs des 27 nations de l’Union européenne bouleversent les équilibres politiques du Parlement européen, Parlement aujourd’hui largement acquis aux principes de cette « dépossession » des citoyens au profit d’une « volonté générale » qui s’imposerait à tous, parlements nationaux comme populations des 27 pays ?

 

Il ne faut pas y voir un complot, mais bien plutôt une simple stratégie profitable aux intérêts d’abord économiques qui dominent par le biais des groupes de pression (qui se livrent à ce que d’aucuns nomment le « lobbying ») les institutions européennes, et principalement le Parlement et la Commission de Bruxelles. Ce n’est que la reprise de la stratégie de la « Constituante » de 1789 dont les premières mesures visèrent à émanciper les élus et leurs exercices parlementaires de ceux qui les avaient désignés pour les états-généraux (toujours au nom de la fameuse « volonté générale » qualifiée alors de « souveraineté nationale »…), et à éloigner les peuples de France de la politique législative active par la limitation du suffrage : si les procédés sont différents aujourd’hui, l’intention reste la même. Et Bruxelles est si loin, l’Europe si complexe, nous dit-on, sourire en coin…

 

Ainsi, en permettant à l’abstention d’être la plus visible des attitudes électorales, la Démocratie européenne, cette « Europe légale » dont je me méfie fortement, se donne les mains libres pour agir et légiférer au nom de tous, y compris des « absents du suffrage » : or, en Démocratie, peu importe le nombre d’abstentionnistes, ils ne comptent pas, ils ne pèsent aucunement, ils sont invisibles et n’ont plus le droit à l’expression dans les institutions parlementaires. Ils sont le vide que ceux qui se sont exprimés par le suffrage comblent, la Démocratie, comme la nature, ayant horreur du vide et ayant vocation à le nier…

 

L’abstention est, en fait, un allié de « l’Europe légale ». Mais elle n’est pas la seule, et son contraire n’est pas forcément son ennemie, bien évidemment.

 

Il n’est pas facile de surmonter ce dilemme, mais il faut trouver (et prendre) les moyens de penser à des institutions qui organisent différemment l’Union européenne, permettant à « l’Europe réelle » de se réaliser sans, pour autant, céder à la démagogie ou à la facilité, ce qui serait la pire des impasses et entraînerait, à terme, la perte même de ce que veulent conserver les Etats et les peuples constitués en nations.

 

20.04.2009

Service de l'Etat.

La monarchie n'est pas la caricature qu'on en donne parfois et, au contraire, elle peut répondre à quelques inquiétudes de nos contemporains... Car ce dont nous souffrons en république c'est, entre autres, la perte de repères face à un Pouvoir qui se fait de plus en plus diffus et tyrannique (administrativement ou réglementairement parlant, en particulier, comme on peut le constater avec la censure dont est victime la pipe de Tati dans le métro parisien depuis quelques jours... Absurdité du "politiquement et hygiéniquement corrects" !), alors qu'il est de moins en moins politique.


Le roi c'est un Etat à visage humain, renouvelé de génération en génération, par le simple fait de la transmission héréditaire : un roi ne choisit pas de l'être mais il assume cette charge, y compris jusqu'au sacrifice suprême, alors qu'en république, un président se moque bien de ce qu'il laissera après lui (sauf ceux, comme de Gaulle, qui ont la notion capétienne du service du pays et d'autrui et qui pensent en termes d'histoire et de durée). L’actuel locataire de l’Elysée est l’exemple même d’un homme qui n’a pas le sens de l’Etat car il se comporte d’abord en propriétaire de l’Etat quand il ne devrait en être que le serviteur…

17.04.2009

L'Allemagne contre le maïs OGM.

