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05/03/2012

Le royalisme n'est pas une nostalgie, qu'on se le dise !

J'ai profité des vacances scolaires qui s'achèvent désormais pour suivre de près les débats présidentiels, n'y trouvant pas toujours, d'ailleurs, mon compte, comme je l'ai déjà indiqué ici même...

 

Chaque jour a été, aussi, l'occasion de discussions au café, dans le métro, voire dans la rue, sur les questions politiques et je n'ai jamais caché mon royalisme qui, en fait, surprend plus qu'il ne choque : il y a bien quelques moqueries mais pas d'agressivité à mon égard. Il est vrai que le royalisme que je défends se veut approprié aux défis contemporains et que je n'éprouve guère de nostalgie à l'égard d'un Ancien Régime passé et qui ne reviendra pas ! Cela ne veut pas dire qu'il n'était pas compréhensible et défendable en son temps, mais il ne l'est plus aujourd'hui, tout simplement.

 

La mondialisation, l'urbanisation, la société de consommation, si elles sont tout à fait critiquables au regard des déracinements, des atteintes à l'environnement et des guerres qu'elles provoquent, sont des faits qu'il faut intégrer à la réflexion, ce qui n'empêchent pas, bien sûr, de chercher d'autres modes d'appréhension et de direction du monde et de notre pays en particulier, d'autres modes de vie moins énergivores et plus respectueux de la nature humaine. Ce qui est certain, c'est qu'il faudra plus d'un jour et plus qu'une « révolution » politique pour changer les choses : mais j'insiste sur le fait que le moyen politique est nécessaire, à l'échelle de la France, pour impulser et accélérer les mutations qui permettront de surmonter ou de contourner les difficultés et les limites (tout en les connaissant) du moment et des lieux.

 

Et la politique, comme je l’explique à mes interlocuteurs, ne se limite pas au « cirque électoral » actuel : elle vaut beaucoup mieux que le spectacle que les hommes (et femmes) politiques en donnent aujourd’hui !

 

03/03/2012

Le temps et la politique.

Le jeudi 1er mars, j'étais à Rennes, ma ville natale, pour évoquer ce débat institutionnel qui, s'il n'est pas évoqué comme déterminant dans l'actuelle campagne présidentielle, n'en est pas moins intéressant pour autant : « République ou Monarchie ? » : il est vrai que l'actualité du moment sert largement mon argumentaire...

 

D'ailleurs, le spectacle présenté aujourd'hui par les candidats à la magistrature suprême de l'Etat n'est guère enthousiasmant, tout comme celui du quinquennat qui s'achève dans une certaine confusion : les oeufs et les banderilles qui fusent de part et d'autre, à Bayonne ou ailleurs, les bons mots et les promesses que l'on avance en étant bien certain de ne pouvoir les tenir, les ralliements et les trahisons..., tout cela donne une image peu honorable de la politique mais qui est assez révélatrice d'une démocratie émotionnelle et communicationnelle dans laquelle les effets de manche et les mouvements de menton comptent plus que les débats d'idées et les propositions concrètes.

 

Lors de cette conférence rennaise, j'ai insisté sur le grand impensé de cette campagne électorale et des institutions de la Cinquième République mais qui, pourtant, revient régulièrement, sous des formes (ou des camouflages) divers : le temps !

 

Ainsi, dans l'émission « Les Grandes Gueules » (sur RMC, en semaine du lundi au vendredi) du 28 février dernier, l'un des débats tournait sur la question de l'essence et de son coût et, au-delà, sur celle d'une société de plus en plus métropolisée et rurbanisée à la fois, et sur les perspectives délicates des prochaines décennies. « Comment va-t-on faire dans les dix-vingt prochaines années ? Voilà des questions sur lesquelles on attend les propositions des politiques », disait l'un tandis qu'un autre (ou le même, peut-être : difficile parfois de savoir dans le feu du débat...) rajoutait qu'il fallait « une intervention conjoncturelle sur le court terme, structurelle sur le long terme ». Or, il est difficile de penser le long terme en période électorale mais aussi, plus systémiquement, dans une République fondée sur l'élection de son chef de l'Etat même : il est frappant de constater que, depuis la fin de l'ère gaullienne (qui se poursuit encore un peu avec Pompidou), il n'y a plus de grands projets ni de grandes ambitions, et que « l'Europe » a joué un rôle profondément démobilisateur, les hommes politiques se réfugiant derrière une « construction » qui les incitait à ne plus se charger de grandes initiatives nationales, cette « construction européenne » leur suffisant largement comme « projet » alors qu'elle n'aurait dû être qu'un moyen ou, mieux, un incitateur... Cette paresse politique perdure depuis les années 70, au grand dam de ceux qui voudraient aller de l'avant et qui rêvent d'une ambition française digne de ce nom et de l'histoire française.

