30.11.2008
Les partis et l'arbitre.
Sur ma précédente note a été déposé un commentaire qui me permet de préciser utilement mon point de vue sur les partis politiques :
je suis effectivement opposé, assez logiquement, au régime des partis qui fait de l'Etat une proie et l'empêche d'assumer complètement ses devoirs, responsabilités et droits régaliens.
Mais cela ne veut pas dire que je souhaite la fin ou la disparition des partis, je souhaite juste qu'ils ne monopolisent pas le Pouvoir dont ils ne doivent pas être les maîtres, mais les conseillers, les critiques aussi, etc.
Dans une Monarchie "à la française", la magistrature suprême de l'Etat échappe aux jeux des partis dans le sens où le souverain n'est pas leur élu et qu'il n'est pas le résultat d'un choix mais au contraire celui d'un "hasard" et de la transmission du Pouvoir par une dynastie de hasards...
Dans cette optique le roi est donc indépendant et libre des partis sans, pour autant négliger leur présence, leur importance, leur rôle au sein des assemblées, des institutions régionales, municipales ou nationales,voire européennes.
Le jeu politique n'est pas exactement déséquilibré, il repose juste sur une autre architecture des rapports politiques et des institutions de Pouvoir au sein du pays : provinces, communes, chambres syndicales, professionnelles, agricoles, etc., exercent des pouvoirs qui peuvent, par rapport au pouvoir central, apparaître comme des contre-pouvoirs, capables de représenter des opinions et idées diverses, et de gouverner les collectivités locales et régionales.
En somme, cette structuration institutionnelle peut se résumer par "les pouvoirs locaux à la base, aux citoyens ; l'autorité de l'arbitrage au sommet". Coordonnateur, arbitre, éventuellement à l'origine des grandes impulsions, le roi n'est pas "seul" au pays, il laisse les communautés locales se gouverner par elles-mêmes, dans le cadre et les limites de l'unité française.
Cette nouvelle structuration institutionnelle permet une redistribution concrète des pouvoirs, ce qui n'empêchera pas tous les conflits mais contribuera à les "amortir"...
En tout cas, la monarchie peut jouer, de par son indépendance statutaire et réelle, ce pour quoi elle est faite en priorité : son rôle d'arbitre.
Ainsi, la lutte des factions, si elle peut se poursuivre, est-elle toujours surplombée et limitée par l'autorité de "l'arbitre-roi".
Mais, là encore, n'imaginons pas un roi omniprésent et "big brother", mais bien plutôt un souverain (et non un suzerain) capable d'écouter et de trancher, de décider...
00:38 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : roi, partis, arbitre, état, pouvoirs, contre-pouvoirs, hasard.
26.11.2008
République bipartisane.
J’ai carrément débranché de l’actualité pendant quelques jours, corrections de copies obligent… Ainsi, j’ouvre ce soir tous les journaux qui se sont accumulés depuis samedi dernier et, sans plaisir particulier, je lis le récit de l’affrontement Aubry-Royal dont j’ai déjà parlé ici. Sans plaisir car, sans avoir d’accointance avec les socialistes, je trouve que leur discrédit, qu’ils ont savamment valorisé ces jours derniers, déséquilibre un jeu politique qui, aujourd’hui, semble totalement être aux mains d’un Pouvoir sarkozyste dans lequel je ne peux me reconnaître.
Bien sûr, je peux rappeler, avec encore plus de force que d’ordinaire et de bonnes chances d’être écouté, ma défiance à l’égard des jeux politiciens et démocratiques, et mon souhait de voir l’Etat et en particulier sa magistrature suprême échapper aux luttes de factions qui l’affaiblissent. Dénoncer ces manipulations et ses fraudes (même pas honteuses aux yeux de certains qui se persuadent que la fin justifie les moyens…), toutes ces manœuvres qui discréditent le politique au risque de laisser le citoyen, l’ouvrier, le fonctionnaire… seuls face aux puissances économiques, au moment même où la crise permet aux grands groupes de liquider des milliers d’emplois sur notre territoire.
