30.09.2008
Quelques remarques d'Attali sur la crise financière.
La crise financière a commencé il y a déjà plus d’un an, le 9 août 2007, et elle n’a pas fini de faire sentir ses effets sur l’économie mondiale. Dans un entretien paru dans « Le Monde » (9 août 2008), Jacques Attali, dont j’ai déjà eu l’occasion de traiter ici sans beaucoup de délicatesse, développe néanmoins quelques propos intéressants qu’il serait maladroit de négliger : « Cette crise a démontré qu’on ne pouvait pas laisser la finance se réguler elle-même. Le système financier a été un instrument génial pour organiser la globalisation, le transfert depuis les pays qui ont de l’épargne vers les pays où investir.
La titrisation [une innovation financière qui a permis aux banques de transférer les risques de crédit aux marchés] en a été l’un des outils. Mais à partir du moment où il n’a plus été au service de l’économie de marché mais au service de lui-même, pour réaliser des profits, le système a dérapé et il n’y avait personne pour l’en empêcher. » Ainsi, Attali semble reconnaître que la « main invisible », si nécessaire au raisonnement libéral en économie, n’est pas pour autant vertueuse et ne tend pas naturellement au bien commun, sans doute parce que limiter l’économie à elle-même, en faire une fin quand elle ne devrait être qu’un moyen, c’est la laisser à ses seuls principes de profit et d’efficacité. Or, l’économie sans conscience sociale, sans garde-fou institutionnel au service des personnes, c’est le déni de tout humanisme, de toute justice sociale. Ainsi je vais, dans mon propos, beaucoup plus loin que M. Attali qui, lui, ne met pas vraiment en cause les principes de l’économie de marché, même quand ils dégénèrent en abus qu’il attribue au seul système financier quand, à mon avis, le mal est beaucoup plus profond.
Néanmoins, on ne peut qu’approuver son propos quand il écrit : « Le plus vraisemblable est que le système s’en tirera en reportant sur d’autres le solde de ses erreurs.
Nous sommes au moment où l’on commence à faire payer le contribuable par des nationalisations directes ou indirectes comme au Royaume-Uni (…), ou comme on s’apprête à le faire aux Etats-Unis (…).
Les épargnants pourraient payer la facture via l’inflation, qui dévalorisera leurs créances et donc leur patrimoine. » Il me semble qu’on est en plein dedans, avec la semi-nationalisation de Fortis au Benelux, par exemple…
Mais est-il normal que, au-delà des épargnants eux-mêmes, tous les contribuables doivent aussi payer pour réparer les conséquences des choix désastreux ou des spéculations des grandes banques d’affaires ?
En fait, cela ne serait pas choquant si l’Etat était sûr de récupérer sa mise, voire d’en tirer quelques bénéfices qui serviraient ainsi au bien commun national, mais là encore, rien n’est sûr, et il semble que certains financiers ne voient en ces mesures que le moyen de s’éviter le pire…
Ce qui est certain, c’est que les mesures de nationalisation prises dans l’urgence risquent de se heurter d’ici quelques temps aux « rappels au règlement » de l’Union européenne, plus libérales (au sens purement économique) encore depuis le traité constitutionnel de Lisbonne : les Etats oseront-ils s’opposer alors à la gardienne inflexible de l’ordre eurolibéral qu’est la Commission européenne ? A moins que la dite Commission ne comprenne enfin que les dogmes ne valent rien face aux réalités et que la meilleure stratégie peut parfois être de « contourner » les grands principes, voire de les oublier… L’épreuve de vérité approche-t-elle ?
En tout cas, le feuilleton de la crise, avec sa dramaturgie et ses rebondissements, son rythme endiablé, continue : la suite au prochain épisode…
23:38 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, nationalisations, fortis, attali, banques, libéralisme.
29.09.2008
41.300 chômeurs de plus...
41.300 chômeurs de plus au mois d’août en France… La nouvelle n’est pas bonne mais de plus, croisée avec d’autres informations, elle montre quelques unes des contradictions (et hypocrisies) du système capitaliste quand celui-ci n’est plus dirigé que par les lois de la libre concurrence et du profit individualisé, de la loi injuste de la « main invisible » du Marché… En effet, certains analystes économiques nous expliquaient il y a encore un mois que la France devait faire appel à plusieurs centaines de milliers de travailleurs étrangers pour répondre à ses besoins : ce langage risque d’avoir plus de mal à passer dans les mois qui viennent, pour des raisons assez évidentes… En fait, ce propos n’est pas entièrement faux mais seulement si l’on continue dans cette politique absurde de l’éducation et de l’emploi qui discrédite, par un discours démagogique, le travail manuel et les métiers rudes et pénibles dont, sans doute, aucune société ne peut se passer : il y aura toujours besoin de plombiers, de maçons, de serveurs, de cuisiniers, de balayeurs, etc., métiers qui n’ont rien de désobligeants mais qui, dans notre société repue et clinquante, apparaissent à tort comme dégradants ou, plus simplement, peu valorisants.