La question des OGM vient encore de rebondir en Europe avec l’interdiction par l’Allemagne, contre l’avis de la Commission européenne, du maïs transgénique MON810 : ainsi, c’est le 6ème pays de l’Union européenne qui refuse la culture de cet OGM sur son territoire, comme le signale (avec regret, semble-t-il…) le journal « Le Figaro ». Une fois de plus, d’ailleurs, la communauté scientifique elle-même est divisée sur l’innocuité et l’intérêt des OGM : pour certains, les OGM ne présentent aucun risque et ont même l’avantage d’éviter l’usage d’insecticides, pour d’autres, au contraire, le danger repose sur l’absence de recul quant aux conséquences ultérieures pour la santé et sur la présence même de pesticides dans les plantes OGM.

 

En fait, se focaliser sur ce seul débat sanitaire (qui n’est évidemment pas négligeable) empêche de voir les vrais débats et problèmes soulevés par les OGM et leur culture.

 

Les OGM, par la dispersion des pollens, se diffusent partout, au gré des vents et des cours d’eau, y compris là où ils ne sont pas souhaités, contaminant des espèces sauvages et des cultures classées « bio » : du coup, cela déstabilise les écosystèmes et, même, entraîne la disparition d’espèces végétales naturelles, remplacées par des espèces moins « sauvages »… Mais cela a aussi une conséquence inattendue, c’est que le « pollueur », propriétaire du brevet de l’OGM contaminant, a des droits (propriété industrielle oblige !) sur les champs et les cultures qu’il a contaminé par ses plants OGM : la jurisprudence nord-américaine est tristement formelle sur ce point, comme l’a montré ce retentissant procès canadien d’il y a quelques années, au grand dam des agriculteurs, condamnés parce qu’avaient été relevés des traces d’OGM dans leurs propres cultures pourtant non-OGM !

 

Ainsi, le « vivant » devient véritablement une simple « propriété industrielle » entre les mains de quelques multinationales de la recherche et de l’industrie agroalimentaire : voilà le vrai scandale et le vrai danger, au-delà de tous les débats sur les qualités ou défauts sanitaires des OGM…

 

Quant à la Commission de Bruxelles qui rappelait il y a quelques mois encore que la législation européenne n’autorisait pas un Etat ou une région à « geler » la culture d’organismes génétiquement modifiés, position confirmée par la Cour européenne de Justice le 13 septembre 2007, elle se retrouve maintenant fort ennuyée et, en fait, attend désormais le lendemain des élections européennes du 7 juin pour réagir… Au fait, pourquoi « après les élections ? »…

16.04.2009

Mon intervention sur RMC.

Mardi 14 avril, alors que j’étais dans ma voiture, j’entends l’introduction de l’émission « Les Grandes Gueules » sur la radio RMC qui évoque les prévisions d’une forte abstention aux élections européennes et l’ignorance de la plupart des citoyens des pays de l’Union quant à la date d’icelles : deux tiers de ceux-ci annoncent qu’ils n’iront pas voter, et 16 % seulement connaissent la date des élections européennes de juin… Un véritable camouflet pour la Démocratie européenne !

 

Selon le même sondage publié dans le journal « Libération » du lundi 13 avril, seulement 45 % d’Européens font confiance au Parlement européen (- 6 points en 6 mois) ; 42 % à la Commission (- 5 points) ; 39 % à la Banque Centrale Européenne (- 9 points). Pas vraiment l’amour fou pour les institutions de l’Union Européenne ! Une véritable claque pour « l’Europe légale » !

 

« L’occasion fait le larron », dit le proverbe et, au regard du sujet évoqué qui ne pouvait manquer de m’intéresser, je prends alors mon téléphone et contacte la station de radio : ainsi, vers 13h50, je me retrouve à l’antenne avec l’animateur Alain Marchal qui me présente comme monarchiste, candidat sur la liste Alliance Royale, et qui me laisse m’exprimer tout à fait librement, comme on peut le constater en écoutant les quelques minutes de mon intervention sur RMC (à écouter sur le site du GAR : http://www.actionroyaliste.com/index.php?option=com_conte... ).