Bien sûr, je peux tirer sur cette ambulance qui s’appelle parti socialiste, et je ne m’en prive pas, aujourd’hui comme hier ! Mais je m’inquiète de l’absence d’un contrepoids politique au parti du Pouvoir actuel, conscient que les forces de droite et de gauche qui s’agitent sur les marges des deux grands partis de gouvernement et de notables ne sont pas suffisantes pour peser dans le jeu parlementaire, dont on mesure d’ailleurs ici tous les risques.
C’est aussi tout le danger d’un bipartisme plus ou moins assumé par notre société et qui s’avère, en définitive, un piège pour les citoyens, sommés de « voter utile » et de choisir entre les deux « grands », sous peine de ne pas être considéré et légitimé…
Qu’on se rassure : je n’ai pas l’intention de rentrer, même au nom de l’efficacité stratégique, dans l’une de ses grandes machines électorales qui se refilent, sous le nom d’alternance, le Pouvoir. Si je suis monarchiste, ce n’est pas pour rallier l’un de ces partis qui font, non du service public, mais de la conquête électorale et des places leur fonds de commerce. Mais, à défaut que, pour l’heure, le mouvement royaliste français (quand je dis royaliste, je pense « partisan du roi » et non pas de Madame Royal, bien sûr…) soit en mesure de peser sur les événements, il faut souhaiter que le Pouvoir sarkozyste ne soit pas seul à occuper le terrain politique et que les socialistes, aussi lointains de mes idées que possible, soient en mesure de contrecarrer les mesures les plus oublieuses du Bien commun que le gouvernement Fillon met aujourd’hui à son agenda, telles que la fin du repos dominical ou l’extension des grandes surfaces sur notre territoire…
Décidément, cette République, dans son système bipartisan, est vraiment une « machine à mal faire »… En fait, ce ne sont pas les partis qu’il faut dissoudre, mais c’est ce système qu’il faut ravaler au rang le plus bas, pour redonner du lustre au politique, avec ou sans socialistes : le jour venu, le souverain roi devra savoir utiliser toutes les compétences, au-delà des étiquettes, et sans vains préjugés… Ce jour-là, les partis ne seront plus autre chose que ce qu’ils doivent être : des lieux de débats, de propositions, de représentation, mais pas, en tant que tels (et je les distingue alors de leurs membres), de gouvernement !
23:52 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : socialistes, royal, royaliste, république, partis, sarkozy.
23.11.2008
Démocratie au parti socialiste.
L’actuelle bataille pour le secrétariat général du Parti socialiste prend des allures de bataille de chiffonniers, et le décompte des voix, qui doit être repris lundi, promet encore de belles empoignades entre les partisans des deux candidates, Mmes Aubry et Royal. Mais, au-delà des querelles pour telle ou telle voix, des fraudes qui semblent être, en fait, une habitude dans ce parti qui ne cesse de parler de morale politique (à défaut de la pratiquer toujours), du recours aux juges pour venger les affronts et de ce spectacle triste d’un parti de gouvernement qui ne maîtrise plus ses nerfs, il y a tout de même un rappel à faire, dans le cadre de la logique démocratique (je n’ai pas parlé de sagesse…) : dans ce système, la victoire revient toujours, dans le cadre d’une élection à deux candidats, à celui qui a obtenu 50 % + 1 voix et c’est même la règle !
Soyons franc, la situation se présente peu souvent (quoique…) mais, dans l’histoire, elle a pu avoir des conséquences justement historiques autant que politiques : la condamnation à mort du roi Louis XVI, en janvier 1793 ; l’établissement « définitif » (pourvu que non…) de la République, numérotée troisième, en 1875 ; la dernière révision constitutionnelle à l’été dernier (approuvée par l’éternel Jack Lang contre son propre parti, le même que celui qui, aujourd’hui, amuse la galerie…)…
Je ne sais pas qui, de la sainte du Poitou ou du bouledogue lillois, sera déclarée vainqueur ces jours prochains ou si les adhérents seront à nouveau sollicités pour une nouvelle cérémonie urnicole (le terme n’existe pas, mais, bon, tant pis : j’aime bien !), mais le fait que chaque camp ne reconnaisse pas la victoire de l’autre prouve le bien-fondé de la réflexion de Maurras sur la « soustraction » que constitue ce principe démocratique appliqué à la désignation d’un dirigeant, quel qu’il soit : soustraction car les forces tirent chacune de leur côté au lieu de s’unir, et elles ont d’autant plus de mal à s’unir ensuite qu’elles se sentent soit légitimées soit lésées par le résultat proclamé…
Le plus étonnant, démocratiquement parlant, c’est que le sort du fond des urnes soit désormais (et il n’y a pas qu’au PS ni même seulement en France !) pratiquement toujours contesté dès qu’il y a un doute, fut-il exagéré, sur quelques bulletins : signe de la fin d’une époque qui accordait une confiance presque aveugle à ce que déclaraient les gardiens du vote ou ses dépouilleurs ? Ou d’une remise en cause d’un système majoritaire dont on accuserait, lorsque le vote n’est pas celui désiré par les élites du moment, la vacuité ? Ainsi, une voix ne serait plus une voix, et chacune serait désormais pesée et non plus comptée ?