Dans une société où l’on met en avant l’argent facile et le moindre effort, les jeunes générations ne sont guère incitées, ni motivées, pour se lancer dans ces professions qui, régulièrement, se plaignent de ne pas trouver suffisamment de bras : d’où la « nécessité » d’en appeler à des populations immigrées, moins revendicatrices sur le plan des salaires et des conditions de travail. Jean-François Kahn faisait remarquer, il y a déjà quelques années, que cela avait permis (dans les décennies précédentes et jusqu’à nos jours) aux employeurs de ne pas augmenter les salaires et de les maintenir à un niveau anormalement bas au regard de la pénibilité du travail concerné et de la progression générale des prix : cynisme d’un certain patronat oublieux de ses devoirs sociaux et juste désireux d’augmenter ses profits à moindres frais…
Pendant ce temps, l’école semble ne plus répondre aux besoins de la société et ne plus offrir à de larges parts de nos jeunes générations de débouchés : de moins en moins d’apprentis, de plus en plus de diplômés sans véritable formation, incapables de trouver une place professionnelle qui corresponde à leurs souhaits ou, pire, à leurs compétences et aptitudes. De plus en plus de ressentiments qui s’accumulent, de gâchis sociaux…
Il va bien falloir, d’ici peu, poser les vrais problèmes sur la table et ne plus se contenter de discours lénifiants et démagogiques : et avancer de vraies propositions, qui devront prendre en compte autant les nécessités sociales qu’environnementales, autant l’aménagement du territoire (aujourd’hui trop négligé au nom de la « rentabilité » baptisée injustement « efficacité ») que la refonte des établissements scolaires et universitaires, etc.
J’ai, sur ce blogue, au fil des années, évoqué quelques solutions, qui ne sont pas exhaustives mais qui méritent sans doute d’être approfondies, complétées, éventuellement amendées : car on ne peut valablement critiquer un système que si l’on propose de quoi le remplacer…
23:21 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chômage, salaires, patronat, école.
28.09.2008
Démagogie et pédagogie.
Je ne suis pas encore allé voir le film « Entre les murs », palme d’or au festival de Cannes au printemps dernier, mais j’en lis quelques critiques dans les journaux et j’entends quelques réactions de spectateurs au sortir du cinéma ou, simplement, de personnes qui en ont vu la bande annonce ou « entendu parler », ce qui ne compte pas pour rien dans la formation d’une « opinion publique »… Cela est d’autant plus intéressant que ce film évoque l’école et ses difficultés à transmettre, à apprendre à des populations de jeunes issus principalement d’une autre culture qui n’est pas précisément « étrangère » mais est celle que l’on peut qualifier de « dominante », celle d’une société de consommation globalisée (ou « mondialisée », dirait-on aujourd’hui). En somme, les enfants de la télé et de la Toile, baignés dans une sorte de sabir « globish » et dans une « décivilisation consumériste » dont ils sont autant les victimes que les vecteurs privilégiés : si je ne les accuse pas, je ne les exonère pas complètement pour autant d’une part de leur responsabilité car, s’ils le voulaient, avec quelques efforts pour sortir des sentiers battus et bien tracés de la pensée dominante, de cette société « distractionnaire » que dénonçait Philippe Muray, ils auraient toute possibilité de cultiver une liberté fondatrice et non cette liberté artificielle qui n’en est que la sinistre caricature, cette pseudo-liberté qui n’est que la forme contemporaine de l’individualisme égotiste et égoïste qui ensauvage les sociétés et détruit les solidarités et les communautés, qui fait table rase du passé historique pour ne pousser qu’à un présentisme horizontal et à une reconstruction artificielle d’un passé « ethno-communautaire », agressif et exclusif…
Ayant enseigné 9 ans dans un collège « difficile » des Mureaux, y avoir connu beaucoup d’échecs mais avoir tenté de ne jamais me décourager parce qu’abandonner c’est, d’une certaine manière, trahir la confiance que certains élèves mettent en nous et en l’école, je peux témoigner que ce n’est pas la démagogie et la flagornerie à l’égard des modes du moment qui permettent de faire progresser les élèves ; ce n’est pas le copinage qui est efficace mais de répondre à ce besoin d’autorité qu’ils ressentent confusément, sachant qu’il est parfois difficile de trouver le bon langage et la bonne attitude sans tomber dans un autoritarisme aussi vain que l’est la démagogie « libertaire »… Comme le fait remarquer Philippe Meirieu, pour une fois (unique ?) bien inspiré, il ne s’agit pas de se mettre au niveau des élèves mais à leur portée, ce qui n’est pas la même chose. Car le savoir n’est pas spontané et l’on ne fera pas l’économie du travail et de l’effort pour apprendre.
