07/05/2012
Et maintenant ? Les défis à relever du prochain président.
« Ite missa est » : la grand-messe électorale est dite, et c’est donc M. Hollande qui est le malheureux élu… Je dis bien malheureux car il arrive au plus mauvais moment possible et à la tête d’un Etat qui a, depuis quelques années déjà, renoncé à certains instruments du politique, laissant bien trop libres les féodalités économiques et les institutions européennes, celles-ci et celles-là trop heureuses d’en profiter… Ce qui se passe aujourd’hui en Europe et en particulier en zone euro marque la Grande Transition que j’évoque fréquemment et qui se fait, en large part, au détriment de nos vieilles et anciennes (à défaut de l’être encore) nations industrialisées, qui semblent incapables de sortir de la logique absurde d’une mondialisation devenue folle et de celle, non moins dangereuse, de la société de consommation et de distraction qui pousse à s’endetter toujours plus pour répondre à l’addiction consumériste de nos sociétés elles-mêmes…
Le nouveau président aura-t-il la force de « restaurer l’Etat » et, au-delà, le politique ? Au regard des institutions républicaines actuelles d’une part, et des pressions des puissances financières et économiques d’autre part, j’en doute ! Je ne mets pas en cause la volonté et la bonne foi de M. Hollande, qui seront plus tard discutées lorsque les grandes échéances arriveront, mais bien plutôt les capacités mêmes de la République qui n’est plus celle, même si elle en porte le même numéro, de son fondateur, le général de Gaulle.
Les premières difficultés seront sans doute avec le partenaire allemand, peu enclin à céder sur ses positions rigoristes, et avec les institutions européennes qui en appellent déjà au « sens de la responsabilité » de M. Hollande pour accélérer les réformes dites « structurelles », c’est-à-dire le démantèlement d’un droit social français jugé trop protecteur et pas assez libéral ; mais il faudra aussi compter sur des Marchés qui voudront impressionner le nouveau président et lui signifier qu’ils sont, en définitive, les « maîtres du jeu » et que, sans eux, rien n’est possible. Quant aux multinationales qui attendaient la fin de la présidentielle pour annoncer, au fil des mois qui viennent, de nouveaux plans sociaux, elles pourraient mettre leurs projets rapidement à exécution, au risque de provoquer l’ire du nouveau pouvoir mais, peut-être aussi, de montrer la faiblesse d’un Etat prisonnier de règles de libre-échange que Bruxelles mais aussi l’OMC sont chargés de garantir…
La République s’est liée les mains en abandonnant, au fil des ans, sa souveraineté politique à des institutions qui n’en étaient pas au sens politique mais beaucoup plus au sens administratif : des carcans, en somme, dont il est difficile de s’extraire légalement aujourd’hui…
Il ne faut pas se réjouir des difficultés de l’Etat à faire face à ces problèmes économiques comme institutionnels, mais il convient de rappeler que la remise en force, nécessaire, de l’Etat face aux groupes de pressions et aux défis de la mondialisation, passe par une nouvelle mutation institutionnelle qui inscrive le politique dans la durée, dans le temps long des générations successives et non plus dans les atermoiements d’une action gouvernementale limitée par le calendrier électoral et bridée par des forces économiques émancipées de leurs devoirs sociaux depuis trop longtemps.
Les faiblesses congénitales de la République, aggravées par la course d’un temps qui l’a usée prématurément, sont aussi des occasions de réflexion pour ceux qui veulent refaire un Etat politique solide et durable, socialement juste et économiquement équilibré : sans doute cela pourra-t-il aussi ouvrir un chemin, étroit mais qu’il conviendra d’élargir peu à peu, à la possibilité monarchique qui est, d’abord, celle d’une Monarchie du possible mais aussi de la volonté et de l’action, qui ne sont rien sans la durée et l’unité, ces éléments de définition de la Monarchie elle-même…
16:51 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : crise, libre échange, marchés, république, monarchie, hollande, justice sociale.
03/04/2012
Le 7 mai 2012...
Il reste une vingtaine de jours avant le premier tour, et les esprits s'échauffent en vue de cette dernière ligne droite qui se rapproche de plus en plus rapidement : chaque candidat jette ses dernières forces, ses derniers (ou presque) arguments dans la bataille, brille de ses derniers feux peut-être aussi... Qu'en restera-t-il demain ? Que deviendront les discours enflammés, les professions de foi enchantées, les postures altières, lorsque sera passé le temps des urnes ?
Après le premier tour viendra le temps d'affronter le second : deux candidats seulement, dans un combat singulier, et tous les coups (et tous les coûts, en promesses en tout cas...) seront promis et permis !
Mais le 7 mai, lorsque les cris de joie des partisans du vainqueur se seront tus, il est fort probable que l'Union européenne et l'Allemagne, mais aussi les multinationales se rappellent au bon souvenir du malheureux élu dont l'état de grâce risque de ne pas durer plus que la vie d'une rose sous une averse de grêle... J'ai déjà évoqué dans une précédente note le cynisme de General Motors et de PSA qui, alliés, annonceront le lendemain du second tour la liste des usines automobiles qui seront sacrifiées en Europe et en France ; mais il suffit d'écouter ce qui se dit à Bruxelles ou à Berlin pour comprendre que nos partenaires européens se moquent bien de ce que pourrait vouloir dire l'Opinion à travers ses suffrages des deux tours et le résultat final. L'élection présidentielle n'est-elle plus qu'une sorte de parade spectaculaire durant laquelle on fait beaucoup de bruit et de fureur pour bien peu de résultats concrets, puisque les décisions importantes se prendraient ailleurs ? L'annonce par le président candidat à sa réélection qu'il se rendrait le soir même à la rencontre de la chancelière Angela Merkel n'est-il pas, en définitive, un aveu de faiblesse, certains diraient même d'inféodation à l'Allemagne maîtresse de l'Europe ?