 

La République est prisonnière du temps électoral dans notre pays, d'autant plus que ce repli européen, désormais, prend la forme d'une véritable prison administrative et réglementaire, au nom de la lutte contre une Dette qui, justement, détruit de plus en plus rapidement la maîtrise des Etats sur eux-mêmes et les enferme dans une spirale infernale, les empêchant de faire du temps un allié...

 

Redonner du temps à l'Etat passe nécessairement par l'inscription de la magistrature suprême de l'Etat dans la durée, et la transmission héréditaire, dynastique en est le meilleur moyen, le plus simple et le plus naturel aussi : c'est un des arguments forts qui militent pour l'instauration d'une monarchie en France, non pour défaire par principe ce qui a été fait par les régimes précédents mais pour initier et impulser les politiques et les stratégies utiles à la pérennité de l'ensemble national et à la présence de la France sur la scène internationale, quels que soient le gouvernement de passage et la crédibilité ou la popularité de celui-ci...

 

 

28/02/2012

Taxer les plus riches : une proposition et quelques questions.

La proposition de M. François Hollande de taxer à 75 % les personnes touchant plus d'un million d'euros par an (proposition sur laquelle je ne me prononce pas pour l'instant, même si elle ne me semble pas forcément choquante...) soulève de nombreuses questions, au-delà de la posture électorale, et révèle quelques faiblesses de notre système politique, en définitive.

 

Première question : combien cette mesure toucherait-elle de personnes ? En fait, très peu de personnes, semble-t-il : entre 10.000 à 15.000, selon les sources, sur 36 millions de foyers fiscaux. Des sportifs, des artistes, des dirigeants de grandes entreprises, des héritiers de grandes fortunes...

 

Deuxième question : comment empêcher les plus riches de quitter la France ? Là encore, j'éviterai de proposer des choses définitives car, en ce domaine comme en beaucoup d'autres, l'expérience doit rester maître du jeu et guide pour la suite. Mais je pense que, par exemple dans le cas des sportifs, ne pourraient concourir sous les couleurs françaises que ceux qui payent la plus grande part de leurs impôts en France : est-il normal qu'un joueur de raquette français qui est censé représenter la France, qui est soutenu par la fédération française et, donc, par les licenciés mais aussi par les contribuables français, s'exonère de ses devoirs fiscaux ? « Nationalité est fiscalité », d'une certaine manière. Il ne s'agit pas de « dénoncer les riches » mais d'en appeler à leur sens civique, tout simplement ! L'argument vaut aussi pour tous ces artistes qui trouvent le fisc trop tatillon en France, parce que plus exigeant : mais être Français c'est aussi en accepter les devoirs, ce qui n'empêche pas d'ailleurs de critiquer tel ou tel aspect de ceux-ci, dans le cadre du débat civique et politique.

 

Troisième question : cela ne risque-t-il pas de décourager l'esprit d'entreprise ou l'initiative industrielle ? Evidemment, le risque existe, et j'ai souvenir de ce médecin du sud de la France qui l'a quittée, dégoûté par une taxation qu'il jugeait abusive au regard de sa quantité (et qualité) de travail : il m'expliquait qu'il donnait chaque année « une villa » à l'Etat en équivalent argent. Mais c'était plus les charges sur son travail lui-même que les sommes déboursées pour l'impôt sur le revenu qui le choquaient... Détaxer le travail de manière raisonnable peut aussi être la meilleure manière de conserver ceux qui, attachés à leur entreprise ou à leur fonction, se sentent parfois entravés dans leur initiative ou leur compétitivité.

 

En fait, au-delà de ces questions et de mes tentatives de réponse, cette proposition pose aussi une question à peine subliminale, même si elle est, en définitive, majeure : dans quel type de société voulons-nous vivre ? Une société régie par le seul Argent et mue par l'intérêt individuel, ou une société qui n'oublie pas l'argent, certes, mais n'en fait qu'un moyen et non une fin « majuscule », une idole avec ce « A » impérial, une société qui privilégie l'entraide et le partage équitable ? Bien sûr, l'opposition entre ces deux sociétés n'est pas si manichéenne, et il y a aussi des systèmes d'aide sociale dans le premier cas, des « amortisseurs de crise », diraient certains, mais le sens principal d'une société de consommation et « d'Avoir » ne va guère vers l'équité ou la nécessaire justice sociale, condition d'un équilibre des ensembles économiques, sociaux et humains...