Une autre remarque, celle-là sur les effets secondaires du film : beaucoup de nos concitoyens sont marqués par l’une des dernières répliques, l’une des plus fortes et, d’une certaine manière, la plus tragique. C’est une élève qui vient, à la fin de l’année scolaire, parler au professeur et qui lui dit à peu près ceci : « Moi, je n’ai rien appris, monsieur, je ne comprends pas ce que nous faisons, mais je ne veux pas aller en professionnel »… Du coup, j’ai entendu quelques remarques de citoyens contribuables qui disent désormais : « à quoi bon continuer à payer pour des écoles qui ne servent à rien ! ». Ainsi, ce film risque de renforcer le mécontentement des contribuables envers cette école « inefficace » et ces profs « inutiles » : beau résultat !
A croire que M. Bégaudeau est l’allié objectif d’un gouvernement qui, au nom de la lutte (légitime, au demeurant) contre les déficits, prévoit de réduire les moyens actuellement dévolus à l’enseignement en réduisant le nombre d’heures des matières « subsidiaires » comme l’histoire-géographie ou, pire, les langues anciennes, foncièrement inutiles car simplement « culturelles »… Dans une logique purement économique et comptable, qu’importent la culture générale, les lettres et les racines ?
La logique libertaire de M. Bégaudeau rejoint en définitive la logique libérale du gouvernement sarkozien : est-ce si étonnant que cela ?
13:50 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : entre les murs, bégaudeau, école, libéralisme, démagogie.
24.09.2008
Civils numérotés, ou la déshumanisation des personnes.
Il est des photos plus parlantes que de longs discours : ainsi, celle publiée dans « La Croix », samedi 20 septembre, et qui montre un soldat états-unien « numérotant » avec un feutre des villageois de Qubah, en Irak, en mars 2007, comme on marque du bétail… Les hommes, dans le cou ; les femmes sur les mains ! Le photographe explique que « de telles actions créent de l’animosité même chez les Irakiens qui n’en avaient pas. Cela déshonore leur famille ». Tout comme les frappes aériennes de l’OTAN qui, en Afghanistan, confondent un mariage traditionnel avec un rassemblement de talibans…
En tout cas, cette photo largement diffusée désormais par les médias n’arrange pas les autorités des Etats-Unis qui ont quelque mal à justifier ce genre de pratiques dégradantes et indignes d’un pays civilisé. Bien sûr, la guerre ne se fait pas « en dentelles » mais, pour vaincre, il n’est pas nécessaire d’humilier ceux qui sont déjà les principales victimes du conflit et du terrorisme aveugle (le plus efficace et le plus cruel), c’est-à-dire les civils : c’est pour ne pas avoir compris cette règle simple que les troupes états-uniennes sont en train de perdre les guerres dans lesquelles elles sont engagées. Certes, sur le terrain militaire, les Etats-Unis ont indéniablement marqué des points et redressé la situation, au moins en Irak (c’est moins sûr en Afghanistan), mais la victoire militaire n’est pas la victoire politique et psychologique, nécessaire à toute stabilisation géopolitique des régions concernées.
D’autre part, les procédés états-uniens oublient la dignité humaine et semblent, comme dans la série des années soixante « Le Prisonnier », dénier aux hommes la qualité de personnes pour ne les désigner que par de simples numéros, comble de l’inhumanisation et de la rationalisation, c’est-à-dire tout le contraire de la tradition française de l’humanisme, rappelée en son temps par Georges Bernanos.
« Gagner les cœurs pour gagner la guerre » : cette formule simple, les soldats français engagés en Afghanistan l’ont souvent évoquée, avec malheureusement quelques tragiques déconvenues. Mais il est sûr que c’est par l’engagement dans la reconstruction des infrastructures du pays, des écoles, des routes et des hôpitaux, que la France peut le mieux aider les Afghans et les désolidariser des talibans, à défaut de les rallier aux intentions occidentales. Là encore, néanmoins, la question porte sur les institutions politiques du pays qui sont un préalable à la reconstruction ou, plus exactement, à sa pérennisation : on est, pour l’heure, loin du terme…
Bernanos, lors de la seconde Guerre Mondiale, reprochait aux Démocraties, par les bombardements massifs visant les populations civiles, d’user des mêmes pratiques que les totalitarismes avec l’espoir de couper les civils de leurs maîtres, ce qui s’est avéré, effectivement, une lourde méprise. La leçon n’a pas servi, semble-t-il…
La France, malgré les conditions difficiles de son engagement en Afghanistan, n’a pas perdu de vue les principes, à la fois stratégiques et éthiques, du respect des personnes : cela ne l’empêche pas de faire la guerre. Les Etats-Unis, qui jouent aux apprentis sorciers avec une constance désarmante et qui s’avèrent des alliés peu respectueux de leurs devoirs, devraient méditer sur cette attitude particulière qui est tout à l’honneur de nos soldats : cela leur éviterait peut-être de commettre des bévues qui peuvent être, aussi, des actes de « décivilisation »…
23:09 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : irak, afghanistan, états-unis, guerre.