Cela peut sembler anecdotique. Et pourtant ! Il me semble que nous entrons dans une nouvelle ère de la politique, celle du « doute post-démocratique » : si les premières manifestations en sont encore bien ridicules, il n’est pas dit que les prochaines ne soient pas plus inquiétantes ou, pourquoi pas, prometteuses ?
23:28 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vote, socialiste, aubry, royal, démocratie, maurras.
21.11.2008
Un milliard d'euros.
Encore une information passée inaperçue, à mon grand dam ! C’est le journal « La Croix » qui, dans son édition du mercredi 19 novembre, rapporte l’histoire : en mai dernier, l’idée de consacrer à l’aide aux pays du Sud (principalement des pays africains, dans ce cas précis) un milliard d’euros, consacrés initialement à la PAC (politique agricole commune) mais en définitive non utilisés, avait été avancée par des députés européens et reçue le soutien de la Commission de Bruxelles et du Parlement européen. Une belle idée, témoignant d’une solidarité bienvenue dans un monde souvent cruel aux plus faibles… D’autant plus que cette somme devait surtout servir « à développer leur agriculture, en leur offrant engrais et semences (non OGM) appropriés », selon l’auteur de l’article.
Mais la crise financière est passée par là, depuis, et certains États de l’UE, qui n’ont pas hésité à débourser des milliards d’euros pour sauver des banques pas toujours irréprochables, se refusent désormais à entériner cette mesure de solidarité : l’Allemagne, la Pologne et la Hongrie pourraient former, avec d’autres, une minorité de blocage et faire capoter le projet, « débattu ce vendredi dans le cadre d’une tentative de conciliation sur le budget 2009 entre le Parlement et la Commission ».
Cette information, peu médiatisée en ces heures de « guerre des roses », mériterait, me semble-t-il, plus d’attention et, en tout cas, est fort révélatrice des hypocrisies de notre société de consommation qui est prête à brûler des milliards pour soutenir une croissance qui s’apparente parfois à un vaste gaspillage des ressources de notre planète, et qui oublie, dans le même temps (à part dans les discours électoraux…), les notions de partage, de charité et de solidarité… Le journal « Le Monde » faisait sa « Une » il y a quelques semaines sur ce chiffre faramineux de 25.000 milliards de dollars envolés en fumée ces derniers mois, tandis que les différents plans de sauvetage financier de par le monde atteignent des sommes qui donnent le tournis : et, dans le même temps, quelques pays d’Europe chicanent sur un « misérable » milliard d’euros, un « milliard utile » pour une fois, et non pas destiné à la spéculation ou aux banques… Triste temps, triste monde…
Il faut souhaiter que, dans cette affaire, le cœur et la raison l’emportent, et que l’Union européenne saura où se trouvent l’honneur et son devoir. A moins que, comme l’affirme la cynique formule, « on ne prête qu’aux riches »…
23:07 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : milliard, crise, sud, union européenne, solidarité, partage.
19.11.2008
Encore des routes...
Dois-je, une fois de plus, clamer mon désespoir devant un mouvement qui semble inéluctable et que j’ai déjà maintes et maintes fois évoqué à travers les notes de ce blog, je veux parler de la construction effrénée de nouvelles routes et autoroutes un peu partout en France, et cela malgré les promesses du Grenelle de l’environnement de l’an dernier ?
