28.11.2009

En attendant les prochaines notes...

Ce blogue politique personnel n’est guère actif ces temps derniers, je l’avoue ! Mais un surcroît de travail et un temps qui ne cesse de me filer entre les doigts me détournent momentanément de mon ordinateur… Pourtant, il y aurait tant à dire, entre l’annonce de la suppression de l’histoire-géo en Terminale S dans la nouvelle réforme du lycée, l’absence de panache de l’équipe de balle-au-pied française, ou encore les débats sur l’identité nationale (débats qui ne me laissent pas indifférent)…

 

Un peu de patience, néanmoins : les vacances de Noël me donneront l’occasion de reprendre un rythme de publication plus soutenu et de préciser, en particulier, mes positions sur la question de « l’identité française », une question d’ailleurs mal posée par l’actuel gouvernement qui, parfois, semble oublier que la France n’est pas née en 1789, la Révolution française ne pouvant éclater et se proclamer telle (« française ») que parce qu’elle éclate dans une France déjà constituée en grande partie

 

En attendant, pour ceux qui veulent en savoir plus sur les idées que je défends (royalisme actualisé ; nationalisme-nationisme ; fédéralisme français ; lutte contre l’Argent-roi et les nouvelles féodalités ; politique d’écologie active ; enracinement ; équité sociale ; etc.), il suffit de feuilleter les pages de ce blogue, des origines à nos jours : plusieurs centaines de notes qui constituent des éléments de réflexion, de débats, y compris contradictoires, y sont lisibles. De quoi patienter jusqu’aux prochaines publications, non ?

 

Bonne recherche, et bonne lecture !

31.10.2009

Comprendre et combattre la crise.

J’étais mercredi dernier à Rennes, ma ville natale, pour quelques heures consacrées à ma famille, mes amis et, bien sûr, au combat politique : j’assumais ce dernier par la tenue d’une conférence-discussion autour du thème de « la crise », thème sur lequel je me suis penché avec insistance ces mois derniers à travers mes lectures et mes prises de notes. Ainsi, durant environ deux heures, dans la belle salle du premier étage du Piccadilly, ce café qui a vu tant de mes « aventures » politiques (entre autres…) des années 80-90, j’ai présenté quelques éléments pour saisir le sens de ce que nous appelons la crise, ses conséquences et les propositions qu’il est possible d’avancer pour en amortir les effets en France, tout cela devant quelques personnes fort attentives et, parfois, heureusement participatives.

 

Voici un petit résumé, forcément incomplet, de mes propos :

 

 

« L’étymologie du mot « crise » nous apprend que celui-ci signale une séparation entre un « avant » et un « après », ce que le théoricien marxiste Gramsci résumait en assurant qu’elle « est ce qui sépare le vieux du neuf ». En fait, celle que le monde voit rouler et se dérouler depuis quelques années, peut aussi être comprise comme le transfert de richesses et de puissance des pays du Nord, anciennement industrialisés, vers ceux du Sud, en fait plus exactement les puissances dites « émergentes » (mais le terme, dans ces cas-là, commence à dater un peu…), soit la Chine, l’Inde, le Brésil… Dans toute crise, il y a des gagnants et des perdants ! Doit-on y voir, aussi, l’application idéologique d’une forme de « darwinisme » économique et social à l’échelle de la planète ?

 

Pour autant, la crise, apparue bien avant la faillite de la banque Lehman Brothers à l’automne 2008, est multiforme : financière, économique mais aussi sociale, voire politique et géopolitique. Elle apparaît, pour nombre d’observateurs, comme révélatrice des déséquilibres d’un monde qui se veut global, au détriment parfois des équilibres internes des continents et des nations. Est-elle une « crise du système » capitaliste, libre-échangiste et consumériste ? Elle semble plutôt être une « crise systémique » qui, en soi, ne remet pas en cause le capitalisme lui-même ni la société de consommation mais se contente de les « purger » ou de redistribuer les cartes, cette fois au détriment de nos pays et de nos populations… On peut peut-être le regretter mais il semble bien que cela soit ainsi, et peu de nos concitoyens remettent en cause l’esprit même du capitalisme libéral malgré quelques grincements de dents : pas de révolution à l’horizon, semble-t-il !

