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10/12/2018

Pour une consommation responsable à Noël !

La crise n’en finit pas de finir, comme dit l’ironique formule : le discours tant attendu du président de la République va-t-il répondre aux attentes et aux impatiences, ou remettre de l’huile sur le feu ? Nous verrons bien mais, au-delà des déclarations et des suites de cette crise sociale devenue politique et économique, sans doute faut-il aussi repenser notre rapport à l’économie, simplement, dans notre vie quotidienne et, aujourd’hui, face aux fêtes de Noël. Car les réponses nous appartiennent aussi, et, comme le disait un slogan aperçu à Versailles ces dernières années, « Nos emplettes sont nos emplois », même si le rôle de l’Etat doit être d’ordonner « la grande économie » et de garantir l’équité économique et sociale dans l’unité française, tout en préservant les intérêts français face au monde et à la mondialisation, rôle qu’il semble ne plus remplir désormais.

 

Consommer intelligemment et « socialement », c’est d’abord ne pas acheter sur ces grandes plateformes de commerce en ligne, dont celle qui porte le nom du grand fleuve d’Amérique du Sud, multinationale fraudeuse qui prive les Etats, et particulièrement le nôtre, de ressources fiscales qui se comptent en milliards d’euros annuels. Or, je constate que les classes moyennes et aisées ont pris l’habitude de commander par la toile ce qu’elles pourraient acheter (ou commander) dans les boutiques réelles, par une facilité qui confine parfois à de la paresse. Pourtant, cela a un coût caché mais très lourd pour les finances françaises : car, trop souvent, le commerce dit « en ligne » échappe aux contraintes fiscales et concurrence directement le commerce réel, qui reste, par nature, limité par des horaires humains et c’est d’ailleurs heureux ! Or, c’est bien ce dernier commerce qu’il faut aider et sauvegarder, pour éviter une « dématérialisation » trop avancée de l’économie qui serait une catastrophe, pas seulement économique mais aussi tout simplement sociale et humaine.

 

Acheter à des commerces à taille humaine et de proximité, ruraux ou urbains, c’est aussi le meilleur moyen de conserver un tissu de liens sociaux près de chez soi et au cœur de notre pays, de ses campagnes, de ses villes et de ses quartiers : c’est une pratique individuelle multipliée par autant d’habitants qui peut avoir de vraies et heureuses conséquences sur la réalité économique de notre pays. Mieux vaut acheter à des personnes concrètes, vivant près de chez nous, que de financer des plateformes ne profitant qu’à quelques uns, souvent actionnaires résidant de l’autre coté de l’Atlantique ou confinés dans des quartiers protégés des villes mondiales occidentalisées.

 

De plus, privilégier les produits fabriqués en France, c’est préserver les emplois industriels tout comme acheter des volailles ou des viandes françaises, tout comme légumes, champignons ou fruits locaux, peut permettre de maintenir et de développer une agriculture qui doit, si elle veut survivre, se dégager du piège d’une mondialisation incontrôlée qui se définit et se marque trop souvent comme « la guerre de tous contre tous » au profit de quelques uns. Ainsi, pour les fêtes, je ne me fournis que chez des boulangers et pâtissiers locaux, des petits artisans bouchers et des cavistes indépendants, sans passer par les grandes surfaces qui tirent les prix vers les bas en se fournissant dans des pays où les salaires sont (très et trop) bas, et dans lesquels la qualité des produits est souvent dévalorisée au profit de la quantité !

 

Consommer en responsabilité, c’est aussi un acte civique et, même, politique ! Ce n’est pas toujours facile, certes, mais si les consommateurs français ne le font pas, le risque est de voir la facture sociale (donc fiscale) s’aggraver ! L’Etat, s’il n’avait pas si peur de froisser les ayatollahs du « libre-échange » qui contrôlent la Commission européenne, devrait agir pour inciter (et non forcer, évidemment) nos concitoyens à cette consommation responsable et juste. Mais une République soumise aux intérêts de l’Argent et de la Société de consommation (cette « Société » qui est incapable de concevoir la prospérité sans la croissance, alors que c’est pourtant et sans nul doute un enjeu pour la suite !) peut-elle s’engager dans une telle politique, librement et intelligemment ? Par expérience et par réflexion, j’en doute !