L’autre jour, en me rendant à Chartres, un peu après Rambouillet, j’ai longé un immense chantier qui bouleversait la campagne sur une bonne dizaine de kilomètres et mobilisait une véritable noria de bulldozers et de camions. Bien sûr, ce chantier est prévu de longue date mais est-il vraiment une bonne chose à l’heure où il serait plus judicieux de développer les transports ferroviaires ou les liaisons intercommunales par l’autobus, par exemple, ne serait-ce que pour désembouteiller les routes ou pour diminuer les effets des circulations humaines sur l’environnement (ne serait-ce qu’atmosphériques…) ? Car on sait que, contrairement à ce que beaucoup croient, la circulation automobile ne diminue pas lorsque l’on rajoute des kilomètres de macadam au réseau routier mais augmente parce qu’elle nourrit et se nourrit de la rurbanisation qu’elle favorise…
Là encore, il est temps de repenser un aménagement raisonnable du territoire, pour freiner ce mouvement de « mitage » de nos campagnes et impulser une nouvelle gestion des espaces ruraux : voilà un vaste chantier de réflexion et d’action pour qui veut agir concrètement, autant pour l’environnement que pour l’habitat et l’emploi !
23:51 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : routes, rurbanisation, campagnes, aménagement du territoire, automobiles, transports.
17.11.2008
Royal ? Non, seulement la royauté.
Le spectacle donné ce ouiquende par le congrès du Parti socialiste était assez misérable et n’avait rien pour plaire aux citoyens qui, tous les matins, conciliabulent au comptoir des cafés, ce « parlement du peuple » évoqué par Balzac. Si la rose est le symbole du PS, ce n’est pas exactement l’odeur qui montait aux narines des militants ni des électeurs, et les petites manœuvres assez médiocres d’un Delanoë au matin du lundi suivant n’ont guère été appréciées par ceux qui, la veille encore, lui faisaient crédit de sa retenue au Congrès. Du coup, Ségolène Royal en devenait presque sympathique à ceux-là mêmes qui, encore il y a deux jours, la brocardaient…
Ces quelques phrases sur le congrès me sont suggérées par l’écoute attentive de quelques émissions de radio et, en particulier, par les réactions des auditeurs et, dans le café parisien dans lequel je me suis trouvé ce matin à la Porte Maillot, par celles des consommateurs. Bien sûr, certains moquaient le lyrisme de madame Royal et les « étoiles » qu’elle a vantées, sans savoir qu’il s’agissait en fait d’une citation de… Jean Jaurès ! En somme, elle a fait fort, et les railleries de certains « camarades » se sont vite retournées contre ceux-ci, piteux d’avoir moqué Jaurès quand ils pensaient avoir dénoncé une nouvelle « crétinitude » de cette « folle mystique » (formules que j’ai entendu prononcées par des socialistes hier dimanche, visiblement peu favorables à la Dame du Poitou…).
A ce jour, personne ne sait exactement qui va emporter le poste de premier secrétaire du Parti socialiste, et, en fait, cela agace plus que cela n’émeut… Cette guerre des roses, si inopportune au moment où la crise économique se traduit chaque jour un peu plus en crise sociale, ajoute encore au discrédit de ce régime des partis qui caractérise la République actuelle, toujours coincée entre deux élections et en « présidentielle permanente » au risque de négliger les vrais enjeux et de penser sur le long terme.
Entre une UMP qui joue le rôle de porte-flingues du président et un PS qui se confond avec la foire d’empoigne, où sont l’intérêt général de notre pays et le service public que doit normalement être la politique ? Les « ego » surdimensionnés de quelques uns qui veulent « se servir » avant de « servir » me navrent et me fâchent : mais n’est-ce pas tout le système de la République électorale lui-même qui, en faisant des partis les maîtres du jeu démocratique, tend à cette logique de division et de confiscation des « voix citoyennes » ?