22.09.2008
Garde à vue.
Un prof s’est suicidé, la semaine dernière, après une garde à vue sans doute injustifiée, non par son motif (sur lequel je ne me prononce pas, faute de savoir la vérité) mais sur sa forme : effectivement, c’est à la suite d’un différend avec un élève et d’un coup de poing que l’enseignant aurait asséné à celui-ci que cette garde à vue a été décidée par le procureur. Maladresse sans doute de ce dernier qui aurait pu laisser le problème se régler au sein de l’établissement (comme cela devrait se faire ordinairement, ne serait-ce que par le fait qu’il existe un règlement intérieur et une administration normalement chargée de l’appliquer, fermement et souplement à la fois, en arbitre), mais qui peut arguer du Droit pour lui : en fait, judiciarisation croissante de la société qui fait des hommes de loi les maîtres d’un jeu qui, parfois, se termine mal, tragiquement, injustement…
Qu’on me lise bien : je n’écris pas que c’est la garde à vue qui est la cause première de ce drame mais c’est bien elle qui a déclenché cet acte ultime d’un homme déjà désespéré par une situation familiale troublée. Je m’explique, en exploitant mon propre cas et ma propre mémoire : une garde à vue, pour quelque raison que ce soit (et sans remettre en cause son existence, nécessaire dans toute société policée), n’est pas anodine, en particulier pour des personnes fragiles (ce que je ne pense pas être, heureusement). On vient vous chercher, parfois au petit matin, quand vous sortez à peine du sommeil ; on vous met dans une cellule, parfois individuelle mais pas toujours (cela dépend des lieux et, aussi, du moment), après vous avoir fouillé (parfois sans aucun ménagement) et vous avoir retiré vos lacets, vos lunettes et tout ce qui est considéré comme dangereux pour vous comme pour autrui (y compris les insignes politiques comme la fleur de lys…) ; puis commence une attente, forcément longue, assez désespérante et ennuyeuse, pendant laquelle vous ruminez votre désarroi (surtout quand vous ne comprenez pas ce que vous faîtes là), sans autre occupation que dormir si vous y arrivez : pas de livre et pas de copies autorisés, évidemment pas de stylo, etc., juste l’attente ; enfin, on vous fait sortir pour quelques mesures désormais d’usage : prise de votre salive pour enregistrer votre ADN dans un grand fichier, déposition pendant laquelle vous apprenez, parfois avec une grande surprise (et un choc, pour les plus sensibles et ceux qui sont innocents, en particulier), pourquoi on vous a amené dans ce commissariat ou cette gendarmerie ; et puis, on vous ramène en cellule sans vous dire quand et si vous ressortirez : un grand moment de solitude… Je passe sur quelques petites humiliations possibles, comme une fouille au corps un peu brutale (cela n’arrive pas toujours, Dieu merci !) ou des réflexions désobligeantes qui vous désignent comme coupable ou salaud, selon le cas (personnellement j’ai eu droit aux deux « options »…) : heureusement, là encore, il arrive que vous tombiez sur quelques fonctionnaires de police moins rigoristes, voire beaucoup plus sympathiques (il y en a beaucoup, heureusement, et je peux en témoigner !)… C’est d’ailleurs cette alternance d’attitudes qui peut être très déstabilisante.
Pendant les quelques heures de garde à vue, pour ceux qui n’ont pas l’habitude, on gamberge, on tressaille régulièrement quand on entend du bruit dans le couloir et on se demande quand on va enfin partir ; le midi, on vous offre parfois une sorte de mousse de légumes et de viande, sans que vous sachiez exactement ce qu’il y a dedans (ce n’est pas mauvais, au demeurant…) ; et puis, enfin, après plusieurs heures et fausses alertes, on vous ramène dans une petite pièce où l’on vous rend vos effets personnels et, en particulier, vos lunettes quand on en porte : retour à une vision normale… Et vous sortez : souvent, paradoxalement, c’est le moment le plus dur psychologiquement quand personne ne vous attend, ni dehors ni chez vous.
C’était la première fois, je crois, que ce jeune professeur était placé en garde à vue : pour une personne fragilisée par une séparation récente et la dispute autour de la garde d’un enfant, c’était, de toute façon, une fois de trop. Il a du rentrer chez lui, honteux de ce qui reste pour le commun des mortels une terrible humiliation, une sorte de déchéance à ses propres yeux ; s’effondrer dans la douleur et l’impression d’être totalement seul au monde ; vouloir laver son honneur ou avoir juste peur du regard des autres dans une société qui juge parfois trop vite ; seul au monde…
Ce matin, au soleil breton et alors que la rue bruisse des mille échos et éclats de la vie, je pense à ce jeune prof qui a craqué ; je ne sais pas s’il est coupable de ce geste de trop à l’égard d’un élève peu coopératif, mais je sais qu’il ne méritait pas ce qui lui est arrivé, et cela suffit à me peiner, tout simplement.