 

Les quelques idées-forces que je tenais à faire passer lors de ce débat impromptu et, il faut le dire, assez inattendu mais plutôt heureux, étaient les suivantes, en rapport avec l’annonce d’une forte abstention : d’une part, si les électeurs se désintéressent de l’Union Européenne c’est sans doute parce que l’Union Européenne semble se désintéresser d’eux et, en tout cas, paraît bien ne pas les écouter lorsque la parole, référendaire en particulier, leur est laissée avec les résultats que l’on sait en 2005, en France ; d’autre part, l’UE apparaît de plus en plus lointaine et déconnectée de la « base », c’est-à-dire des réalités vécues par les citoyens, des difficultés sociales, des inquiétudes et des ressentiments face aux développements de la globalisation ; et, enfin, le fossé se creuse de plus en plus entre une « Europe légale », c’est-à-dire l’Europe officielle, celle de la Commission de Bruxelles et des parlementaires parfois élus par un nombre de voix dérisoire du fait des taux élevés d’abstention lors du précédent scrutin de 2004, et « l’Europe réelle », celle des Etats, des « appartenances nationales », des citoyens enracinés, etc.

 

Je crois en avoir dit un peu plus, même si, évidemment, il ne m’était pas forcément possible de développer beaucoup. En tout cas, j’ai essayé de faire bonne figure et de profiter de cette occasion donnée par RMC pour montrer que les monarchistes ne sont pas indifférents aux débats politiques et institutionnels contemporains. Le « Bonne campagne » que me souhaite l’animateur à la fin de ma petite intervention (répété aussi fort sympathiquement, hors antenne, par le responsable de l’organisation et du standard de RMC pour cette émission) m’a aussi réconforté et renforcé dans l’idée que toutes les heures que je passe à afficher, à écrire, à faire le siège des rédactions de la presse locale, à distribuer des tracts, à discuter avec ceux que je croise dans cette campagne monarchiste électorale, ne sont pas inutiles : alors, poursuivons et intensifions nos efforts ! « Ce n’est qu’un début, le combat continue »…

14.04.2009

Vacances militantes royalistes, forcément royalistes...

Certains pourraient croire que je néglige mon propre blogue au regard du peu de notes publiées ces jours derniers, au moment même où commençaient les vacances scolaires : en fait, j’ai profité de mes premiers jours de congé (remisant pour encore une bonne semaine les devoirs d’histoire de Première…) pour me lancer dans une campagne militante royaliste qui, malgré des moyens financiers et matériels fort « mesurés », cherche à être utile et donner quelque visibilité au courant monarchiste français.

 

Ainsi, après le maquettage simple de quelques nouveaux modèles d’affiches (avec une paire de ciseaux, de la colle, du papier et une photocopieuse amie), la reproduction de quelques modèles de papillons et de tracts, et la mise de côté de multiples essais ou brouillons peu convaincants (je ne suis pas un pro de la communication publicitaire et mes connaissances en informatique sont trop limitées pour pouvoir faire des « visuels » satisfaisants), venait l’heure de l’action de terrain : avec ma « roycomobile » décorée de multiples autocollants royalistes, je sillonne depuis dimanche les Yvelines et la région parisienne, principalement côté Ouest, collant affiches, papillons et autocollants fleurdelysés, glissant des tracts sous les portes vitrées des commerces (cela se voit bien, les jours fériés : pub politique peu coûteuse et plutôt rentable, côté visibilité du royalisme), en distribuant parfois quelques uns de la main à la main, etc.

 

Certains moqueront peut-être cette « politique du pauvre », faite de quelques morceaux de papier imprimé, de kilomètres avalés en voiture mais aussi à pied, d’huile de coude et de colle universelle à papiers peints et, parfois, de coups de blues (si, si, ça arrive…), mais je reste persuadé que c’est la volonté qui peut surseoir au manque de moyens et de bras : « la foi peut déplacer des montagnes », dit-on… Il est vrai que les montagnes en question sont imposantes et un peu décourageantes, mais la vieille formule de Maurras « Le désespoir en politique est une sottise absolue » me tient lieu, pour l’occasion, de viatique.