Qu’on me comprenne bien : si je n’apprécie pas les petits jeux scabreux des politiciens, je ne remets pas en question l’existence des partis, qui peuvent être des médiateurs nécessaires entre les citoyens et les institutions. Mais je souhaite que l’Etat n’en soit pas la victime ni la proie : d’où mon combat pour libérer la magistrature suprême de l’Etat des jeux électoraux ! Tout l’intérêt d’une monarchie royale est de ne pas faire dépendre le temps politique du seul « tournoi démocratique » mais de lui fixer d’autres limites, d’autres règles qui sont celles de la vie d’un homme, d’une famille même, d’un père et d’un fils…
Un roi ne se désigne pas au sortir d’un congrès ou un dimanche de querelle, au fond des urnes : il naît pour être roi sans l’avoir lui-même choisi ! C’est cette charge qu’il est préparé, éduqué à assumer et qu’il n’a pas à récupérer dans le ruisseau des vanités après de multiples tirades guerrières et assauts fratricides… Il attend sans impatience la mort de l’être cher, de ce père qui l’a conçu avec sa mère, car la monarchie « naît d’un coup de rein » comme le disait crûment Vladimir Volkoff…
Remettre les partis à leur place et à l’honneur, c’est d’abord leur ôter ce hochet présidentiel qui est, pour certains ambitieux, l’unique objet de leur sollicitude envers les citoyens. Et rendre un sceptre à la France…
22:52 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : royal, monarchie, etat, politique, partis, socialiste, jaurès.
16.11.2008
Société de consommation.
Le Parti socialiste est en congrès et en plein psychodrame : Royal ou pas ? Alliance avec le Modem ou non ? Petits meurtres entre amis et coups bas, déclarations guerrières et raccommodages de façade, noms d’oiseaux et grands discours, etc. : un régal pour ceux qui aiment les histoires façon « Dallas »…
Pendant ce temps-là, la crise continue et les Français restent prudents quant à l’avenir, inquiets et souvent désabusés, voire démobilisés : je crains que notre actuelle société de consommation, pourtant fort critiquée en temps de difficultés, soit encore capable de quelques tours pour échapper au jugement et à la remise en cause pourtant nécessaire. Ainsi, à l’approche de Noël, malgré une certaine « discrétion » nouvelle (moins de prospectus dans ma boîte aux lettres : juste un détail mais peut-être un signe…) ou un moins grand battage publicitaire (sans doute liée aux circonstances et aux craintes commerciales de colères sociales), les grandes surfaces mettent en avant quelques produits phares, créant sciemment un nouveau « besoin » pour alimenter le processus « Consommer pour produire », celui-là même qui s’avère un piège, autant pour la planète que pour les sociétés.
Ainsi, le « blu-ray », destiné, nous explique-t-on, à remplacer le DVD, 14 ans après la naissance d’icelui, qui avait lui-même remplacé le magnétoscope : un produit chasse l’autre, et le cycle de cette consommation effrénée continue, poussant les plus faibles à l’endettement avec la complicité d’organismes de crédit qui, eux, pour le coup, ne cessent d’inonder les boîtes aux lettres (y compris électroniques) d’offres alléchantes, tentatrices et, en somme, dangereuses par ses conséquences sociales.
Cette promotion d’un nouveau produit qui, en définitive, ne s’impose que par le besoin que la publicité en crée et par la dévalorisation du précédent devenu « archaïque »et l’abandon progressif de sa production, tant pour le produit que pour ses accessoires (l’arrêt de la fabrication de cassettes de films puis demain celle de DVD, considérés comme obsolètes, entraîne évidemment un transfert des clientèles vers les nouvelles technologies), appartient à la logique consumériste, mais elle a des conséquences qu’il ne faut pas négliger : d’abord un immense gaspillage, puisque les accessoires des techniques d’hier ne trouvent plus leurs raisons d’être et deviennent parfois purement et simplement inutiles car inutilisables (essayez donc de glisser une cassette dans un lecteur DVD…) ; ensuite l’aggravation de l’endettement des ménages qui, sous la pression insistante des plus jeunes (les meilleurs vecteurs de la consommation car principales cibles de la publicité tentatrice), cèdent à ce qu’ils revendiquent alors comme le fait de ne pas être « marginalisés » dans une société de la communication et des loisirs toujours plus prégnante…
Cette logique me navre d’autant plus qu’elle se déploie dans une société qui a fortement individualisé le rapport à la consommation, au risque de l’enfermement des uns chez les uns et des autres chez les autres, en oubliant le plus souvent les valeurs de partage et de communauté : les rares moments où les téléspectateurs sortent de chez eux et se retrouvent de manière festive, comme cela se faisait jadis dans les années 50 autour du seul poste de télévision qu’il y avait au village, généralement au café-restaurant, ce sont quelques rencontres de balle-au-pied fortement symboliques comme la coupe du monde, par exemple…
La crise actuelle, pourtant, devrait inciter à réfléchir à de nouveaux modes de sociabilité et à de nouveaux rapports à la consommation : or, cela reste encore assez marginal, malgré quelques efforts et initiatives, et malgré les mutations qui commencent, encore discrètement mais sûrement, à s’opérer dans les mentalités.