14:08 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : prof, garde à vue, suicide.
Monarchie, République, Europe : juste quelques remarques.
Une précédente note d'un de mes blogues a provoqué un commentaire fort critique (mais courtois) à l’endroit des idées pour lesquelles je milite : cela m’est l’occasion de rappeler ici succinctement quelques unes de mes positions monarchistes et « nationalistes ».
Non, la monarchie ce n'est pas la république, et la république, cinquième du nom, n'en a été qu'un simulacre, malgré toute la bonne volonté d'un de Gaulle. Non, ce n'est pas la même chose et c'est aussi pour cela qu'il me semble nécessaire, non pas seulement de repenser la république, mais de repenser les institutions, au-delà de la république, voire contre ce qu'elle est, qui explique largement ce qu'elle est devenue... Sarkozy est, d’une certaine manière, le descendant d’un Danton pour qui l’argent valait parfois plus que le Pouvoir, ce qui, en définitive, lui a coûté le Pouvoir, puis la vie. En un autre sens aussi, Sarkozy (à qui je ne souhaite pas, néanmoins, le sort de Danton) est bien un homme de la rupture avec les traditions d’Etat qui, malgré la République, renvoyaient encore souvent (et surtout depuis la « révolution gaullienne » de 1958) à des traditions anté-républicaines.
La monarchie n'a rien de ridicule (ne confondons pas le prestige royal et le bling-bling républisarkozien) et, même si elle apparaît lointaine, elle reste, fondamentalement, essentiellement, politiquement nécessaire : l'arbitrage royal est le seul qui, après moult expériences, paraît susceptible de dépasser les divisions politiciennes sans pour autant renier les mémoires différentes, souvent conflictuelles de notre pays. Sans doute l'exemple espagnol, avec ses particularités propres, est-il un bon exemple de ce que peut faire, concrètement, une monarchie royale au sortir d'un déchirement de plusieurs décennies, d'une guerre civile et d'une dictature. Si le roi avait été un partisan, c'est-à-dire s'il avait joué "le jeu de la république", l'Espagne aurait-elle pu avancer au coeur même de l'Europe et de son histoire ? J'en doute...
Quant au moyen de "faire la monarchie", j'ai toujours dit, et je le répète ici, que "la politique du pire c'est la pire des politiques" : mais la politique c'est aussi l'art d'exploiter les occasions et, si la république est en crise (et elle l'est, visiblement...; au moins en crise de confiance !), il serait impolitique de ne pas viser à la remplacer par cette monarchie qui, sans être "miraculeuse", a la possibilité de dénouer la crise institutionnelle et de rendre à la France ses possibilités d'action que l'UE lui ôte peu à peu.
Là encore, ce n'est pas une illusion que cette dépossession des pouvoirs à laquelle procède l'UE au détriment des pouvoirs nationaux et démocratiques... L'éloignement des institutions et des politiques de l'UE à l'égard des citoyens à qui, d'ailleurs, on évite de demander concrètement leur avis en arguant que ces citoyens ne sont pas capables de comprendre le texte d'une constitution qu'il leur faudra pourtant bien respecter et appliquer, me navre et m’inquiète, mais elle est de plus en plus visible aujourd’hui sans que cela provoque de réactions civiques significatives. Certains parlent, comme Bruno Frappat il y a quelques années, de « fatigue démocratique » pour expliquer cette forme de fatalisme des « pays réels » d’Europe à l’égard d’une construction de plus en plus artificielle et de moins en moins désirée, de plus en plus forcée et de moins en moins constructive…
Je n'ai pas la prétention de croire que mon amour de la France est plus fort que le vôtre ou qu’il est de meilleure qualité : mais il est, tout simplement.
D’autre part, ce qui est bien certain c'est que cette Europe-là que l’on nous impose (faute de nous la faire aimer) n'est pas le meilleur moyen de faire vivre et prospérer la France : la conception gaullienne, inspirée de la tradition capétienne, cherchait à faire de l'Europe un ensemble politique confédéral, une "Europe des Etats" susceptible de peser sur l'histoire et de s'interposer entre les empires possibles, une Europe qui aille de Brest à Vladivostok...
Vous comprendrez donc que l'UE n'a rien qui puisse m'attirer et qu'elle me semble le symbole du renoncement du politique devant l'économique, de ce triomphe de l'Argent que je ne cesse de combattre en prônant le partage ; l'amour du prochain et de la cité qui lui permet d'être, au plan politique comme à celui des libertés de l'esprit ; la liberté et la souveraineté de la France...
01:04 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : monarchie, république, europe, danton, sarkozy, exemple espagnol.
19.09.2008
La belle au bois dormant...