 

L’actuelle redistribution des cartes au plan mondial se fait au bénéfice des puissances émergentes, et que le G8 ait définitivement cédé la place au G20 en est un indicateur non négligeable : cela cache-t-il un G2 Chine-Etats-Unis qui est souhaité beaucoup plus par Washington que par Pékin ? Ce n’est pas exclu…

 

Face à cette crise multiforme (qui prend parfois aussi des aspects de « crise de civilisation », même si nos concitoyens n’en ont pas encore conscience), que faire ?

 

L’Union européenne, pour l’heure, semble peu réactive en tant que telle, et ce sont les pays membres qui, par des politiques de relance et d’endettement, affrontent réellement les problèmes. Le temps du « libéralisme sans contraintes » est, apparemment (je précise bien « apparemment » : reste à voir ce qu’il en sera sur la durée), dépassé et c’est plutôt au retour de l’Etat-pompier auquel on assiste, avec des « dérives déficitaires » parfois inquiétantes, faute de politique vraiment fondée sur le « long terme » dans la plupart des cas, en particulier en France.

 

La France n’est pas épargnée par la crise et ses conséquences, en particulier sociales, avec la montée de la précarité et l’augmentation du chômage, principalement dans le domaine industriel, d’où un sentiment de malaise et d’inquiétude, voire d’amertume et de révolte, d’une révolte qui a du mal à trouver une traduction politique concrète.

 

Les royalistes pourraient se contenter de se joindre au fatalisme ambiant et renoncer à toute réflexion sur ce sujet, en attendant la reprise tant annoncée… cela ne correspond ni à leur tradition ni à leur politique, heureusement ! D’où, au-delà des analyses sur la crise, la volonté de trouver des solutions réalistes mais aussi imaginatives, tout en respectant le principe fondamental, rappelé aussi par la récente encyclique pontificale : « L’économie doit être d’abord au service des hommes, et non l’inverse ».

 

La politique monarchiste tient en quelques propositions simples, qui ne cherchent pas à « faire système » mais plutôt à « faire force » pour le pays et son économie :

 

-         Néocolbertisme intelligent et adapté aux réalités du moment, dans lequel l’Etat n’est pas le « patron » mais bien plutôt celui qui lance les projets et l’impulsion, qui aide et arbitre, qui fixe des cadres et quelques objectifs simples mais laisse la direction aux entrepreneurs (sous réserve qu’ils acceptent le cadre général fixé par l’Etat) ;

-         Protectionnisme modulé selon les domaines et les cas, qui s’appuierait sur une relocalisation partielle de la production industrielle et agricole, mais aussi des industries de transformation, en particulier alimentaires, et sur la protection des secteurs aujourd’hui menacés par la concurrence déloyale des multinationales qui produisent à bas coût et sans souci social.

-         Aménagement du territoire qui chercherait à maintenir les équilibres au sein du pays et à revitaliser, par le redéploiement rural (entre autres), des zones aujourd’hui désertifiées ou en déshérence démographique : les nouvelles technologies, qui doivent être accessibles en tous les points nécessaires du territoire national, peuvent permettre de « désurbaniser » une partie des emplois du secteur tertiaire, par exemple.

-         Politique de grands projets et de grands travaux, qui peuvent utilement compléter les propositions évoquées précédemment : la « grande gare internationale de Paris » qui permettrait de relier les différents réseaux ferroviaires passant par la capitale pourrait être un de ces grands projets, tout comme la construction de nouveaux porte-avions qui seraient bien utiles en cette période de montée des tensions internationales et permettraient, au-delà de la finalité de Défense, de maintenir l’activité de nombreux ports et chantiers navals ; etc.