Sans doute est-il trop tôt pour savoir, aujourd’hui, quelle direction va prendre notre société au milieu de la tempête qui s’annonce à travers les turbulences de la Finance : mais il faut, dès maintenant, changer de cap et renoncer à cette parousie consumériste, illusion dangereuse d’une humanité déshumanisée et artificielle qui ne vaudrait que par ce qu’elle consomme…
Retrouver mais aussi refonder les valeurs qui font que l’homme n’est pas qu’un simple consommateur, mais aussi un être sensible, pensant et social, avec ou sans « blu-ray »…
10:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : consommation, blu-ray, gaspillage, endettement, crise.
13.11.2008
Monarchie durable.
Pour mener à bien une véritable politique écologique, encore faut-il l'inscrire dans la durée et ne pas dévier de sa route (fut-elle ardue et semée d’embûches) malgré les pressions des lobbies industriels ou consommateurs qui peuvent avoir tendance à ne penser qu’à leur intérêt immédiat et particulier, au détriment du long terme et des générations qui viennent et viendront… Pas sûr que la République prise éternellement entre 2 élections, véritables foires d’empoigne politiciennes où la communication remplace les idées et les débats, soit capable de relever le défi : une monarchie, alors ? Après tout, un roi a l'obligation, en France, de transmettre à son successeur un patrimoine préservé... Et la monarchie à transmission héréditaire est fort exigeante en ce domaine, par ce même principe, cette « obligation de résultat » à laquelle elle ne peut se soustraire, au risque de perdre une grande part de sa crédibilité et, pire, de sa légitimité même, largement fondée sur le service rendu.
Je pourrai donc résumer mes propos précédents en citant l’Italien A. De Gasperi, souvent considéré comme l’un des pères fondateurs de « l’Europe » : « l'homme d'Etat pense aux prochaines générations, le politicien pense aux prochaines élections ». En France, l’homme d’Etat, qui ne peut être l’actuel locataire de l’Elysée même s’il eut quelques prédécesseurs dont certains eurent le sens de l’Etat, de la « res publica » et de ses devoirs, existe d’autant moins en République contemporaine que le politique a laissé la place à la communication et à la courtisanerie, et que l’Etat a, d’une certaine façon, déchu…
Dans notre pays, il n’y a d’Etat durable que par la Monarchie : c’est, a contrario de la « République paradoxale » instituée par De Gaulle, la leçon de l’histoire des institutions. Mais cette leçon risque de n’être qu’une théorie déconnectée du réel (et donc inutile puisque destinée à ne pas être pratiquée) si les monarchistes et les princes oublient de s’affirmer sur le champ des possibles et du politique…
En somme, pour mon compte, pas le temps de s’ennuyer pour les prochaines décennies : pour ne pas mourir royaliste mais avoir une chance de vivre en monarchie, enfin !
23:48 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : écologie, etat, monarchie, république, roi, générations, politique.
11.11.2008
11 novembre.