Le travail politique s’accumule sur mon bureau et dans mon ordinateur : article à faire sur « L’Action Française et la Révolution française » ; notes d’actualité pour mon blogue et les quelques blogues militants amis auxquels je participe ; relecture des brochures destinées à la diffusion sur la Toile et sur papier, et publiées sous l’égide des Camelots du Roi ; maquettes de papillons royalistes sur le scandale Tapie ou sur l’agriculture ; etc. Pas le temps de m’ennuyer ! En fait, même si cela peut être étonnant pour certains, j’adore ce travail militant parfois ingrat mais nécessaire pour faire connaître les idées monarchistes et conquérir, autant que faire se peut, de nouvelles intelligences, de nouvelles énergies… Le royalisme n’est pas un chemin facile mais l’espérance est un bon guide et un soutien fidèle, et la phrase du président des Etats-Unis Franklin Delano Roosevelt (ou Kennedy ? J’ai un doute…) expliquant que ce qui compte ce n’est pas ce que le pays peut faire pour nous mais ce que nous pouvons faire pour lui résume bien mon état d’esprit : servir et non « se » servir, en somme. Reconnaître que nous sommes des héritiers et que nous avons à préserver, mais aussi à entretenir, à faire vivre et prospérer ce patrimoine que ceux qui nous ont précédés nous ont légué : cette France qui, au-delà des politiciens et d’une République oligarchique, sans doute ploutocratique, reste notre trésor intime, cette formidable diversité à l’ombre tutélaire du trône de l’Etat millénaire, cette histoire à nulle autre pareille, faite de déchirements et de dévouements, d’éclats et de secrets, de beauté et de passion, de joies et de peines…
Bien sûr, il y a cette douleur au fond de moi lorsque je vois ce qu’en fait la République, cette coalition des oligarques qui s’empiffrent au buffet des vanités et oublient leurs devoirs de Français, parlent de grande Europe pour mieux cacher leur petitesse et leur lâche abandon, se soulagent du poids de l’Histoire en se réfugiant derrière des grands mots et de petites pensées : prêts pour toutes les trahisons, tous ces renoncements qu’ils nomment « réalisme économique » (sic !) ou « modernisation » (re-sic !), ils ne pensent qu’aux deniers qu’ils recevront pour remerciement de leur servilité intellectuelle…
Georges Bernanos, ce royaliste intraitable, « notre capitaine » comme l’appelait affectueusement Sébastien Lapaque (auteur de deux livres sur Bernanos qu’il faut lire absolument), écrivait avec sa colère contre « les imbéciles », avec cet amour de la France chevillé au corps et au cœur qui, du coup, l’empêchait de désespérer finalement : « L’espérance c’est le désespoir surmonté ».
De toute façon, il n’est pas possible de désespérer de la France : elle est cette belle au bois dormant qu’il s’agit de réveiller, « la République au roi dormant », selon la surprenante et heureuse formule de Bertrand Renouvin… Il ne s’agit pas seulement de lui parler d’amour : il faut l’aimer, passionnément !
23:42 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, république, roi, espérance, bernanos.
17.09.2008
Générosité.
En ces temps d’égoïsme, il reste néanmoins, et Dieu merci, quelques beaux exemples de partage, qu’il n’est pas inutile de signaler, comme celui pratiqué par un patron « à l’ancienne », André Faller, décédé il y a peu. C’est l’hebdomadaire Marianne qui rapporte cette histoire :
« Un patron qui pense à ses salariés, c’est trop rare pour ne pas être salué. » Cette remarque du journal républicain devrait d’ailleurs faire réfléchir celle qui a écrit cet article et ceux qui le lisent : comment se fait-il que, deux siècles après ce qui est évoqué dans les manuels d’histoire comme le moment fondateur de la fraternité républicaine, la générosité d’un patron, d’un possédant, soit considéré comme « trop rare » ? Où sont les promesses d’un monde meilleur où les hommes seraient forcément bons et solidaires à mesure que l’esprit républicain s’imposerait au pays ? Alors même que la République est triomphante, affichant sa fière devise aux frontons de toutes les mairies et des écoles, que les bustes de la Marianne se couvrent désormais des couleurs de l’Union européenne, que les opposants monarchistes se font rares et (trop) discrets, comment se fait-il que les notions de charité, de partage ou d’entraide, semblent de plus en plus appartenir au registre d’un passé de moins en moins prégnant ? Ainsi, le « sens obligatoire de l’Histoire » dont nous ont abreuvé les « progressistes » mènerait-il à cette cruelle « impasse du sens », à cet abandon des plus faibles… Triste République qui se pare d’or et se détourne des miséreux, qui néglige l’acte gratuit et privilégie l’assistanat, la dépendance et non plus l’entraide… Les républicains devraient conclure, s’ils étaient logiques et véritablement sociaux : les principes mêmes de leur République ne sont pas autre chose qu’une vaste escroquerie intellectuelle, une fausse promesse sans doute, ou, peut-être, une espérance détournée pour laquelle des hommes, croyants de l’An II ou de 1848, sont morts, désormais en vain…