 

La semaine prochaine, je pars sillonner les routes de « ma » circonscription, principalement les cinq départements de la Bretagne historique, toujours dans ma fidèle roycomobile (un peu fatiguée…), pour rencontrer journalistes et électeurs, militants monarchistes et amis, coller les milliers d’autocollants et affiches aux couleurs de l’Alliance Royale mais aussi ceux du Groupe d’Action Royaliste et de la Fédération Royaliste de Bretagne. Pas le temps de m’ennuyer !

 

Je pars avec, dans mes bagages, un petit dossier de presse et le clip de présentation de la campagne royaliste en Bretagne pour les européennes du 7 juin : http://www.dailymotion.com/mychannel/Chauvinroyaliste/vid... .

Un clip tourné à Rennes le dimanche 5 avril et qui en appelle d’autres : il est prévu que je « tourne » à Nantes ou en Vendée, terre « historique » de la Contre-Révolution, des Charrette et des Cathelineau, cette terre qui a tant donné, aux heures terribles de la République girondine puis montagnarde, pour sauver l’essentiel, c’est-à-dire une conception humaine des rapports sociaux, et cela en brandissant « le drapeau de Dieu et du Roi ». Une terre à laquelle Pierre Péan vient de rendre hommage dans son livre récent, « Une blessure française, les soulèvements populaires dans l’Ouest sous la Révolution ».

 

En tout cas, des vacances bien remplies, et forcément monarchistes…

10.04.2009

Absentéisme parlementaire.

La mésaventure survenue jeudi au texte gouvernemental controversé sur la répression du téléchargement illégal est fort révélatrice et pas exactement au profit des députés ni du gouvernement, c’est le moins que l’on puisse dire ! Ainsi, ce texte de loi, débattu avec tant de hargne sur tous les médias nationaux et parfois dénoncé comme attentatoire aux libertés des internautes, n’avait attiré qu’une petite quarantaine de parlementaires le jour de son vote : ce qui devait être une formalité s’est transformé en cauchemar pour le ministre de la Culture, Madame Albanel, et a provoqué le courroux présidentiel.

 

En effet, la démocratie reposant sur la loi du plus grand nombre, en particulier au moment des votes, semble bien avoir été respectée, au moins dans l’hémicycle à défaut d’être officiellement et électoralement confirmée : il est indéniable que, par un petit jeu de chat et de souris, ceux qui sont « parlementairement minoritaires » sont devenus « démocratiquement majoritaires » par l’apparition impromptue d’un petit groupe de députés socialistes surgis, à entendre les radios, de derrière un rideau rouge… De la tragédie ! On imagine quelques conspirateurs romains dissimulant leurs poignards avant l’arrivée de César ou les fidèles du roi Henri III guettant le duc de Guise, des masques et des grands chapeaux, des épées luisant dans la pénombre, des regards suspicieux, en somme du Shakespeare et du Racine tout à la fois…

 

En fait, les « comploteurs » de ce jeudi, plutôt des farceurs utilisant juste les subtilités du règlement du Palais-Bourbon, chevaliers de la rose rejoints par le gaulliste Dupont-Aignan, doivent bien rigoler de leur bon coup et de la colère élyséenne.

 

Mais il me paraît fort inquiétant que, sur 577 députés élus, il ne s’en trouve qu’une quarantaine pour se sentir concernés par le vote d’une loi si importante et pour s’être déplacés, en cette belle journée ensoleillée, et accomplir leur devoir législatif. Gageons que, la prochaine fois, les députés de la Majorité présidentielle seront présents en plus grand nombre pour éviter toute nouvelle mauvaise surprise !