 

Là encore, une « révolution royale », qui n’est pas un simple changement de locataire du Pouvoir, pourrait ouvrir de nouvelles possibilités à l’économie et à la consommation dans notre pays. En attendant, chaque consommateur, royaliste ou non, peut s’engager dans une « régence » économique en pratiquant ces quelques gestes simples qui transforment l’acte de consommer en acte social, économique et politique éminemment français. Le jeu en vaut la chandelle, et peut permettre une suite heureuse : alors, au-delà des paroles, agissons, concrètement et simplement, pour un Noël français !

 

 

 

29/01/2017

Contre la délocalisation spéculative de Whirlpool.

Une fois de plus et malgré la proximité d'une élection présidentielle, sans doute aussi parce que la perspective de la victoire d'un Macron ou d'un Fillon n'effraye guère les investisseurs et les spéculateurs (qui ne sont pas forcément les mêmes, heureusement), une multinationale délocalise l'activité de son usine française vers un pays à bas coût salarial : cette fois, c'est la Pologne qui est choisie, non pour les qualités mêmes de ses ouvriers (qui, disons-le, ne sont évidemment pas en cause), mais parce que leurs salaires sont beaucoup plus « compétitifs », ce simple qualificatif montrant combien cette stratégie industrielle n'est rien d'autre que la mise en concurrence de tous contre tous, et non la volonté de faire travailler, là où ils sont, des femmes et des hommes. Ici, ce n'est pas le travail qui compte et qui est valorisé, et encore moins ceux qui travaillent, mais le simple enjeu financier, la spéculation même...

 

Cette fois, c'est Whirlpool, multinationale de l'électro-ménager dont le siège social trône aux Etats-Unis, qui délocalise et, dans la foulée, ferme sa dernière usine française basée à Amiens, ville déjà fortement frappée par la liquidation, il y a quelques années, de l'usine de production de pneumatiques Goodyear. Alors que l'ancien directeur s'est toujours opposé à la délocalisation de son usine, au prix d'une rude politique de réduction des coûts, son départ à la fin de l'année dernière a fait tomber le principal obstacle à la désindustrialisation du site amiénois. Désormais, la délocalisation totale de l'usine est annoncée pour l'an prochain et les 290 derniers salariés d'un site qui en comptait encore 1.300 au début des années 2000 seront condamnés au chômage ou à la « reconversion » souvent peu valorisante et, même, dépréciative...

 

Dans le même temps, les favoris de la prochaine présidentielle (du moins ceux du moment...) nous parlent de la mondialisation, de la « nécessaire adaptation » à celle-ci et semblent passer par « pertes et profits » les salariés, désormais véritables variables d'ajustement de l'économie, et traités comme telles.

 

La légèreté avec laquelle sont considérés et traités les travailleurs d'Amiens est choquante et me choque, profondément : elle est néanmoins révélatrice d'un système économique et de pensée qui se traduit aussi par une forme de « dépolitisation » de nos sociétés, c'est-à-dire une émancipation (que certains rêveraient totale) de la sphère de décision économique à l'égard de la politique et des décisions de l’État... C'est la logique de « 1791 », celle qui préside au décret d'Allarde et à la loi Le Chapelier : un libéralisme qui libère l'Argent en proclamant la « liberté du travail » qui, en définitive, n'est ni celle des travailleurs, ni celle du travail au sens noble du terme mais seulement la liberté pour ceux qui en ont les moyens de faire travailler, au profit de l'Argent et de ceux qui le possèdent sans se reconnaître aucun devoir à l'égard de ceux qui n'en ont pas ou de ceux qu'ils font travailler pour qu'ils leur en rapportent plus encore.

 

Le refus de la direction de Whirlpool d'écouter les inquiétudes et les recommandations du gouvernement français en dit long sur cet état d'esprit franklinien qui anime les entrepreneurs libéraux (sans avoir besoin d'être « néo » ou « ultra ») ainsi que sur leur désinvolture à l'égard des États : suffit-il de le regretter ? Non, et le dénoncer paraît bien utile pour rompre avec un certain fatalisme dont profitent les spéculateurs. Mais, proposer s'impose, si l'on veut être crédible et efficace.