 

Cette liste n’est évidemment pas exhaustive, mais encore faut-il que le pouvoir politique d’Etat ait la volonté et, au-delà, la durée suffisante pour mener à bien ces projets et cette stratégie : la République, au regard de son état actuel et de ses limites électorales, est-elle la mieux placée et la mieux adaptée pour relever les défis de la crise ? Poser la question, c’est déjà y répondre… Le philosophe Michel Serres insistait, il y a quelques temps, sur la nécessité d’une « politique du long terme », politique qu’il voyait entravée par les constantes bagarres, querelles d’ego et combats de coqs pour la magistrature suprême de l’Etat. En inscrivant le temps de l’Etat, en sa tête, dans la durée et par la continuité, la Monarchie, à défaut de résoudre d’un coup de sceptre magique les problèmes du pays et du monde, donnerait plus de force à l’Etat et à la nation ainsi incarnée pour résister aux tempêtes qui soufflent, mais aussi à celles qui s’annoncent…

 

25.06.2009

Le royalisme, combat pour la monarchie.

Une petite mise au point sur le royalisme, déjà faite sur un forum et reprise hier soir dans une discussion avec un collègue :

 

Le royalisme aujourd'hui n'est pas, et ne doit pas être, que la dénonciation d'une République qui, née en 1792-1799 dans la manoeuvre des républicains ou des opportunistes du moment, et le sang des Basques, des Corses, des Vendéens, des Lyonnais, etc. (liste trop longue, malheureusement...), se contente aujourd'hui d'envoyer des Sarkozy au pouvoir. Le royalisme ne doit pas s’appuyer ni sur le simple ressentiment, vain et malsain, ni sur la nostalgie, toute aussi vaine !

 


Le royalisme est un combat politique contemporain pour établir une monarchie libre et non vassale des forces d'Argent ; une monarchie fédérative des peuples de France quand la république ne sait pas décentraliser ; une monarchie sociale quand la république apparaît de plus en plus comme le règne des actionnaires et des financiers, des traders sans morale. En somme, un nouveau régime pour rompre avec cette république qui, de Danton à Sarkozy, privilégie l'argent et oublie les plus faibles.

 

En même temps, il ne doit pas se contenter d’une simple posture mais être adapté aux défis contemporains, et proposer des pistes de réponse concrètes, sans a priori et sans démagogie : c’est la condition même de la crédibilité du mouvement royaliste français.

14.04.2009

Vacances militantes royalistes, forcément royalistes...

Certains pourraient croire que je néglige mon propre blogue au regard du peu de notes publiées ces jours derniers, au moment même où commençaient les vacances scolaires : en fait, j’ai profité de mes premiers jours de congé (remisant pour encore une bonne semaine les devoirs d’histoire de Première…) pour me lancer dans une campagne militante royaliste qui, malgré des moyens financiers et matériels fort « mesurés », cherche à être utile et donner quelque visibilité au courant monarchiste français.

 

Ainsi, après le maquettage simple de quelques nouveaux modèles d’affiches (avec une paire de ciseaux, de la colle, du papier et une photocopieuse amie), la reproduction de quelques modèles de papillons et de tracts, et la mise de côté de multiples essais ou brouillons peu convaincants (je ne suis pas un pro de la communication publicitaire et mes connaissances en informatique sont trop limitées pour pouvoir faire des « visuels » satisfaisants), venait l’heure de l’action de terrain : avec ma « roycomobile » décorée de multiples autocollants royalistes, je sillonne depuis dimanche les Yvelines et la région parisienne, principalement côté Ouest, collant affiches, papillons et autocollants fleurdelysés, glissant des tracts sous les portes vitrées des commerces (cela se voit bien, les jours fériés : pub politique peu coûteuse et plutôt rentable, côté visibilité du royalisme), en distribuant parfois quelques uns de la main à la main, etc.

 

Certains moqueront peut-être cette « politique du pauvre », faite de quelques morceaux de papier imprimé, de kilomètres avalés en voiture mais aussi à pied, d’huile de coude et de colle universelle à papiers peints et, parfois, de coups de blues (si, si, ça arrive…), mais je reste persuadé que c’est la volonté qui peut surseoir au manque de moyens et de bras : « la foi peut déplacer des montagnes », dit-on… Il est vrai que les montagnes en question sont imposantes et un peu décourageantes, mais la vieille formule de Maurras « Le désespoir en politique est une sottise absolue » me tient lieu, pour l’occasion, de viatique.