 

En tout cas, le « pays légal » donne une image bien peu sérieuse de lui-même, ce qui ne peut que renforcer ce divorce de plus en plus menaçant entre les politiciens et les citoyens, agacés de constater que, lorsqu’ils se déplacent, eux, pour répondre à une question référendaire, leur avis majoritaire n’est pas vraiment pris en compte et qu’il est contourné par une entourloupe et par un vote de ces mêmes parlementaires, pourtant absents ce jeudi, déserteurs de leur propre rôle législatif.

 

Sans doute certains considèrent-ils, à l’instar de l’ancien ministre Alain Madelin que, les lois se faisant désormais beaucoup plus concrètement à la Commission de Bruxelles et au Parlement européen, la présence au Palais-Bourbon relève plus du symbole et du spectacle que de la réalité politique : il est vrai que nombre des textes votés à Paris ne sont que la traduction et la transcription de directives européennes, le Droit communautaire européen s’imposant désormais aux Droits des pays membres, plus souvent pour le pire que pour le meilleur !

 

Mais, tout en appartenant à une tradition politique méfiante à l’égard du parlementarisme, je ne méconnais pas l’importance et, même, la nécessité d’une représentation parlementaire et, au-delà, d’une action législative qui lui appartienne en propre, en particulier au niveau national, que je souhaite, dans le plus bref avenir, véritablement fédéral. En cela, je regrette que le débat parlementaire se résume parfois en un simple affrontement politicien et en quelques « coups » médiatiques, en un spectacle qui dévalorise la politique et en amoindrit la légitimité et la crédibilité.

 

Le combat monarchiste, qui n’est pas un combat « parlementariste », ne peut se satisfaire de ce triste spectacle d’un pays légal « absentéiste », plus soucieux de ses prébendes que de ses devoirs civiques : si le Parlement français, en ses deux assemblées, ne peut prétendre à incarner à lui seul la décision politique, il doit retrouver un rôle de discussion et de représentation, voire de conseil, sur le plan national et au-delà même des décisions prises à Bruxelles.

 

Cela nécessite de repenser l’architecture institutionnelle, non seulement de la France, mais aussi de l’Union européenne et de ses différentes pièces : il faudrait sans doute creuser l’idée d’une interpénétration des assemblées françaises et européenne qui verrait des députés siéger à la fois à Paris et à Bruxelles… De quelle manière ? Pour l’heure, je n’en imagine pas exactement les formes concrètes si j’en vois pourtant déjà les contours possibles…

 

Il ne s’agit pas de bâtir un simple modèle théorique, il s’agit d’ouvrir des pistes de réflexion, sans a priori ni démagogie ; en somme, pratiquer « l’imagination politique » sans oublier les réalités.

08.04.2009

Cryptocratie européenne.

Dans deux mois tout juste auront lieu les élections européennes qui, pour l’heure, n’intéressent pas grand monde, semble-t-il : les journalistes eux-mêmes avouent que ce thème n’est guère porteur et qu’ils en parleront au dernier moment, en somme un mois avant, ce qui ne laisse guère de place à la réflexion et aux débats, au contraire de la campagne référendaire de 2005 sur la Constitution européenne…

 

Pourtant, les thèmes de l’Union européenne, de sa définition, de sa construction, de ses ambitions, de sa place sur la scène internationale et aussi dans nos vies quotidiennes, etc., ne sont pas anodins et méritent d’être sérieusement étudiés, débattus, critiqués parfois.

 

Or, à entendre les commentateurs politiques, ces élections vont se jouer une fois de plus sur des thèmes plus politiciens et nationaux que sur les thèmes qui pourraient sembler naturels au regard de l’assemblée qu’il s’agit de remplir… Et pourtant ! Cette campagne électorale des européennes doit être l’occasion de poser les « bonnes » questions sur « l’Europe » et, dans le cas des royalistes français, d’évoquer la dichotomie entre cette Europe légale, symbolisée au plus haut point par la Commission européenne, technocratique et éloignée des citoyens, et l’Europe réelle, celle des Etats, des souverainetés, des « proximités ».