Ce mardi matin, le soleil brille sur la campagne hier balayée par la tempête et les monuments aux morts sont tous fleuris, en présence de quelques drapeaux et des édiles locaux, mais aussi de quelques jeunes chargés de représenter les nouvelles générations, celles qui n’ont pas connues la guerre et pour lesquelles elle est une réalité lointaine, voire une simple virtualité vécue à travers un écran de télévision ou de jeu électronique. Et pourtant, la guerre n’est malheureusement pas si loin et un général rappelait ce matin sur France Culture que 12.000 soldats français étaient, de par le monde, engagés dans des opérations de guerre, en particulier en Afghanistan. Mais l’éloignement du champ de bataille, assez similaire à celui que connurent les générations du siècle de Louis XIV (les guerres louisquatorziennes se déroulant au-delà des frontières de notre pays, comme celles de Louis XV d’ailleurs, et touchaient peu, concrètement, les populations, hormis par les impôts), nous garantit une grande impression de paix et de calme, et les guerres picrocholines au sein du Parti socialiste n’y changent évidemment rien…
La guerre s’est certes et heureusement éloignée, spatialement parlant, de l’Europe de l’Ouest, et la réconciliation franco-allemande a scellée une amitié qui, jadis, pouvait sembler improbable, voire impossible. On doit d’ailleurs beaucoup plus cette réconciliation aux gestes des Etats eux-mêmes qu’à cette « Europe » dont on voudrait nous faire croire que c’est sa simple construction qui a fait reculer le danger de la guerre : De Gaulle et Adenauer, Mitterrand et Kohl, ont plus fait pour la paix et l’entente entre les peuples (parce qu’ils ne les niaient pas, ni l’histoire qu’ils avaient fait ou vécu) que Monnet ou Schuman, guidés par une sorte de millénarisme européiste, par une idéologie qui négligeait les faits et les sentiments des nations et de leurs peuples…
Eric Zemmour faisait aussi remarquer il y a quelques années que c’était « la paix qui a permis la construction européenne » et non l’inverse comme on voudrait nous le faire avaler pour des raisons pas toutes louables…
L’histoire n’est pas qu’une matière scolaire ou une science, elle est aussi une tragédie, avec ses drames et ses espoirs, ses erreurs et ses vérités, ses acteurs et ses victimes : elle s’inscrit aussi bien sur les pages des livres que sur le marbre des tombeaux, dans le cœur des hommes que dans leur mémoire parfois incertaine ou rancunière…
Ce matin, au soleil de novembre, je relis ces quelques mots anodins et pleins d’espoir d’un soldat qui va mourir quelques heures après et qui ne le sait pas… Au cœur de la guerre, il y a toujours l’espérance de la vie, du lendemain, du soleil. Et, aujourd’hui, au cœur d’une paix qui n’est jamais totalement certaine, le souvenir de ceux qui nous permettent, par leur sacrifice lointain et parfois oublié, d’être ce que nous sommes, d’être une nation libre : « De toutes les libertés humaines, la plus précieuse est l’indépendance de la patrie », affirmait avec raison Charles Maurras. Sans cette liberté de la nation, de la Cité au sens grec du terme, aurions-nous, pourrions nous exercer les autres ? Les périodes sombres des défaites et des occupations nous répondent par la négative. Nous devons beaucoup aux Français d’hier, y compris parfois leurs erreurs… Il nous reste à inscrire dans l’Etat, non pas le ressentiment toujours belligène, mais la liberté que peuvent donner la durée incarnée et l’indépendance héritée. Un Etat couronné qui assume le passé, toutes les mémoires de la nation, et qui regarde vers le lointain et vers le lendemain, en veilleur protecteur et bienveillant envers les siens…
13:26 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 11 novembre, mémoire, nation, indépendance, paix, europe.
10.11.2008
Discrimination positive, vraiment ?
Un lundi comme tant d’autres, un peu plus venteux comme un souvenir de la Bretagne, un peu trop gris sans ce paysage de la Côte d’émeraude que j’aime tant… Dans la voiture qui me permet de faire le taxi familial, j’écoute les infos et les débats, passant d’une station de radio à une autre. De quoi parle-t-on ce matin ? Des sabotages qui visent la SNCF, du congrès du Parti socialiste, du travail dominical… Souvent, je bous de colère, voire de rage, aux propos de quelques débatteurs qui prônent « la liberté de travailler le dimanche », nouvelle grande cause sarkoziste avec la « discrimination positive » façon Carla Bruni-Sarkozy, c’est-à-dire le fait de favoriser la promotion de personnes issues de « minorités » en fonction de leur appartenance à l’une (ou plusieurs) d’entre elles. Au fait, comment définir une « minorité », et en particulier une « minorité discriminée » ? Les Bretons en sont-ils ? Et les Basques, les Corses, les hindouistes, les bouddhistes, les poissons rouges, les royalistes tendance prolétarienne, les mauvais coucheurs, etc. ?