 

La semaine prochaine, je pars sillonner les routes de « ma » circonscription, principalement les cinq départements de la Bretagne historique, toujours dans ma fidèle roycomobile (un peu fatiguée…), pour rencontrer journalistes et électeurs, militants monarchistes et amis, coller les milliers d’autocollants et affiches aux couleurs de l’Alliance Royale mais aussi ceux du Groupe d’Action Royaliste et de la Fédération Royaliste de Bretagne. Pas le temps de m’ennuyer !

 

Je pars avec, dans mes bagages, un petit dossier de presse et le clip de présentation de la campagne royaliste en Bretagne pour les européennes du 7 juin : http://www.dailymotion.com/mychannel/Chauvinroyaliste/vid... .

Un clip tourné à Rennes le dimanche 5 avril et qui en appelle d’autres : il est prévu que je « tourne » à Nantes ou en Vendée, terre « historique » de la Contre-Révolution, des Charrette et des Cathelineau, cette terre qui a tant donné, aux heures terribles de la République girondine puis montagnarde, pour sauver l’essentiel, c’est-à-dire une conception humaine des rapports sociaux, et cela en brandissant « le drapeau de Dieu et du Roi ». Une terre à laquelle Pierre Péan vient de rendre hommage dans son livre récent, « Une blessure française, les soulèvements populaires dans l’Ouest sous la Révolution ».

 

En tout cas, des vacances bien remplies, et forcément monarchistes…

28.03.2009

Encore l'Action Française...

Je viens de passer trois journées à Paris pour suivre, de bout en bout, le passionnant et motivant colloque sur « le maurrassisme et la culture » organisé par le Centre d’histoire de Sciences Po. Comme l’a souligné Olivier Dard dans sa conclusion, il s’agissait de « ramener le maurrassisme à sa dimension historique », comme « objet historique », et c’est une œuvre qui est loin d’être achevée, au point de susciter de prochains colloques, comme celui du mois de mai 2009 à Metz sur l’un des compagnons de Maurras, Jacques Bainville, et le quatrième, annoncé pour l’an prochain à Paris, de la série sur « L’Action Française : culture, société et politique ».

 

J’ai beaucoup appris lors de ce colloque et j’ai hâte de lire le volume des actes d’icelui qui sortira l’an prochain : le « continent Action Française » est si vaste qu’il y a encore de multiples explorations à en faire, ce à quoi se sont attelés de nombreux historiens, de l’Oregon à l’Allemagne, de la France au Royaume-Uni…

 

Ainsi furent évoqués dans ces trois jours des personnalités aussi différentes que l’historien de l’Art Louis Dimier, Thierry Maulnier ou Jean Rivain qui, chacun en leur domaine, ont incarné un « aspect d’Action Française », voire « un moment ». Il était intéressant d’étudier comment l’AF pouvait influencer les mouvements ou les écoles culturelles, en musique comme en histoire ou, au contraire, être influencée par eux : cela amenait à poser la question du rapport entre culture et politique au sein de l’Action Française, mais aussi celle de l’apogée de l’AF qui, selon Olivier Dard, se situerait autour des années 20, plutôt au début de celles-ci, mais avec des décalages temporels, selon les domaines considérés.

 

Il me faudra reparler de ce colloque ultérieurement parce que, au-delà de l’aspect historique, il me semble nécessaire d’en étudier les leçons stratégiques : si l’AF « a vécu », au sens politique du terme, elle n’en reste pas moins une expérience unique dans l’histoire du royalisme contemporain et celle qui a eu la plus grande épaisseur idéologique de tous les mouvements attachés à ce que l’on nomme, en politique, le traditionalisme ou la Contre-Révolution, et il serait illusoire d’oublier, ou de renier, ce qu’elle peut encore apporter au combat royaliste actuel.