 

L’Europe légale est actuellement cette « machinerie » aux mécanismes complexes, si complexes même qu’ils entretiennent un trouble permanent quant à la compétence des institutions les unes par rapport aux autres et surtout par rapport aux institutions propres des Etats et aux citoyens eux-mêmes. D’ailleurs, le principe de subsidiarité, mis en avant dans le débat référendaire de 1992 sur le traité de Maëstricht, est aujourd’hui complètement oublié et, en tout cas, si peu évoqué que l’on pourrait croire qu’il n’a rien été d’autre que l’argument électoral d’un moment à défaut d’être une réalité concrète ! Or, ce principe, cher aux monarchistes qui l’ont souvent utilisé jadis dans leurs argumentaires sur la décentralisation politique en France, aurait mérité un autre sort : mais son abandon, au moins dans la pratique et les débats européens, montre bien l’hypocrisie d’un système qui, par le biais d’une démocratie représentative qui n’admet pas (ou de très mauvaise grâce…) la démocratie directe (symbolisée par le référendum) ou, même, la démocratie des terroirs et des quartiers, tend à confisquer, non pas tellement ou seulement la parole politique, mais la décision politique (y compris celle des Etats) au profit d’une forme de « cryptocratie » informelle.

 

Le terme « cryptocratie » (qui désigne d’ordinaire un « Pouvoir caché aux yeux d’autrui ») peut sembler excessif si l’on considère que les décisions de la Commission européenne ou les directives européennes sont évidemment rendues publiques et lisibles sur quelques sites institutionnels. Mais pourtant, au regard de l’opacité des motifs de décisions et des procédures de débats et de vote au Parlement européen, ainsi que le peu de publicité accordée par les médias aux travaux des institutions européennes, le terme semble s’imposer naturellement aux citoyens et aux observateurs, mais aussi à quelques politiques qui constatent de plus en plus la réduction de leur rôle à une simple gestion d’un système qui « décide pour eux » et soumis de plus en plus au contrôle de la Cour de Justice européenne ou de celle des Droits de l’Homme. Ces institutions judiciaires européennes apparaissent d’ailleurs comme les « arbitres » des débats et des décisions politiques, au risque de mettre en place une sorte d’ « Europe des juges » qui serait, par ses arrêts, au-dessus même de ceux qui sont les législateurs désignés par le vote quinquennal à l’Assemblée bruxello-strasbourgeoise et des Etats rassemblés dans l’UE.

 

L’Europe légale réalise ce que les Etats rêvent parfois de faire alors que les décennies passées leur ont imposé, sinon une transparence totale (qui, d’ailleurs, serait tout aussi dangereuse que l’opacité, à ne pas confondre avec le secret ou la discrétion…), du moins une large publicité et une soumission apparente aux désirs versatiles des Opinions publiques. La Commission européenne échappe aux regards trop appuyés, sans doute parce qu’elle est trop « lointaine » ou se présente comme « la gouvernance » de L’Europe, et non comme un gouvernement, ce dernier terme impliquant évidemment, dans nos régimes contemporains, une certaine forme de contrôle exercé par les électeurs ou par les citoyens (je ne confonds pas les deux termes car ils recouvrent deux réalités politiques différentes). Cet « éloignement » de la Commission n’est pas une simple stratégie de sa part, il est constitutif même de la Construction européenne comme le confirment les écrits de Jean Monnet et ce que l’on a appelé la « méthode Monnet » : il suffit pour s’en convaincre de se souvenir de la genèse de cette fameuse déclaration Schuman du 9 mai 1950 dont certains veulent faire l’acte de naissance de « l’Europe », ce qui n’en est que plus logique… et révélateur !

 

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