Je commence (ou je continue, plutôt…) à en avoir marre du « politiquement correct » qui, en définitive, au nom du principe d’égalité ou d’une certaine conception de celle-ci, limite concrètement les libertés, en particulier d’expression et de valorisation ; qui regarde sans cesse et seulement la particularité et néglige la solidarité et l’entraide ; qui favorise l’appartenance au détriment de l’intelligence et du travail… D’ailleurs, à bien y regarder, le parcours du nouveau président élu Obama est l’antithèse de ce « politiquement correct » : dans sa campagne, il a bien pris soin de ne pas faire un argumentaire « communautariste » et son discours du printemps dernier sur la race est, à cet égard, fort révélateur et symbolique de sa conception civique et non ethnique de la nation. Il faudrait le donner à lire à tous ceux qui, aujourd’hui, se targuent de sa victoire présidentielle pour avancer des conceptions en définitive plus dangereuses que réellement généreuses, dangereuses à l’insu parfois de ceux qui les mettent en avant.
Dans mon métier de professeur d’histoire, il ne m’est jamais venu à l’esprit de noter ou d’évaluer mes élèves sur leur couleur de peau ou sur leur handicap physique pour ceux qui pouvaient en avoir un ! Lorsqu’un (ou une) élève avait ou a, puisque je suis toujours en activité, une difficulté, je cherche à ne pas l’enfoncer dans l’échec et j’essaye, par mes corrections personnalisées, de les aider à comprendre d’où viennent ses erreurs ou ses insuffisances : cela me prend sûrement plus de temps pour les corrections de copies mais cela ne me semble pas inutile, si les élèves veulent bien en profiter. Bien sûr, cela ne résout pas tous les problèmes et n’aplanit pas toutes les difficultés qu’ils peuvent rencontrer, mais l’objectif est de « faire progresser » les élèves, même si l’échec reste possible.
Mais la couleur, ou l’appartenance à une « minorité », ne se lit pas sur une copie ! Quand un élève subit un handicap (par exemple, un problème d’audition ou de vue, ou encore de lenteur excessive), il est évident que, comme la plupart de mes collègues, j’adapte ma correction, ou ma note, mais sans pour autant diminuer le niveau d’exigence, car je suis assez rigoureux dans ma notation, sans démagogie.
Alors, les discours que j’entendais ce matin à la radio me semblent bien hypocrites car je doute que dans notre pays les enseignants, dans leur grande majorité, pensent et agissent différemment !
Cette affaire de « discrimination positive » me paraît être le meilleur moyen que certains ont trouvé pour cacher leurs propres insuffisances et errements gouvernementaux et pour placer la question politique, non plus sur le terrain des idées et des institutions, mais sur celui, beaucoup plus glissant, de la morale… Henri Vaugeois, l’un des fondateurs (fervent républicain devenu tout aussi fervent royaliste) de « l’Action française », affirmait : « Nous ne sommes pas des gens moraux ! ». Maurras rajoutait, pour mieux faire comprendre sa pensée sur ce point : « Politique d’abord », dans l’ordre des moyens et non, bien sûr, des fins, comme l’arc n’est que le moyen de lancer la flèche…
Cultivons nos qualités sans oublier nos différences, pensons et agissons librement sans attendre tout d’un règlement, d’un « privilège » nouveau que nous aurions selon notre appartenance à une communauté ou à une autre. Cela n’empêche pas de prôner des libertés collectives et communautaires mais sans oublier, qu’au dessus d’elles, il y a nécessité d’une « unité supérieure » qui sublime celles-ci pour mieux les garantir : la nation française, qui, par nature, est plurielle, composée, corporée, civique… Nécessité aussi d’un Etat qui incarne cette unité, qui écoute chacun et arbitre au profit du « grand tout national », sans oublier les autres dimensions, ensembles nationaux et, même, internationaux…
Voilà bien des raisons d’être royaliste, n’est-ce pas ?
15:43 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : discrimination positive, minorités, couleur, obama, sarkozy.