 

J’ai déjà dit ce que je devais à l’AF, et il est certaines de ses intuitions que je partage, certaines de ses idées que j’approfondis et revendique : il en est aussi beaucoup que je récuse et je n’oublie pas que, si l’AF a été riche de ses différences, elle l’est peut-être encore plus de ses dissidences… Les « ardeurs incomprises » d’Henri Lagrange et les « audaces stendhaliennes » de « la Revue Critique » ; les « lys sauvages » de la « Jeune Droite » des années 30 ; les « nouveaux chemins » de Philippe Ariès et de Pierre Boutang : autant d’aventures royalistes, politiques ou intellectuelles, qui peuvent encore alimenter la réflexion et qu’il serait regrettable de négliger.

 

Mais il ne faut pas chercher à copier ce qui a été, il s’agit de trouver de nouvelles voies ou, plus exactement, des voies adaptées à « notre bel aujourd’hui » pour « passer » : en cela, je reste tout à fait fidèle à Maurras qui clamait (malheureusement parfois sans se l’appliquer à lui-même…) : « la vraie tradition est critique ».

25.03.2009

Au-delà de l'Action Française...

Cette semaine, je fais faux bond à mes élèves durant deux jours pour me rendre au colloque organisé par le Centre historique de Sciences Po sur un thème qui m’intéresse au plus haut point, « Le maurrassisme et la culture ». En fait, c’est la troisième partie d’une série débutée en 2007 à Paris et poursuivie en 2008 à Metz, et qui a déjà donnée lieu à la publication d’un fort volume intitulé « L’Action Française : culture, société, politique » auquel j’ai consacré deux longs articles publiés dans « L’Action Française » actuelle.

 

Le programme des trois journées du colloque est fort alléchant et j’avoue une certaine impatience à entendre les conférences annoncées qui devraient permettre de mieux cerner les aspects de la « culture d’AF » et ses limites, ses influences sur les débats de l’époque, ses répercussions ou ses échos jusqu’à aujourd’hui, etc. Redécouvrir (ou, même, découvrir tout simplement) des idées, des textes, des interventions, etc. issus du courant monarchiste maurrassien, de cette école de pensée à laquelle je dois, dans une très large mesure, d’être devenu royaliste, et d’avoir aussi su « m’inventer » un royalisme plus personnel, non moins politique, non moins fidèle mais peut-être moins dogmatique, moins doctrinal, moins « daté » aussi…

 

Ce colloque est aussi un moyen pour moi de prendre la mesure de ce qu’il me reste du patrimoine ou de l’héritage d’AF, ce que j’en ai gardé et ce que je n’ai jamais accepté, ce que j’ai rejeté et ce que j’ai récupéré, parfois transformé : ce qui est certain, c’est que j’ai une immense dette intellectuelle envers l’Action Française, et que je n’ai pas l’intention de renier cette part de ma vie politique et militante. Certes, Maurras n’est pas mon seul « maître », et sans doute n’a-t-il été qu’un médiateur pour m’ouvrir à d’autres perspectives. Après tout, Maurras ne disait-il pas qu’il ne voulait pas faire des maurrassiens mais bien plutôt des royalistes ? En ce sens, il a plutôt bien réussi avec moi, même si c’est justement parfois en m’éloignant de lui que je le suis resté…

 

Depuis ce Noël 1977 où maman m’a offert, en cette année de mes quinze ans, un gros bouquin orange intitulé « Œuvres capitales » et signé d’un certain Charles Maurras dont je ne connaissais rien à l’époque, sinon qu’il était « de Droite » de façon assez vague, j’ai pratiquement « fait le tour » de la pensée maurrassienne et je n’y ai pas toujours trouvé mon compte : en somme, il m’a fallu le compléter, voire le dépasser, pour faire fructifier ce que j’avais appris à sa fréquentation livresque. La lecture de Bertrand de Jouvenel et, en particulier, de ce qui fut mon « maître livre », son ouvrage « Du Pouvoir » m’a sans doute permis plus facilement de remettre en cause certains préjugés sur une Démocratie dont je ne percevais pas aussi bien auparavant le mécanisme de renforcement du Pouvoir sur les personnes et les communautés.