Poursuivons l’histoire : « André Faller, décédé en juillet dernier à l’âge de 96 ans, a eu un dernier geste pour son personnel. PDG de l’entreprise de lingerie Lou et de prêt-à-porter Karting à Echirolles (Isère), il a légué à environ 300 des salariés employés en 1981 une partie de sa fortune, soit entre 5 000 euros et 10 000 euros chacun. André et Lucienne Faller, décédée en 2004, n’avaient pas eu d’enfants. (…) « André Faller considérait ses employés comme ses fils ou ses filles. Cela n’avait rien à voir avec les relations habituelles entre salariés et patron », s’est ému un salarié. » Cela est un démenti aux propos parfois haineux de quelques envieux qui se contentent de vouer aux gémonies les patrons sans comprendre que leur attitude dépend d’abord d’un état d’esprit, et qu’il est des patrons qui n’ont pas oublié leurs devoirs « familiaux », sociaux, à l’égard de ceux qui travaillent avec eux. Certains parleront de paternalisme : je ne suis pas certain que ce terme soit le plus approprié : je lui préfère celui de « familialisme », car cela correspond mieux à cet attachement presque filial à des personnes qui, chacun dans leurs domaines de compétences, apportent leur aide à « l’ouvrage industriel » qu’impulse et coordonne le chef d’entreprise.
Sans doute y aurait-il aussi quelques ressemblances avec la Monarchie « familiale et sociale » à évoquer, le souverain étant, dans la tradition ancienne (mais qui trouve encore quelques échos dans notre société à la recherche de repères et de confiance), « le père de ses peuples » ou « de la nation ». Sans doute est-ce d’ailleurs pour cela que le vieux royaliste que je suis voit en cet événement apparemment anecdotique une véritable leçon de choses sociale et politique…
19:13 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : patron, social, monarchie, partage, familialisme.
15.09.2008
Ecole et conservatismes syndicaux.
La question de l’école est en train de revenir sur le devant de l’actualité ces jours derniers, entre la proposition de M. Darcos de donner des médailles aux bacheliers et les prochaines annonces de réforme au sein de l’éducation nationale, sans oublier les tout aussi prochaines journées d’action des syndicats enseignants…
Dans l’édition de samedi dernier (13 septembre) du journal « Le Parisien », une page est consacrée à « l’école idéale en Europe » et la question « Par quel dispositif éducatif européen êtes-vous séduit ? » est posée à quelques lecteurs qui, comme une certaine Aurélie Chauvin (homonyme sympathique au fort joli minois mais sans aucun rapport avec ma personne…), sont attirés par des exemples étrangers qui à mon avis, ne sont pas vraiment, en leur forme actuelle, transposables dans notre pays. C’est d’ailleurs ce que dit avec beaucoup d’à-propos un autre lecteur, un certain M. Tilloy (oui, oui, c’est bien lui, pour ceux qui connaissent les temps anciens de la « génération Maurras » des années 90…) dont je me permets de citer ici les remarques pertinentes : « Evitons d’appliquer les méthodes des autres pays. Chacun sa culture et son histoire. Commençons d’abord par revaloriser le métier d’enseignant, cela me semble primordial. Ce n’est pas un métier comme les autres, c’est une vocation. Il faudrait donner les moyens aux professeurs d’accompagner les élèves d’une façon plus individualisée pour éviter l’échec scolaire. » Effectivement, revaloriser le métier d’enseignant, pas forcément en augmentant les salaires (même si cela peut être utile) mais d’abord en redonnant du crédit aux professeurs, à leur rôle dans la société et en les soutenant, concrètement et non par de grands discours pontifiants, dans leur travail quotidien, voilà qui est nécessaire. Il s’agit aussi de redonner confiance à des enseignants qui se sentent, aujourd’hui, mal aimés par la population ou, en tout cas, incompris, à tort ou à raison.
En fait, dans le corps enseignant, il y a, comme dans toute profession, des qualités différentes et quelques incompétences qui nuisent à la lisibilité et à la réputation de l’enseignement. Mais il y a aussi des structures qui, dans l’état actuel des choses, ne répondent plus exactement à toutes les nécessités de la société et à toutes ses envies, ce qui peut expliquer des incompréhensions mutuelles entre enseignants et enseignés, entre autres. Faut-il pour autant tout détruire ou céder aux modes de la « facilité » ? Je ne le pense pas car, là encore, il faut savoir raison garder, ce qui n’empêche pas de réfléchir à une profonde transformation du système scolaire.