En fait, c’est le résultat des abandons de souveraineté qu’ont consenti, au fur et à mesure de la construction européenne fédéraliste (même si le fédéralisme européen reste, et sans doute fort heureusement, inachevé…), les gouvernements qui se sont succédé : désormais, la France apparaît liée (et le terme symbolise plus un emprisonnement qu’une fidélité…) aux décisions des institutions européennes et aux traités, et de moins en moins libre de son destin.
Qu’il faille une certaine solidarité européenne, j’en conviens, même si je ne limiterai pas cette « charité » politique et sociale aux seuls pays de l’Union européenne mais que je l’étendrai aux pays de la francophonie et à tous ceux dont la France s’honore d’être l’amie : mais il n’y a de bonne et vraie solidarité que celle qui est librement consentie et assumée. De plus, l’Union européenne, dans l’affaire grecque, n’a guère montré de compassion ni d’empathie pour celui de ses pays membres qui souffrait après avoir, certes, fauté (mais que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre !), attitude de l’Union qui laisse perplexe devant ses « beaux principes » pourtant déclamés haut et fort au temps où les choses allaient bien et qu’il fallait encore attendre des électeurs qu’ils se déterminent avant de prendre des décisions politiques !
Là, il ne s’agit pas de solidarité en tant que telle mais de l’imposition d’une politique décidée hors de France et par des administrateurs européens qui raisonnent en termes statistiques et non en réalités humaines et sociales, cherchant à tout prix à dépasser les pouvoirs politiques nationaux par une « gouvernance » dont on sait bien qu’elle n’est rien d’autre que la dépossession du politique et des Etats par des forces, des « féodalités » économiques et financières.
Ainsi, cette élection risque bien, en somme, d’être invalidée dans ses espoirs et ses promesses (d’ailleurs illusoires…) par des instances ne devant rien aux citoyens mais beaucoup aux élites qui, d’une certaine manière, forment une oligarchie qui se confond parfois avec une sorte de ploutocratie.
On touche là aux limites d’une République qui a renoncé à assumer tous ses devoirs politiques d’Etat au nom d’une construction européenne qui la déchargeait d’une partie de ses obligations et prérogatives, mais en même temps la désarmait politiquement, au risque de ne plus pouvoir agir efficacement sur les terrains économique et social.
Rendre à l’Etat sa force passe par une nouvelle architecture institutionnelle : non pas une VIe République, pâle copie de la défunte IVe, mais une Monarchie active et éminemment politique… et sociale !
23:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : élection présidentielle, république, monarchie, politique, oligarchie.
15/03/2012
Mon programme royaliste en couleurs...
Une petite mise au point sur le royalisme, suite à quelques discussions récentes sur la question et dans le cadre de ma « campagne présidentielle » 2012 :
Le royalisme aujourd'hui n'est pas, et ne doit pas être, que la dénonciation d'une République qui, née en 1792-1799 dans la manoeuvre des républicains ou des opportunistes du moment, et le sang des Basques, des Corses, des Vendéens, des Lyonnais, etc. (liste trop longue, malheureusement...), se contente aujourd'hui d'envoyer des Sarkozy ou des Hollande au pouvoir. Le royalisme ne doit s’appuyer ni sur le simple ressentiment, vain et malsain, ni sur la nostalgie, toute aussi vaine !
Le royalisme est un combat politique contemporain pour établir une monarchie libre et non vassale des forces d'Argent ; une monarchie fédérative des peuples de France quand la république ne sait pas décentraliser ; une monarchie sociale quand la république apparaît de plus en plus comme le règne des actionnaires et des financiers, des traders sans morale. En somme, un nouveau régime pour rompre avec cette république qui, de Danton à Sarkozy, privilégie l'argent et oublie les plus faibles sauf lors des campagnes électorales où les promesses sont nombreuses même si, en définitive, elles n’engagent que ceux qui y croient...
En même temps, le royalisme ne doit pas se contenter d’une simple posture mais être adapté aux défis contemporains, et proposer des pistes de réponse concrètes, sans a priori et sans démagogie : c’est la condition même de la crédibilité du mouvement royaliste français.
En ces temps de présidentielle durant lequel les monarchistes peuvent faire connaître leurs idées sans avoir besoin de rallier tel ou tel prétendant à l’Elysée (ce qui n’aurait pas beaucoup de sens et décrédibiliserait leur engagement), je mène une « campagne présidentielle » avec un programme de couleurs dont voici quelques pièces ici évoquées avant d’être ultérieurement développées : « les trois couleurs », ou un nationalisme mesuré et assumé ; « le pétrole vert de la France », ou le redéploiement agricole par un aménagement du territoire rénové ; « la houille blanche », ou le développement des énergies renouvelables telles que l’énergie hydraulique ou l’énergie houlomotrice ; « la planète bleue », ou la maîtrise et le développement intelligent de notre Zone économique exclusive maritime qui est, en superficie, la deuxième du monde ; « la matière grise », ou notre principal gisement de richesses, intellectuelles et culturelles ; etc.
Chacun de ces thèmes et quelques autres seront l’objet de futures notes, actuellement en préparation…
00:17 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : royalisme, république, campagne, présidentielle.