 

Mais il y eut aussi Georges Balandier et son livre « le dédale » ; les écrits de Pierre-André Taguieff ; ceux de Bertrand Renouvin dont celui qui m’a le plus marqué : « La République au Roi dormant » ; et tant d’autres, monarchistes ou non.

 

Ce qui m’intéresse aussi dans ce colloque, c’est de saisir en quoi le maurrassisme et ses surgeons intellectuels ont pu jouer un rôle dans le processus, incomplet et inachevé, de « monarchisation de la République » sensible, de façon fort diverse et même antagoniste (qu’y a-t-il de commun entre De Gaulle et Sarkozy, tous deux pourtant traités de « monarques » ?), au gré des présidences de la Cinquième.

 

Derrière l’histoire des cultures et des idées politiques de l’Action Française, souvent passionnante et passionnée, aventurières et aventureuses, se profilent quelques questions politiques et institutionnelles, voire civilisationnelles, qui n’ont pas tout perdu de leur actualité ! Si tel était le cas, d’ailleurs, serai-je royaliste et partisan d’une magistrature suprême de l’Etat « libre et active » ?

 

De plus, en tant qu’historien, il m’intéresse aussi de voir où en est la recherche sur les royalismes français du XXe siècle, et comment, désormais, ils s’inscrivent dans le temps des historiens et dans la « mémoire savante ».

 

Autant de raisons, historiques et politiques, dans lesquelles le sentiment n’est pas très loin non plus, qui fondent mon impatience : vivement mercredi après-midi que le colloque commence…

  

26.02.2009

Mon engagement et mes insuffisances.

J’étais lundi dernier au Salon de l’Agriculture et certains ont peut-être regardé la vidéo dans laquelle j’évoque quelques aspects de l’agriculture française aujourd’hui menacée par la globalisation et une PAC trop productiviste : http://www.dailymotion.com/mychannel/Chauvinroyaliste/vid... .

En fait, cette petite vidéo n’est évidemment pas exhaustive de mes remarques, analyses et propositions sur ce sujet de l’agriculture française, et certains l’ont trouvée décevante parce qu’elle apparaissait plus improvisée que structurée autour d’un discours bien charpenté et approfondi : je plaide coupable, car c’est moi qui avait proposé cette forme de propos un peu désordonnés et spontanés, et je constate que, du coup, l’efficacité en a sans doute souffert. Mais cela va être aussi l’occasion de compléter cette vidéo par une autre, plus formelle et plus politique encore, dont le discours sera préparé à l’avance.

 

En fait, grâce à l’équipe d’amis du Groupe d’Action Royaliste et de ses alliés, je me suis remis à un travail politique inscrit dans une stratégie d’ensemble, en cherchant à être moins « perso » dans mon combat monarchiste que je livre depuis des années en « royaliste indépendant et disponible ». En même temps, je continue à travailler avec tous les mouvements, journaux et cercles monarchistes qui acceptent mon aide : que cela soit l’Alliance Royale dans le cadre des européennes de juin 2009 (j’en reparlerai longuement prochainement), le journal « L’Action Française » ou la Nouvelle Action Royaliste pour laquelle il m’arrive d’écrire des articles (dans Royaliste et Lys Rouge) et de coller des affiches (comme celles sur la défense de la Poste, service public), ou encore des blogues locaux comme celui de Bretagne (je suis d’ailleurs très en retard sur la publication de notes… Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa…), etc. (liste non exhaustive…).

 

Je voulais par cette note rappeler que, pour moi, être royaliste n’est pas un agréable passe-temps mais un véritable engagement quotidien ou, mieux encore, une « fidélité active et créatrice », dans mes différents cadres sociaux. Je ne suis pas nostalgique d’un âge d’or monarchique qui n’a jamais existé, mais désireux d’agir pour changer ce qui doit l’être et rendre au Politique ses droits et ses devoirs, à travers la recherche d’unité et d’indépendance de l’Etat au dessus des intérêts partisans et égoïstes.

 

Mon royalisme n’est pas théorique, il est bien vivant…

12.12.2008

La Monarchie ne réécrit pas l'histoire, elle l'assume.