 

C'est l'occasion de réfléchir à une nouvelle organisation des liens entre l'argent-moyen et le travail, au sein des entreprises et de notre société : en refusant l'étatisme, qui est l'esclavage pour l’État-Moloch et sa techno-bureaucratie, et en contestant le libéralisme qui prône une liberté indexée sur l'argent et oublie celle des plus faibles, l'on peut ouvrir la voie à une autre économie, moins « sauvage » et plus humaine, plus civilisée, dans laquelle la convivialité, les qualités et le travail bien-fait peuvent s'épanouir et permettre à chacun de trouver sa place dans le cadre d'une société équilibrée et juste.

 

C'est pour ouvrir à ces réflexions et combattre les mauvaises attitudes et habitudes des multinationales parfois oublieuses de leurs devoirs sociaux que les Royalistes sociaux du Groupe d'Action Royaliste, héritiers de La Tour du Pin et d'Albert de Mun, ont collé samedi des affiches dénonçant la délocalisation de Whirlpool et prônant la Monarchie sociale et corporative, nécessaire à l'établissement et à la garantie de la justice sociale et à l'exercice, par les travailleurs, de leurs libertés professionnelles effectives.

 

J'étais, je l'avoue avec une certaine fierté, de ces afficheurs monarchistes du samedi, parce que parler ou écrire des articles ne vaut vraiment que si, autant que faire se peut, l'on joint le geste à la parole, l’action à l’esprit...

 

 

 

 

 

11/09/2014

Le cynisme de M. Moscovici.

 

Ainsi M. Moscovici vient-il d'être nommé commissaire européen aux Affaires économiques : à ce titre, il sera sans doute rapidement amené à condamner sa propre action ministérielle des années précédentes et à formuler des « recommandations » au gouvernement français pour que celui-ci réduise des déficits dont il est, lui-même ancien ministre de l'économie, en grande partie (mais pas seul) responsable ! Quelle étrange situation, qualifiée dans Le Figaro (11 septembre 2014), de « schizophrénie »... Mais d'autres voix, en particulier parmi mes collègues du lycée, font entendre des mots bien plus durs à l'égard de ce représentant-type de l'oligarchie européenne, et une colère, qui n'était pas feinte, agitait tout à l'heure notre salle de conversation qui, d'ailleurs, en a entendu bien d'autres depuis la rentrée.

 

Il est vrai que l'hypocrisie de nos élites autoproclamées et des parlementaires partisans de M. Hollande, mais aussi des autorités moralisatrices drapées dans un européisme de plus en plus rejeté par les populations (européisme qui n'est rien d'autre qu'une idéologie ou une maladie intellectuelle qui fait oublier l'Europe réelle au nom d'une Europe virtuelle et idéelle...), me navre au plus haut point et appelle quelques remarques qu'il sera bon de faire entendre (et sans doute pas seulement par la voie littéraire ou informatique), autant dans la rue que par l'action politique raisonnée et constructive.

 

Car, disons-le tout net : M. Moscovici est le plus mal placé, en fait, pour occuper ce poste de commissaire européen, même s'il connaît bien les arcanes de l'Union européenne. Le plus mal placé parce que, durant deux ans, son ministère fut celui de l'inefficacité par déni de réalité et par manque d'imagination (sauf en ce qui concerne la fiscalité...) ; le plus mal placé parce que, sous son « règne temporaire » sur Bercy, le chômage n'a cessé de progresser et les recettes de diminuer (au moins au regard des prévisions), confirmant le fameux adage « Trop d'impôt tue l'impôt » ; le plus mal placé parce qu'il a fait perdre deux ans à la France dans la lutte contre les déficits et dans la réforme de l'Etat ; le plus mal placé parce que c'est lui qui, il y a quelques mois encore, venait implorer la pitié de Bruxelles pour obtenir de nouveaux délais pour atteindre des « objectifs » dont on ne vit, en fait, jamais l'horizon...

 

Et c'est le même qui, demain, au nom d'un « intérêt général européen » qu'il a si mal servi hier en même temps que l'intérêt général français, donnerait des leçons à notre pays ? Le sanctionnerait, même, au nom de règles qu'hier encore il ne respectait pas ? Mais de qui se moque-t-on ?

 

Le cynisme de ces gens-là m'encolère ! Leur irresponsabilité me choque au plus haut point, eux qui parlent d'économie et oublient les réalités sociales, humaines. Il faudra bien, qu'un jour, ce détestable règne de l'hypocrisie et du mépris social soit sanctionné et que ces messieurs de la République et de Bruxelles soient rappelés à leurs devoirs d'Etat et de justice sans lesquels il n'y a pas d'ordre respectable ni respecté.