Un véritable remodelage du système éducatif est possible, mais il est de multiples « conservatismes » à surmonter, et ils ne sont pas là où l’on croit : ces dernières années, les principaux syndicats ont eu à tendance à dire « non » là où il aurait été possible de dire « oui » et se sont tus quand il aurait fallu s’opposer fermement…
Ainsi, sur le problème des remplacements temporaires des collègues par d’autres professeurs du même établissement, qui est plutôt une bonne mesure à partir du moment où cela repose sur le volontariat enseignant et si cela ne porte que sur des périodes limitées. J’ai personnellement fait cette expérience l’an dernier, durant deux mois, avec quatre autres collègues : cela a permis à six classes de collège (soit environ 170 élèves) d’avoir cours d’histoire-géographie alors que, si nous n’avions pas proposé de faire cours en remplacement d’un prof qui n’aurait pu être remplacé autrement (faute de personnels disponibles, selon le rectorat), ces classes n’auraient pas eu d’enseignement de ces matières d’avril à juin… On imagine ce qu’aurait été, à juste titre, la colère (vaine) des parents d’élèves. D’autre part, le fait que ce soit surtout des professeurs de lycée qui enseignaient devant des élèves de collège a été très instructif pour nous et nous a permis de reprendre contact avec d’autres réalités que celles que nous connaissons dans nos classes de lycée, en général de bon niveau. Dernier point, d’ordre matériel : les heures supplémentaires ainsi effectuées nous ont permis de gagner quelques sous supplémentaires, ce qui n’est jamais totalement négligeable…
Or, cette mesure de remplacement temporaire a été très critiquée, lors de sa mise en place il y a quelques années, par les principaux syndicats enseignants, ce qui apparaît désormais comme une erreur, voire comme une faute car cela semblait montrer un refus d’ « en faire plus » et de rendre service (rémunéré) aux élèves…
C’est ce genre de refus syndical enseignant qui a participé au discrédit du corps professoral dans l’opinion et qui, désormais, fait que plus personne dans la société n’écoute ceux-ci ni ne cherche à comprendre les raisons des enseignants, même (et surtout…) quand elles sont justes. Quel gâchis ! C’est d’ailleurs pour cela que je ne m’associe pas à la prochaine « journée d’action » des syndicats enseignants car elle tombe à plat dans l’actualité, suscitant des « encore ! » agacés parmi les parents d’élèves et les salariés…
Il y aura d’autres moments où il sera nécessaire de parler haut et fort et, surtout, de se faire entendre… Mais ce ne sont pas les syndicats qui en donneront le signal.
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14.09.2008
L'Etat, d'abord politique.
Je suis avec beaucoup d’intérêt le voyage du pape Benoît XVI en France et j’ai commencé à faire une véritable « revue de la presse » sur cet événement, non pas tellement pour les déplacements pontificaux eux-mêmes que pour les discours prononcés et le sens de ceux-ci, sur les plans théologique et idéologique, mais aussi pour les rencontres symboliques, comme celles avec les représentants des familles politiques et religieuses, dans leur diversité, de notre pays.
Ainsi, la rencontre avec les représentants de l’islam de France est-elle un moment important, même si les positions des uns et des autres restent souvent éloignées, voire antagonistes.
Justement, c’est l’occasion de rappeler ici que c’est le rôle de l’Etat, en France, d’assurer le libre exercice des cultes, mais de le faire de façon politique, c’est-à-dire au-delà des institutions religieuses et sans préjuger de leurs conceptions ou de leurs pratiques, et en préservant l’espace public et civique des empiétements trop « particularistes » qui risqueraient de mettre à mal l’unité française. En même temps, il ne me semble pas interdit, loin de là, de reconnaître la place éminente de la religion catholique dans la formation historique et spirituelle de la France : d’ailleurs, la présence dans nos campagnes de multiples calvaires et chapelles, des villages construits autour de l’église, mais aussi l’imprégnation de notre société par les conceptions chrétiennes, parfois dévoyées ou détournées au fil de l’Histoire, en sont les preuves flagrantes. On peut critiquer cet état de fait, on ne peut le nier et le méconnaître : sans le baptême de Clovis, la France est incompréhensible.
L’Etat, aujourd’hui, n’a pas, me semble-t-il, à être « catholique », car cela serait lui enlever une position d’arbitre au-dessus des communautés qui forment l’ensemble national, qu’elles soient religieuses, « ethno-culturelles » ou politiques : mais cela ne signifie pas que l’Etat soit indifférent ou oublieux de sa mémoire et de ses racines.
En France, l’Etat doit d’abord être politique, comme le rappelait constamment l’agnostique Maurras : c’est la condition de sa légitimité et de sa force. Mais, là encore, cela ne l’empêche pas de rappeler d’où vient la France sur le plan spirituel, et d’entendre ce que le pape dit : il ne serait d’ailleurs pas inutile que l’actuel président soit attentif aux propos pontificaux si heureusement critiques du règne de l’Argent…
15:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pape, benoît xvi, politique, état, religion.