L'Histoire est pleine de surprises et d'imprévus. Certes, la possibilité d'une instauration monarchique en France paraît fort lointaine et, surtout, difficile. Mais rien n'est impossible: l'exemple espagnol est la preuve que ce qui paraît improbable peut arriver. Pour la France, il y a le fort attachement des Français à 1789 et ses suites: c'est moins vrai aujourd'hui qu'il y a 20 ans. D'autre part, hormis le fait que la part "positive" de la Révolution selon l'opinion (qui n'a pas forcément raison au demeurant) est antérieure à l'établissement même de la République en 1792, une monarchie nouvelle n'aurait pas à rentrer en conflit avec l'Histoire, fût-elle désagréable pour les rois et les royalistes, mais à l'assumer (ce qui ne signifie pas pour autant s'y "rallier"..) et à la dépasser. Le regret n'est pas une politique et la monarchie nouvelle, qui sera évidemment attendue sur ce point, devra veiller à ne pas être une nostalgie romantique. La monarchie devra être habile et faire ses preuves dans un délai fort court, mais l'impulsion d'une vaste décentralisation et d'une politique régalienne audacieuse peut lui permettre de s'ancrer dans le pays, comme cela s'est fait en Espagne en quelques années. Le point d'inconnu c'est évidemment l'"événement" fondateur de cette nouvelle monarchie. Encore faut-il aujourd'hui, en attendant ce moment, "dédramatiser" la monarchie, la rendre plus "lisible" aux Français en faisant tomber les préjugés. J'essaie, pour ma part, de le faire autour de moi et par mes écrits, et je prône une monarchie qui ne soit pas la caricature que nous apercevons trop souvent à travers les récits de la presse pipol ou par les hagiographies d’un certain royalisme irréel...
Quant au roi, qui serait-il? Un prince de la famille d'Orléans, le comte de Paris aujourd’hui, le prince Jean, son fils, demain, qui, discrètement, sillonnent la France et le monde pour écouter et proposer: ils sont formés à la politique depuis leur plus jeune âge et ils la considèrent comme un métier et un devoir. Ont-ils une chance? Ce n'est pas impossible...

 

09.06.2008

Un livre sur Philippe Ariès.

Philippe Ariès a été un royaliste fidèle jusqu’au bout, tout en devenant une référence obligée de ceux qui s’intéressaient à l’histoire de la famille et à celle de l’homme devant la mort. Un ouvrage universitaire vient de sortir sur cet historien original, ouvrage que je me suis empressé d’acheter et, entre deux paquets de copies, de lire. Voici quelques extraits de ce qu’en dit l’hebdomadaire Valeurs actuelles, (16 mai 2008), sous la plume de Pol Vandromme :

« Philippe Ariès, un traditionaliste non-conformiste, de Guillaume Gros.

Un universitaire, Guillaume Gros, consacre un essai biographique magistral à Philippe Ariès, qui se désigna lui-même, avec une modestie malicieuse, « historien du dimanche ». Ce qui voulait dire : un amateur qui, par une recherche solitaire et personnelle, avait édifié son œuvre hors de l’Université ; un franc-tireur, en somme, et déjà, par cette démarche originale, un non-conformiste. Ariès (1914-1984), né dans une famille monarchiste, et fidèle au patrimoine que lui léguèrent les maîtres qui le formèrent, se référa d’abord à la conception bainvillienne de l’Histoire. Sans rompre avec elle et, en même temps, sans ignorer les apports de la nouvelle histoire sensible à l’évolution de la société françaises et aux préoccupations contemporaines des Français, il s’efforça, en conciliateur, d’établir une sorte de synthèse entre la tradition et la modernité. Issu de l’école d’Action française, se réclamant du « Politique d’abord », il se rapprocha de l’école des Annales, attentive à « l’histoire essentielle », aux mentalités qui la nourrissent. Son livre charnière, le Temps de l’histoire, annonçait ses deux ouvrages majeurs, l’Enfant et la Vie familiale sous l’Ancien Régime et l’Homme devant la mort, qui le firent reconnaître, en le plaçant au premier rang, par les plus illustres de ses pairs, de Duby à Le Goff. (…). Mieux que personne aujourd’hui, Ariès apporta la preuve que « la vraie tradition est critique », qu’il importait de la renouveler en la débarrassant des routines, des catéchismes et des litanies bêtes qui la sclérosent. Il fut un rénovateur pour maintenir vivante la part sacré du passé. »

Ariès fut aussi un fidèle compagnon de Pierre Boutang avec qui il participa jusqu’au bout à l’aventure intellectuelle et journalistique de « La Nation française », hebdomadaire monarchiste post-maurrassien. Il est en tout cas l’exemple même du royaliste qui ne se laisse pas enfermer dans le passé mais cherche à comprendre et agir, sans préjugé ni blocage idéologique, tout en gardant sa fidélité, jusqu'à son lit de mort, en 1984, à la famille royale du comte de Paris dont il demandait encore des nouvelles à la veille de son décès.

02.05.2008

1er mai férié.

Le 1er mai est l’un des rares et derniers jours fériés qui méritent encore ce nom, ne serait-ce que parce que les autres inscrits au calendrier de mai ne le sont vraiment que pour les fonctionnaires et un certain nombre d’entreprises industrielles tandis que les centres commerciaux, eux, sont « exceptionnellement » (sic !) ouverts… Or, à lire une certaine presse économique, à entendre certains débats sur les chaînes de radio et à voir la question du jour du site www.lefigaro.fr (« faut-il supprimer la Fête du travail ? »), il semble bien que l’offensive contre le caractère férié de ce 1er mai soit lancée !

 

Il est reproché à ce jour-là de faire perdre de la croissance à notre pays et à son économie, comme si c’était l’existence de quelques jours de repos « pour tous » au fil de l’année qui expliquait la crise économique actuelle, d’une part, et comme si la croissance était le seul élément d’appréciation de la qualité et du sens de la vie dans notre société, notre pays, d’autre part…

 

En fait, il semble bien qu’au-delà des arguments un peu mesquins de quelques économistes et néolibéraux extrémistes, il s’agit de s’en prendre au symbole même du 1er mai, symbole social, voire « socialiste » mais bien au-delà de sa simple définition idéologique marxiste ou proudhonienne, et de nier une certaine réalité du monde du Travail qui n’est pas « que » financière mais aussi faite de la sueur des ouvriers (entre autres) et de leurs peines, mais aussi de leurs luttes. Dire cela ne fait pas de moi, loin de là, un marxiste : je me rattache à la tradition du royalisme social incarnée par Albert de Mun, René de La Tour du Pin, Firmin Bacconnier, Jacques Valdour, noms bien oubliés aujourd’hui de personnalités politiques pourtant fort engagés sur la « question sociale » mais qui ne s’inscrivaient pas dans la tradition républicaine ou dans celle, plus marquée encore, du socialisme idéologique.

 

Personnellement, autant je suis hostile aux agitations démagogiques de certains syndicats, en particulier dans le monde enseignant auquel j’appartiens, autant je le suis à un capitalisme qui oublie les droits sociaux et les devoirs de ceux qui dirigent et possèdent envers ceux qu’ils emploient. Aussi, il me semble que cette polémique autour du caractère férié du 1er mai n’a guère de raison d’être : il faut permettre au monde du Travail de respirer, ne serait-ce que pour motiver les travailleurs eux-mêmes et ne pas les décourager en cette période de morosité et d’inquiétudes. Mais il est aussi clair que cette polémique vise surtout le caractère férié du dimanche, caractère gagné par les parlementaires chrétiens et les syndicats en 1906, et aujourd’hui remise en cause par les grandes surfaces et les parlementaires (pas tous, d’ailleurs…) de l’UMP.

 

Petite remarque : la radio évoquait ce matin le fait que le dimanche était toujours férié chez notre voisin allemand, et que cela n’empêchait pas l’Allemagne de connaître une situation économique plus favorable que la nôtre… Comme quoi !

 

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